Kyle sur ses deux jambes

Mike Hoffman, Kyle Turris et Mark Stone lors... (Sean Kilpatrick, La Presse canadienne)

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Mike Hoffman, Kyle Turris et Mark Stone lors du camp d'entraînement des Sénateurs.

Sean Kilpatrick, La Presse canadienne

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CHRONIQUE / C'est quand même remarquable. Le camp tire à sa fin. La direction va procéder à la dernière vague de coupes d'ici quelques heures. Vendredi, dans le dernier match préparatoire, Guy Boucher aimerait présenter la formation avec laquelle il amorcera la saison régulière.

Nous n'avons pratiquement rien vu, lu ou entendu au sujet de Kyle Turris. Et pourtant, tout le monde sait à quel point il a manqué aux Sénateurs, l'hiver dernier, durant la deuxième portion de la saison.

J'ai servi cette observation à Turris, lundi, lors de ma dernière virée à Kanata.

Le centre numéro un d'un club canadien de la LNH, qui revient au jeu après une longue absence et qui réussit à se fondre dans le décor pendant presque deux semaines. Faut le faire.

Il a souri.

« C'est bien, n'est-ce pas ? En tous cas, ça me convient parfaitement », m'a-t-il répondu.

Je me suis arrêté pour bavarder. Il m'a expliqué qu'il n'était pas encore parfaitement à l'aise sur la patinoire. Ça n'a rien à voir avec sa cheville. La grave blessure qu'il a subie il y a maintenant 10 mois est parfaitement guérie.

« Ça va quand même prendre plus d'un ou deux matches hors-concours pour me permettre de retrouver mon rythme, mon synchronisme. T'as beau patiner autant que tu veux durant l'été, ce n'est pas la même chose. La vitesse d'exécution ne peut jamais se comparer à celle d'un vrai match de la LNH. C'est pourquoi, en ce moment, j'essaie de retrouver ma zone de confort. »

On a vu l'an dernier à quel point Turris peut être un joueur efficace quand il joue à l'intérieur de sa zone de confort. En octobre, entre Mike Hoffman et Mark Stone, il pivotait un des trios les plus dangereux de toute la LNH. Il se dirigeait vers une saison de 70 à 80 points.

La blessure est venue tout bousiller... pour nous montrer autre chose. Sur une jambe, à compter du 5 décembre, Turris a prouvé au monde entier qu'il est prêt à sortir loin, très loin de sa zone de confort quand il décide de tout sacrifier pour aider ses coéquipiers.

Pendant des mois, il a répété sur toutes les tribunes que tout allait bien alors qu'il était évident que tout allait mal. Quand on lui parlait de sa blessure, en janvier et en février, il nous répondait qu'elle ne le gênait pas tant que ça.

C'était de la boulechite. Il nous mentait en plein visage.

Je lui ai demandé lundi de me donner un chiffre, en points de pourcentage. À quel point était-il handicapé par sa cheville durant ses dernières parties ?

Là, il ne s'est pas contenté de sourire. Il a ri de bon coeur.

« Je ne serais pas capable de te donner un chiffre. On va dire les choses simplement. Je n'étais plus capable de patiner. Je ne pouvais plus pousser. Je n'étais plus habile. Je n'avais plus de mobilité. Essentiellement, quand les thérapeutes protégeaient ma cheville dans un bandage, avant chaque match, j'avais l'impression de me retrouver dans un plâtre. »

C'est bien ce que je pensais.

Je lui ai dit qu'il avait au moins fait montre de caractère. Tous les joueurs n'ont pas la tête aussi dure que lui. La majorité de ceux que je connais vont choisir de se retirer par eux-mêmes de l'action quand ils ont du mal à marcher. Ils n'attendent certainement pas de se faire convoquer à une rencontre en tête-à-tête avec leur entraîneur. 

Parce que c'est exactement ce qui s'est produit dans son cas. Au terme du match du 27 février dernier, à Calgary, Turris a été obligé de s'asseoir avec Dave Cameron.

Avec toute la compassion qu'il est capable d'exprimer, l'ancien coach a fait comprendre à son jeune leader que ça ne pouvait plus durer. Il n'avait pas marqué un seul but à ses 26 derniers matches. Il devait se rendre à l'évidence. Sur une seule jambe, il ne pouvait pas aider son équipe.

Il a convenu qu'il était temps de prendre un peu de recul.

« Surtout qu'au point où j'étais rendu, je risquais de vraiment aggraver mon cas en continuant. Au point où ma cheville aurait eu besoin d'attention très spéciale à la fin de la saison », dit-il.

« Je ne voulais pas laisser tomber mon équipe. Nous étions quand même toujours dans la course aux séries... »

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