Il est si bon dans le vestiaire

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« Clarkie ? Il est génial. Il possède un sens de l'humour particulièrement caustique. Parce qu'il fait rire tout le monde, tout le monde veut jouer avec lui », a déclaré Mark Borowiecki.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / La vie ne ressemble pas toujours à un épisode de Lance et compte.

Dans la série de Réjean Tremblay, le journaliste sportif Lucien Boivin et les vedettes du National de Québec sont de grands complices. Lulu peut débarquer dans le bureau de Marc Gagnon, quand ça lui chante, s'il ressent le besoin de lui parler.

Dans la « vraie » vie, c'est différent.

Les rapports entre les représentants des médias et les professionnels du hockey sont généralement cordiaux, mais pas nécessairement amicaux. Il reste presque toujours chez l'athlète un petit fond de méfiance. Et c'est très bien ainsi.

Il existe quand même des exceptions. Il existe des gens comme Clarke MacArthur.

Un exemple ? Au début de l'été, quelques collègues journalistes se trouvaient à Buffalo pour couvrir le repêchage amateur de la LNH. Sur le chemin du retour, ils ont fait un bref arrêt à Rochester, la ville où le numéro 16 des Sénateurs passe ses étés. MacArthur les avait invités à disputer une ronde de golf sur le superbe terrain où il est membre.

Ils ont été bien reçus.

Ça me revient à l'esprit parce que le joueur en parlait justement, jeudi dernier, lors de l'ouverture du camp d'entraînement. « Je lance la même invitation à tous ceux qui passeront dans mon coin dans les prochaines années », avait-il même lancé à quelques reporters qui avaient raté le premier rendez-vous.

Je fais ce grand détour parce que je trouve que c'est nécessaire. En sortant de ce détour, laissez-moi vous poser une question.

Si MacArthur est capable de se montrer aussi gentil et accueillant envers les « méchants » journalistes, pouvez-vous l'imaginer avec ses coéquipiers ?

Dans le contexte, on comprend parfaitement la réaction des autres vétérans de l'équipe, dimanche, lorsqu'il a été victime d'une charge sournoise durant un match intraéquipe.

Bobby Ryan est un autre homme doux. Peut-être trop doux, parfois. Il a été le premier à se jeter sur l'agresseur de MacArthur, Pat Sieloff. Il a carrément pété les plombs. Sauf erreur, c'était la première fois qu'il se fâchait - publiquement, du moins - depuis son arrivée à Ottawa.

Chris Neil a cru qu'il était nécessaire d'en rajouter un peu plus tard. Il a été le deuxième à engager le combat avec Sieloff. Fallait qu'il soit sérieusement contrarié pour décider de s'en prendre à un joueur marginal qui ne parvient même pas à se démarquer dans la Ligue américaine.

Je vous répète que la réaction de Ryan et celle de Neil s'explique facilement.

Leur grand-frère avait eu besoin d'être soutenu par deux hommes pour trouver le chemin du vestiaire. Si ça se trouve, cette nouvelle commotion cérébrale sera celle qui mettra un terme à sa carrière.

On rit souvent des clichés du hockey. Des gens qui ne connaissent pas beaucoup le sport s'interrogent sur la valeur réelle d'un athlète qu'on dit « bon dans le vestiaire ».

Pendant une période de huit à 10 mois, les 23 joueurs d'un club de hockey professionnel vivent pratiquement ensemble. Ils se côtoient dans le vestiaire, sur le banc, sur la patinoire, dans les avions, dans les hôtels...

Il ne faut surtout pas sous-estimer la contribution d'un leader positif doublé d'un côté rassembleur.

« Clarkie ? Il est génial. Il possède un sens de l'humour particulièrement caustique. Parce qu'il fait rire tout le monde, tout le monde veut jouer avec lui », a déclaré Mark Borowiecki, lundi, avant de partir pour Halifax.

« Pour développer une culture gagnante, ici, Clarkie a un grand rôle à jouer. »

•••

Je n'ai pas l'intention de passer la saison à faire l'évaluation, jour après jour, des méthodes de Guy Boucher. La blessure subie par MacArthur le projette cependant dans sa première situation de gestion de crise.

Il s'en sort fort bien.

Dans ses deux derniers points de presse, l'entraîneur-chef a réussi à protéger tout son monde. Il a surtout réussi à conserver son sang-froid.

« C'est du hockey. Si cette situation nous jette par terre, mieux vaut ranger nos équipements dans nos voitures et rentrer à la maison », a-t-il déclaré.

On lui souhaite de garder cette attitude dans les prochaines semaines. La perte de trois attaquants avant même la présentation du premier match préparatoire ne lui facilitera certainement pas la tâche.

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