(Mauvais) souvenirs de 2004

C'est Mike Babcock qui dirigera la formation canadienne... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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C'est Mike Babcock qui dirigera la formation canadienne lors de la Coupe du monde de hockey.

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / Je suis comme bien des gens. J'ai de gros doutes.

J'espère de tout coeur qu'on aura droit à un grand tournoi. J'espère que les matches décisifs seront serrés et âprement disputés. J'espère qu'on sera témoins de quelques performances individuelles marquantes. Dans un monde idéal, on verra même une ou deux super-vedettes en puissance éclore sous nos yeux. 

Ah, et puis je vais aller jusqu'au bout. Je nous souhaite un dénouement inattendu. Ce serait bien, par exemple, de voir un petit pays négligé tout gagner.

Mais, comme je vous disais, je suis sceptique. Je suis loin d'être convaincu que la Ligue nationale de hockey et que son Association des joueurs soient les organisations les mieux placées pour organiser un rendez-vous international de haut niveau.

Ces doutes ne sont pas nouveaux chez moi. Ils occupent mon esprit depuis la dernière édition de la Coupe du monde. Et je pourrais vous en parler longuement, parce que j'y étais.

J'avais eu le bonheur de suivre l'équipe canadienne du premier au dernier jour. J'avais suivi le camp d'entraînement à Ottawa, j'avais couvert les deux premiers matches de la compétition à Montréal et j'avais suivi le reste de la compétition à Toronto.

Il faut comprendre que j'ai eu la piqûre du hockey international très tôt. C'est la faute de la Merveille, du Magnifique et de la grosse machine soviétique qu'ils avaient battue de peine et de misère en 1987.

Je suis revenu de Toronto comblé, 17 ans plus tard. Surtout parce que j'avais pu côtoyer le Magnifique, qui disputait un dernier tournoi international avant la retraite. La Merveille, elle, avait déjà accroché ses patins. Elle demeurait quand même dans les parages, jouant même un rôle important auprès de la direction d'Équipe Canada.

Il y avait aussi Martin Brodeur, Joe Sakic, Scott Niedermayer et Martin Saint-Louis. Le vestiaire regorgeait de futurs membres du Temple de la renommée.

Sinon? Sinon pas grand-chose. Un tournoi bien ordinaire. Les Canadiens avaient gagné dans un climat relativement tiède. 

Le tournoi au grand complet avait été tiède.

Je me souviens d'avoir quitté au lendemain du dernier match avec l'impression que les vainqueurs ne méritaient pas cette victoire.

En demi-finale, un jeune Roberto Luongo nerveux avait remplacé le blessé Brodeur devant le filet. Avec lui, les Canadiens avaient réussi - de peine et de misère - à vaincre la République tchèque 4-3, en prolongation.

Le hic, c'est que les Tchèques partaient nettement désavantagés. Ils avaient quitté Prague la veille pour se rendre à Toronto. Avec les imprévus liés au transport aérien, ils avaient passé une bonne quinzaine d'heures assis dans un avion. Ils étaient en plein décalage horaire lorsqu'ils avaient sauté sur la patinoire pour disputer ce match sans lendemain.

Je conserve de cette affectation une dernière image. Une quarantaine de minutes après la conclusion de la dernière partie, tous les joueurs canadiens avaient déserté le vestiaire du Air Canada Centre. Ils devaient être réunis dans le grand salon qui sert habituellement aux joueurs des Maple Leafs, à discuter du lock-out qu'allait décréter le commissaire Gary Bettman quelques heures plus tard.

Ils avaient cependant oublié quelque chose. Le gros pot de fleurs qui sert de trophée de championnat avait été abandonné au beau milieu de la pièce. Il traînait là, sur le tapis bleu royal.

Un des derniers journalistes à traîner dans le vestiaire aurait pu la ramasser et partir avec. Personne ne s'en serait rendu compte.

Une petite visite au Centre Canadian Tire, mardi, m'a un peu réconforté. Sur la glace, là où il fait froid, les joueurs de cette nouvelle «Équipe Canada» ont l'air de prendre le camp d'entraînement au sérieux. Ils ne sont pas tout seuls. Dans une conférence de presse d'une dizaine de minutes, leur entraîneur Mike Babcock est apparu dangereusement en forme. On ne l'a pas vu aussi agité trop souvent, dans les dernières années, lors de nos passages à Anaheim, Détroit ou Toronto.

C'est déjà ça.

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