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CHRONIQUE / «Bonjour Dan. Comment ça va? (Archives, La Presse canadienne)

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CHRONIQUE / «Bonjour Dan. Comment ça va?

- Euh... Bien. Qui est-ce?

- C'est Wayne Gretzky.

- Très drôle.

- Sérieusement. C'est Wayne. J'espère que tu passes un bel été. Aimerais-tu représenter ton pays aux Jeux olympiques de Turin? Nous aimerions t'inviter au camp d'orientation estival...

- Est-ce que c'est une blague? Qui est au bout du fil?»

Ça s'est passé à peu près comme ça, par une belle journée d'été, en 2005. Je n'étais pas là, évidemment. Je n'ai pas été témoin de cette bizarre conversation téléphonique. C'est Boyle qui m'a tout raconté, quelques heures plus tard. Il riait un peu jaune. Il avait vraiment cru qu'un de ses amis d'Ottawa voulait le faire marcher en se faisant passer pour la Merveille.

Ce n'était pas une blague. Ce jour-là, quand il a raccroché, le petit défenseur franco-ontarien qui a grandi dans la Basse-Ville d'Ottawa a compris qu'il faisait partie de l'élite de son sport.

Pour comprendre la réaction de Boyle, il faut se souvenir du contexte. En 2005, on jouait au hockey différemment. En zone défensive, l'obstruction était tolérée. En territoire neutre, on cherchait la mise en échec percutante, quitte à complètement arracher la tête d'un adversaire.

En 2005, on voulait des gros défenseurs. On voulait des Scott Stevens, des Rob Blake, des Chris Pronger ou des Adam Foote.

En 2005, Boyle avait 28 ans. Parce qu'il s'était retrouvé au bon endroit, au bon moment, il avait réussi à sortir de l'ombre. Il avait connu une saison de plus de 50 points et il avait gagné une coupe Stanley en dirigeant l'attaque massive du Lightning de Tampa Bay.

La game était en train de changer. C'est juste qu'il ne le savait pas encore.

Boyle s'est finalement rendu à Turin. Il était spectateur, bien assis aux premières loges pour assister à la déconfiture du club dirigé par Gretzky.

Quatre ans plus tard, à Vancouver, il était sur la patinoire. Il a joué un rôle clé dans le retour du Canada sur la plus haute marche du podium.

Boyle prend aujourd'hui sa retraite avec une bague de la coupe Stanley, une médaille d'or olympique, 1093 matches joués et 605 points accumulés dans la LNH en saison régulière.

«Je ne me suis jamais vraiment préoccupé du nombre de points que j'ai pu amasser. Je voulais juste gagner», a-t-il déclaré, mercredi après-midi, dans une conférence de presse d'adieu où il est apparu plus tendu que jamais.

•••

«Si tu veux jouer pour moi, je vais te dire ce que tu peux faire. C'est simple. Grandis de trois pouces et gagne une vingtaine de livres.» Il paraît qu'un entraîneur de la LNH a dit ceci à Dan Boyle quand il évoluait dans les rangs universitaires. Le nouveau retraité a pris le temps de le remercier durant son point de presse.

Il s'est cependant bien gardé d'identifier cet homme qui, sans le savoir, l'a motivé.

Quelques minutes plus tard, Boyle a pris un appel en direct. C'était un autre entraîneur, John Tortorella. Celui avec qui il a gagné la coupe à Tampa.

«Les gens reconnaissent ton immense talent, mais ils ne savent pas à quel point tu étais un grand compétiteur.»

Ces deux déclarations me semblent étroitement liées.

•••

Changeons de sujet sans trop s'éloigner. 

Parlons un peu de la dernière vague de coupes au camp des Sénateurs. Parlons un peu d'un autre défenseur doué offensivement. Parlons de Thomas Chabot.

J'ai comme l'impression que Chabot a gagné un poste de façon très propre. Si on analyse froidement les performances de chaque individu dans les matches préparatoires, il fait partie des sept meilleurs défenseurs de l'organisation.

Cela ne veut pas nécessairement dire qu'il a gagné son pari. Si ça se trouve, son véritable test débutera en milieu de semaine prochaine.

Dans les matches préparatoires, un jeune espoir comme Chabot est assuré d'obtenir beaucoup de temps de glace. En saison régulière, dans un groupe qui comptera huit joueurs, il devra se battre pour gagner chaque minute passée sur la patinoire.

Chemin faisant, il aura des sceptiques à convaincre. Il sera, sans contredit, le joueur le plus intéressant à suivre à Ottawa dans le prochain mois.

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