Les tutus et les gants de boxe

L'entraîneur des 67's, Jeff Brown, a adouci quelque... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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L'entraîneur des 67's, Jeff Brown, a adouci quelque peu sa position après avoir tenu des propos acides sur les Olympiques de Gatineau, le week-end dernier

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Mettons que je m'en doutais un peu. Dès le départ, en prenant connaissance des commentaires de Jeff Brown, vendredi, je m'étais dit qu'il était allé un peu trop loin.

Ses 67's d'Ottawa s'étaient fait brasser toute la soirée par les Olympiques de Gatineau. Un de ses joueurs de 16 ans n'avait pas été capable de terminer la rencontre. Trois ou quatre autres l'avaient complété mal en point.

Dans sa frustration, Brown a décidé de fesser dans le tas. Il n'a épargné personne. Il est allé jusqu'à écorcher la Ligue de hockey junior majeur du Québec au grand complet, soutenant que « le hockey n'avait pas évolué ici comme ailleurs dans le monde ».

C'est à ce moment-là que j'ai décroché.

Les Québécois, des brutes rétrogrades. Ben voyons. Après toutes ces années où on a reproché à la LHJMQ d'être une « ligue en tutus », c'était bien le comble.

D'ailleurs, c'est à peu près le seul endroit où Brown s'est rétracté entièrement quand je suis passé le voir à son bureau de la Place TD, mardi. « Je ne regarde pas de matches de la LHJMQ. Je suis mal placé pour parler du style de jeu qu'on y pratique », m'a-t-il confié.

Pour le reste, je voulais surtout prendre sa température, quatre jours après les incidents. Le monsieur avait quand même menacé de « tirer la plogue » sur la série annuelle de matches hors-concours entre les deux clubs rivaux de la grande région de la capitale. 

J'ai comme l'impression que ses patrons lui ont conseillé de mettre un peu d'eau dans son vin. Les organisations de hockey junior ne roulent pas sur l'or. Chaque sou économisé compte. Tant qu'à disputer un match préparatoire, il est plus simple -- et surtout moins coûteux -- de se rendre à Gatineau qu'à Toronto.

Là-dessus, Brown se permet de bomber le torse encore un peu. Dans sa frustration, il a dit des choses qu'il regrette. Il garde quand même une crotte sur le coeur.

Il a traversé le pont Alexandra dans le but de faire subir un test à ses jeunes joueurs. Il a été surpris de trouver de l'autre côté de la rivière une formation qui souhaitait à tout prix gagner.

« Moi, je me fiche bien de savoir qui gagne les matches hors-concours. S'ils tiennent à tout prix à jouer comme ça en septembre, ils peuvent se débrouiller sans nous. On pourra bien faire trois heures de bus pour aller à Peterborough. »

•••

Par un beau samedi après-midi d'automne, il y a de cela plusieurs années, j'ai pris une grande marche dans les rues de Boston.

Après avoir erré pendant 90 bonnes minutes, je me suis retrouvé devant Fenway Park. Dans la boutique souvenir du mythique stade, j'ai eu le coup de foudre.

Un simple t-shirt bleu marine, frappé d'un discret logo rouge. Il se distinguait d'une façon toute simple. Là où les mots « Red Sox » auraient normalement été inscrits, on avait plutôt imprimé « Chaussettes Rouges ».

Je l'ai acheté. Je l'ai porté. Je l'ai aimé. Je l'ai usé. Quand je me suis finalement résigné à le jeter, il était vieux, difforme, troué.

Un t-shirt en français dans un stade du baseball majeur. Oui, madame.

Pis ce n'était pas exceptionnel. J'aurais pu me procurer le même gaminet en espagnol, en italien, en japonais, en gaélique... Ils étaient tous disponibles.

Vous avez peut-être raté la chronique de Denis Gratton, mardi.

Je vous résume. Un partisan franco-ontarien des Sénateurs, François Caza, a fait pression auprès de la direction pendant plus de cinq ans pour qu'on puisse trouver des souvenirs en français dans leurs différentes boutiques.

Après tout ce temps, on lui a finalement donné ce qu'il veut. En quelque sorte.

Les Sénateurs vont mettre en vente un t-shirt destiné à leurs partisans francophones. En quantité très limitée. Soixante-douze seront mis en vente, en tout.

D'un côté, il y a un club de baseball centenaire, plusieurs fois champion des ligues majeures, qui prend les moyens de garder le respect d'amateurs aux quatre coins de la planète.

De l'autre, un jeune club de hockey qui cherche à gagner en crédibilité, à qui on doit parfois tordre le bras pour qu'il s'occupe un tant soit peu de la clientèle minoritaire dans son propre marché.

C'est tout.

Je n'ai rien d'autre à dire là-dessus.

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