La patience

L'ailier défensif Arnaud Gascon-Nadon... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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L'ailier défensif Arnaud Gascon-Nadon

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Au premier contact, Arnaud Gascon-Nadon a l'air d'un gars très calme. Zen. Réfléchi. Il n'a pas l'air d'un type qui s'impatiente facilement. C'est vrai. Mais ça n'a pas toujours été le cas.

«J'ai 28 ans. Dans les 26 premières années de ma vie, je n'étais pas un type patient. Encore moins quand je devais composer avec les blessures», m'a-t-il révélé la semaine dernière.

Le Rouge et Noir était sur le point de s'envoler vers Calgary. L'ailier défensif québécois aurait facilement pu grimper dans l'avion. Il aurait été suffisamment en santé pour affronter les Stampeders la fin de semaine dernière. Ses patrons lui ont demandé d'être patient et de se donner une semaine de repos de plus pour guérir complètement.

Plus jeune, il aurait eu beaucoup de mal à vivre avec cette décision.

«Tu sais, je viens de passer huit semaines sur la liste des blessés. Huit semaines, dans les rangs universitaires, c'est l'équivalent d'une saison au grand complet.»

Vu sous cet angle...

On peut comprendre l'impatience du jeune athlète. Il est parfaitement normal qu'il cherche à précipiter son retour au jeu. 

Le gamin veut aider son équipe. Il veut aussi profiter de chaque occasion pour se faire voir, pour prouver à tous ceux qui regardent qu'il est capable d'accéder au niveau supérieur. «Au collégial, au secondaire, c'est la même chose... Quand t'es jeune, la vie, c'est un sprint. Rendu là où je suis, j'essaie davantage de voir la vie comme un marathon», résume celui qu'on surnomme AGN à la Place TD.

Les choses ont évolué. AGN l'a dit dès le départ. Il a 28 ans maintenant. Il joue désormais dans une ligue où la saison s'étend sur une vingtaine de semaines.

Le football, c'est plus qu'une simple affaire de fierté. C'est son gagne pain. La santé, c'est la longévité.

Celui qui veut vivre de sa passion le plus longtemps possible prend le temps de bien soigner ses bobos.

Dans la LCF, de toutes façons, mieux vaut être au meilleur de sa forme en novembre, quand les matches sont les plus importants.

Si ça se trouve, cette période de repos forcé permettra à l'ancien de l'Université Laval d'aider le Rouge et Noir dans le tournoi éliminatoire de la Coupe Grey.

Surtout que, lorsqu'il était en uniforme en début de saison, l'équipe ne perdait pas. Tout allait bien. On commençait même à lancer des fleurs au directeur général Marcel Desjardins. Avait-il mis sous contrat, sans faire de bruit durant l'hiver, un des deux ou trois meilleurs joueurs défensifs canadiens de toute la LCF?

Disons que le retour au jeu de Gascon-Nadon ne pourrait pas nuire. Le Rouge et Noir vient de céder la première position de la section Est. Il a subi cinq revers à ses sept dernières parties.

Au début de la série perdante, mes amis qui connaissent le football me disaient qu'il ne fallait pas trop s'en faire. Que c'était passager. Dernièrement, ils n'ont plus l'air si certains.

Mais bon. AGN reprendra son poste dans la formation vendredi, à domicile, contre les Argonauts de Toronto. «Je suis TELLEMENT près. Ça fait cinq semaines que je pense à ce que peux faire contre les Argos.»

Le gaillard est patient. Jusqu'à un certain point.

***

Si j'étais sur la ligne de départ, dimanche matin, c'était d'abord dans le but de relever un défi personnel. Tant qu'à tenter de courir un demi-marathon, aussi bien le faire lors d'un gros événement comme la Course de l'armée. Être entouré de milliers de gens qui souffrent autant que vous, c'est un peu réconfortant.

Soutenir et remercier les militaires qui servent le Canada ici comme à l'étranger, je veux bien. Sauf que je me serais probablement déplacé pour n'importe quelle autre bonne cause. C'était l'état d'esprit dans lequel je me trouvais au départ.

Je n'avais probablement pas franchi les premiers 500 mètres. Je me trouvais quelque part entre la tombe du Soldat inconnu et la Tour de la Paix lorsque j'ai dépassé cette toute petite femme qui courait avec un énorme sac à dos.

J'ai lu l'étiquette qui était épinglée derrière son sac. «Je cours à la douce mémoire de mon frère, le caporal Nathan Cirillo.»

Mettons que ça m'a replacé les idées.

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