Des Sénateurs errants

Chassés de leur vestiaire par Équipe Canada, les... (Archives, La Presse)

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Chassés de leur vestiaire par Équipe Canada, les Sénateurs d'Ottawa préparent leur prochain camp d'entraînement dans l'ombre. Marc Méthot (à droite) déborde d'enthousiasme en vue de la prochaine saison.

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CHRONIQUE / Ce n'est vraiment pas une rentrée comme les autres.

Me semble qu'à cette période de l'année, on devrait débattre des « vrais » dossiers. On devrait se poser les « vraies » questions. Genre, quel sera l'impact réel de Guy Boucher avec sa nouvelle formation ? Pierre Dorion avait promis de grands changements. Il s'est finalement contenté d'acquérir Derick Brassard. Est-ce que ce sera suffisant ? Et, surtout, celle qui déchirera les chaumières à compter de maintenant. Qui est le meilleur, Erik Karlsson ou Shea Weber ?

On n'est malheureusement pas rendus là. À force d'accorder toute l'importance à cette prétendue Coupe du monde, on a presque oublié que les camps d'entraînement débutent la semaine prochaine dans les 30 villes de la Ligue nationale de hockey.

C'est probablement pire à Kanata qu'ailleurs. Au Centre Canadian Tire, les joueurs d'Équipe Canada ont pris d'assaut le vestiaire du club local. Ils ont collé rapidement des Unifoliés par-dessus les logos des Sénateurs d'Ottawa.

Les Sénateurs continuent d'exister. Je les ai vus, jeudi. En attendant le départ des héros nationaux, ils squattent un aréna de hockey mineur situé pas trop loin du CCT.

Ils étaient une bonne quinzaine à patiner, en fin d'avant-midi. Pageau. Ryan. Neil. MacArthur. Stone. Hoffman. Le Hamburglar. Entre autres. On sentait la même bonne humeur, l'enthousiasme habituel de la rentrée. J'oserais même vous dire que le groupe semble confiant.

« Je pense, j'espère, je crois que nous allons surprendre bien des gens » m'a lancé tout de go un Marc Méthot débordant d'énergie.

Vraiment ? Et d'où provient cet optimisme ? Les rares spécialistes en matière de hockey qui parlent des Sénateurs n'ont pas vraiment l'air de croire qu'ils se dirigent vers les séries.

« Pensez un peu aux joueurs d'expérience qui se joignent à nous. Des gars comme Brassard, comme Chris Kelly... Je ne veux pas trop leur ajouter de pression inutilement sur leurs épaules, mais il faut reconnaître qu'ils ont l'expérience des séries éliminatoires. Notre leadership s'améliore. »

« Nous sommes toujours aussi solides devant le filet, il ne faut pas l'oublier. »

Justement... Je voulais t'en parler. Je ne suis pas sur la patinoire, 82 soirs par année, devant Craig Anderson. Je ne fais pas partie de ceux qui le bombardent de caoutchouc à l'entraînement. Je l'observe de loin et je consulte ses statistiques. Les chiffres des dernières saisons ne sont pas particulièrement impressionnants. C'est la faute d'un seul homme ? C'est la faute d'un groupe d'individus ? De toute l'équipe ? Tu sais, Anderson vieillit. Il a 35 ans...

« Non. Non. Non. Non. C'est la faute des joueurs à 100 %. Avez-vous compté le nombre de matches où nous avons complètement laissé tomber Andy la saison dernière ? Les chiffres qui comptent, ce sont ceux qui ont trait au nombre de lancers qu'il devait affronter, soir après soir. En fin de saison, les choses s'amélioraient. Mais dans les matches qui comptaient vraiment, on allouait généralement entre 30 et 40 lancers par match. Comment voulez-vous qu'un gardien paraisse bien dans ce contexte ? »

Méthot est convaincu que le tandem Boucher/Marc Crawford transformera les Sénateurs à ce chapitre. D'ailleurs, dans mon pèlerinage de jeudi, j'ai pu apprendre que le nouvel entraîneur-chef multiplie dernièrement les rencontres individuelles. Il peut facilement passer entre deux et trois heures à discuter. Avec chacun de ses joueurs !

« Je te jure... Tous les experts qui nous prédisent une autre saison difficile seront surpris », jure Méthot.

•••

« C'est un leader-né. On le voit sur la glace. Il se présente chaque soir. Tu sais que tu peux toujours compter sur lui. »

« Il a de la graine de capitaine. »

Ces déclarations ont été faites au sujet de Mike Fisher, dans le vestiaire des Sénateurs, en février 2002. Il faut rendre hommage au prophète. Kevin Dineen, qui était alors en fin de carrière, avait fait cette prédiction et il ne s'était pas trompé. Quatorze ans plus tard, Fisher portera un « C » sur son chandail.

Les Predators de Nashville ne regretteront pas leur choix.

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