Karine rentre à la maison

Jacqueline Simoneau, à gauche, et la Gatinoise Karine... (Ryan Remiorz, PC)

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Jacqueline Simoneau, à gauche, et la Gatinoise Karine Thomas se font l'accolade à l'issue de leur prestation lors de la finale en nage synchronisée en duo.

Ryan Remiorz, PC

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CHRONIQUE / Elle ne sait pas encore très bien ce qui l'attend. Son avenir en tant qu'athlète semble bien flou. Une seule certitude habite Karine Thomas. Elle va bientôt rentrer à la maison.

Après des années d'«exil» dans la grande région de Montréal, la nageuse synchronisée a envie de se retrouver chez elle, en Outaouais.

Elle a déjà trouvé son appartement. Il ne lui reste plus qu'à emménager.

«C'est la région qui me manque, point. C'est certain que j'ai hâte de retrouver ma famille, de retrouver mes amis. Reste que la région de l'Outaouais, c'est quelque chose de spécial pour moi.»

«J'ai besoin de me rapprocher de mes racines.»

Elle m'a raconté tout cela depuis Rio, d'où elle m'a passé un coup de fil mercredi après-midi.

Elle arrivait à la fin d'une journée très chargée. Au lendemain d'une finale olympique où elle a pris le septième rang avec sa partenaire Jacqueline Simoneau, à peu près tous les médias se l'arrachaient.

J'avais lu, regardé, écouté tout ce que j'avais pu. Après tout ça, il ne me restait qu'une question à poser. Enfin, c'était davantage un élément que je voulais éclaircir.

Pour la suite des choses... Ça va se passer comment?

J'ai l'impression que sa réponse varie d'une entrevue à l'autre. Comme si la jeune femme de 27 ans n'a jamais vraiment voulu y penser.

«Honnêtement, je donne la même réponse à tout le monde», me dit-elle, amusée.

«Je n'ai pas encore pris le temps de vraiment y penser. Si je continue, c'est presque certain que je ne ferai pas d'autres Jeux olympiques. Ça, c'est clair dans ma tête.»

Je lui répète ses mots. Je mets l'accent sur le fait qu'il est «clair, dans sa tête, qu'elle est presque certaine».

Elle comprend la même chose que moi. Elle rit.

«Dans la vie, il ne faut jamais dire jamais. Ce n'est pas impossible à 100%. Tout peut arriver. Mais, pour l'instant, je ne penserais pas.»

On peut donc affirmer, dans une absolue certitude, qu'elle ne sait pas.

Quelque chose me dit qu'elle n'a pas besoin de tout comprendre immédiatement. Elle va se laisser du temps.

Elle a l'intention de rester à Rio jusqu'à la fin des Jeux. Elle va prendre le temps de baigner dans l'ambiance du village des athlètes. Mercredi, elle a suivi les compétitions de plongeon et d'haltérophilie comme nous tous. À la télévision. À compter de jeudi, elle sera libre de meubler son horaire à sa guise. Elle sortira pour visiter d'autres sites de compétition.

Ses Jeux sont terminés, mais il lui reste un défi sportif à relever. Elle a toujours voulu essayer le parapente. Il paraît que le Brésil est un véritable paradis de ce sport extrême.

«Ce n'est pas tant un défi. C'est un rêve», dit-elle.

***

Changement de sujet.

Quand les journalistes sportifs doivent interviewer les politiciens, généralement, c'est que les choses vont mal.

Je me souviens bien de ma dernière conversation avec Mauril Bélanger. C'était à l'été 2002.

Les Renegades d'Ottawa faisaient alors leurs débuts dans la Ligue canadienne de football. Après trois matches, seulement, ils commençaient à faire des faux-pas. Ils avaient par exemple décidé qu'il était un peu trop compliqué d'effectuer les annonces dans les deux langues officielles au stade Frank-Clair. Ils voulaient se concentrer sur l'anglais et, ainsi, tourner le dos à la clientèle francophone.

Le président de l'équipe, le Torontois Brad Watters, trouvait cela parfaitement acceptable.

M. Bélanger avait eu vent de l'histoire. Il avait pris le temps de passer un coup de fil à l'homme d'affaires pour lui expliquer à quel point il était important de respecter le caractère bilingue de la capitale.

«Nous avons eu une très bonne conversation. Il m'a fait part de certaines choses et je lui ai dit qu'il ferait bien de penser à son affaire», m'avait-il raconté.

Les dirigeants des Renegades n'avaient pas eu besoin de «penser à leur affaire» bien longtemps. Quelques heures plus tard, M. Watters m'annonçait qu'il revenait sur sa décision.

Au revoir, monsieur Bélanger. Merci pour toute l'énergie que vous avez dépensée à soutenir la cause des francophones en milieu minoritaire. Dans les grandes, mais aussi dans les petites batailles.

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