La grosse variable

Au cours des quatre dernières années, différentes blessures... (Tom Szczerbowski, Archives Getty Images/AFP)

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Au cours des quatre dernières années, différentes blessures ont contraint le gardien Craig Anderson de rater près de 70 matches.

Tom Szczerbowski, Archives Getty Images/AFP

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CHRONIQUE / On pourra parler tant qu'on voudra des méthodes et de la personnalité de Guy Boucher. On pourra jaser de l'impact que le nouvel entraîneur aura sur les unités spéciales, sur le climat de travail, sur tout ça.

On pourra discuter de la pertinence de garder à Ottawa un défenseur de 19 ans et du rôle qu'il faudra lui confier. On pourra se demander si la complicité naissante qui unit Derick Brassard et Bobby Ryan passera le test des «vrais» matches de saison régulière.

Tout ça devrait affecter les chances des Sénateurs d'accéder aux séries.

Mais ce n'est pas le plus important.

D'ailleurs, Boucher l'a lui-même reconnu durant son dernier point de presse du camp d'entraînement, mardi midi. «En 20 ans de coaching, j'ai compris certaines choses. Par exemple, j'ai compris que les équipes qui font ce qu'elles doivent faire 75% à 85% du temps connaissent de très bons matches.»

Il y a bien un joueur, sur la patinoire, qui doit présenter un taux de réussite supérieur. Le gardien de buts qui donnera une chance à son équipe de l'emporter, de nos jours, doit arrêter entre 91 et 93% des rondelles dirigées vers son filet.

Je vous l'ai déjà soufflé à quelques occasions dans les derniers mois. Alors que la saison régulière prend son envol, aussi bien l'écrire en grosses lettres.

La grosse variable, cette saison, sera Craig Anderson.

Les Sénateurs vivront et mourront avec lui.

Il vient d'avoir 35 ans. Différentes blessures l'ont contraint de rater près de 70 matches au cours des quatre dernières années. L'hiver dernier, on pouvait toujours compter sur quelqu'un pour se porter à sa défense. Il pouvait difficilement briller dans un contexte où il devait se farcir, soir après soir, des barrages de 30, 35, 40 lancers?

La vérité, c'est qu'Anderson est fait comme tous les autres humains. Un jour, la réalité va le rattraper. Il va forcément ralentir, un de ces jours.

Boucher sait, au même titre que tous les autres entraîneurs des ligues majeures, qu'on ne va nulle part sans un bon gardien. Je lui ai posé une seule question, mardi. Je lui ai demandé s'il était confiant à ce niveau à l'approche de la nouvelle saison.

Il m'a répondu deux choses. 

Il a d'abord souligné que son adjoint Pierre Groulx a fait du très bon travail avec Andrew Hammond ces derniers mois. Le Hamburglar serait plus calme qu'avant, moins enclin à se laisser dominer par ses émotions. Un Hammond sachant maîtriser ses émotions saura mieux appuyer Anderson.

Il m'a ensuite parlé de statistiques. Ses adjoints ont comptabilisé le nombre de chances de marquer de qualité allouées aux autres équipes dans chaque match préparatoire. On noterait une tendance à la baisse. «C'est encourageant et il est impératif que ça se poursuive», dit-il.

Il est encore une fois, ici, question de protéger davantage le vétéran Andy.

***

La carapace d'Anderson est épaisse. Devant les journalistes, il feint souvent l'insouciance. Comme si rien ne l'atteint jamais vraiment. Depuis cinq ans, je suis convaincu que c'est du théâtre. Un athlète ne peut pas être toujours indifférent, comme ça. Mais bon. Ça doit sans doute l'aider à garder la tête hors de l'eau. Et il faut reconnaître qu'il joue son rôle à merveille.

Mardi, pour une rare fois, il m'a offert une vraie réponse. Sentie. Qui reflète le fond de sa pensée.

Faut dire que je l'ai attaqué avec une analogie de sport automobile, sa grande passion. Je lui ai demandé s'il commence à ressentir l'urgence de gagner. Après tout, il doit commencer à voir la ligne d'arrivée se dessiner quelque part, devant lui, sur la piste...

«On parle de la coupe? Moi, tout ce que je veux, c'est être capable de me regarder dans le miroir et me dire que j'ai absolument tout laissé sur la table. Ça devrait me suffire. Je ne veux pas passer le reste de ma vie à ruminer parce que je ne me suis pas retrouvé dans l'équipe chanceuse, sur 30, qui a la chance de soulever la coupe.»

«On va connaître une bonne saison, m'a-t-il promis. Beaucoup de gens le disent à cette période de l'année. Moi, je t'assure que j'y crois.»

Premier défi: Auston Matthews et ses Maple Leafs.

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