La légende de Bob

Roberto «Bob» Bissonnette... (Archives, fournie par Bob Bissonnette)

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Roberto «Bob» Bissonnette

Archives, fournie par Bob Bissonnette

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CHRONIQUE Maurice Lemieux avait pourtant été prévenu. Le grand Bob Bissonnette s'en venait faire un show dans son établissement, le mythique Hôtel du village d'Embrun.

Tu vas voir... Tu vas vendre de la bière comme jamais, lui avait-on dit.

Monsieur Lemieux était un brin sceptique. Il ne connaissait pratiquement pas ce chanteur. Il savait simplement qu'il avait déjà joué pour les Olympiques de Hull et qu'il comptait quelques bons copains dans l'Est ontarien. Sinon...

« Ça fait 41 ans que j'ai ma business. Bob, au début, ça ne me disait pas grand-chose », me raconte-t-il.

Le soir venu, Bob s'est pointé avec un ami musicien. En début de soirée, la place a commencé à se remplir. C'était un samedi d'automne. « D'habitude, les samedis, il ne se passe presque jamais rien chez nous. » Au plus fort de la soirée, M. Lemieux raconte que l'on comptait entre 115, 120 personnes à l'hôtel.

Ceux qui ont déjà visité l'Hôtel du village savent que l'endroit n'est pas nécessairement conçu pour accueillir des foules aussi importantes. « Mais on dirait que chez nous, plus on est tassés, plus on a de fun. »

Bob Bissonnette, Maurice Lemieux et le trophée du... (Courtoisie) - image 2.0

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Bob Bissonnette, Maurice Lemieux et le trophée du Championnat mondial de ballon-balai remporté par le vénérable club Embrun Plumbing.

Courtoisie

Quand je l'ai contacté, plus tôt cette semaine, M. Lemieux m'a parlé « d'une des soirées inoubliables » de l'histoire de son établissement. Il m'a raconté quelques anecdotes. Elles ne sont pas toutes publiables. Il a surtout reconnu que ses amis n'avaient pas exagéré. « Même si nous étions bien préparés, ils sont venus à bout de vider mon frigidaire pareil. »

C'est mon collègue Jean-François Plante qui m'a fait parler de cette soirée, en début de semaine. Il faisait partie de ceux qui ont bu, chanté et festoyé en compagnie de Bob ce soir-là.

JF garde aussi le souvenir d'une veillée mémorable. Il me disait que M. Lemieux a tellement vendu de bière qu'il n'a pas été capable d'ouvrir ses portes le lendemain. Ce qui aurait ajouté, il va sans dire, au caractère historique de la soirée.

J'ai vérifié auprès du tenancier. Cette partie-là tient un peu exagérée. Il lui restait quand même des réserves.

« Mais tu peux bien écrire que ça s'est terminé comme ça si tu veux. »

Merci, M. Lemieux. Ce ne sera pas nécessaire. J'ai comme l'impression que les légendes urbaines impliquant le hockeyeur-chanteur vont se multiplier et se propager dans les prochaines années. Je n'aurai même pas besoin d'y contribuer.

•••

Je n'ai pas connu Bob Bissonnette. Je l'ai rencontré une seule fois, très brièvement, durant ses années chez les Olympiques.

Le gaillard avait des amis partout. Il en comptait quelques-uns dans la salle de rédaction du Droit. JF et Marc Brassard étaient assez proches pour faire partie des quelques « intimes » qui pourront lui dire au revoir à ses funérailles, à Québec, samedi.

Comme tous ceux qui l'ont connu, ils ont été secoués quand ils ont appris son départ.

JF me citait les paroles d'une des chansons de Bob, plus tôt cette semaine. On devine que l'artiste a écrit J'accroche mes patins à la fin de sa carrière dans le hockey senior.

Pas d'ovation de 20 minutes comme pour Maurice Richard / Pas de manifestation publique comme pour Émile « Butch » Bouchard / Pas de comité d'accueil à l'aéroport / Absolument rien pour souligner mon départ.

Je repensais un peu à ça en voyant les images de la chapelle ardente qui a été organisée en son honneur, jeudi et vendredi, au Stade municipal de Québec. Des centaines de personnes ont fait la file pour aller se recueillir, brièvement, devant sa dépouille.

Une chapelle ardente, quand même. On ne voit pas ça chaque semaine.

Gordie Howe a eu droit à ce traitement à son départ. Jean Béliveau a eu droit à ce traitement ce départ. Maurice Richard aussi.

Un autre détail dans cette histoire m'a fait sourire.

Si les Capitales de Québec, occupants principaux du Stade, avaient réussi à se qualifier pour la finale de la Ligue Can-Am, il aurait fallu déplacer la chapelle ardente ailleurs en ville. On dit qu'on a songé à rouvrir les portes du vieux Colisée spécialement pour l'occasion.

Vraiment, il n'est pas nécessaire de colporter des faussetés sur le « marchand de bonheur ». Sa légende s'écrit toute seule.

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