Un sacrifice parmi tant d'autres

La joueuse de rugby Natasha Watcham-Roy (en haut... (Sean Kilpatrick, PC)

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La joueuse de rugby Natasha Watcham-Roy (en haut au centre), originaire du secteur Hull, a retrouvé la forme juste à temps pour savourer le bronze à Rio lundi.

Sean Kilpatrick, PC

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CHRONIQUE / Vous avez sans doute vu la vidéo virale mettant en vedette la nageuse canadienne Sandrine Mainville. Sinon, ça vaut la peine de fouiller sur le web. C'est touchant.

Je vous résume. Avec sa médaille de bronze du relais 4 x 100 mètres libre, l'athlète de Boucherville accordait une entrevue en direct sur les ondes de CBC. Ses parents ont choisi ce moment précis pour la surprendre.

Elle n'avait pas eu la chance de les croiser, encore, depuis son arrivée à Rio. En fait, elle ne les avaient pas vus depuis plusieurs mois. Ce qui devait arriver arriva. Elle a fondu en larmes dans leurs bras.

Je vous le dis. C'est beau à voir.

Sauf que la particularité de cette scène, c'est qu'elle a été croquée sur caméra. Il paraît qu'elle se produit des dizaines de fois, chaque jour, à Rio.

C'est arrivé, par exemple, à Natasha Watcham-Roy.

La joueuse de rugby originaire du secteur Hull savait fort bien que les gens qu'elle aime le plus au monde l'observaient depuis les gradins, durant le tournoi olympique. Sa mère, sa marraine, son copain et un ancien entraîneur avec qui elle a conservé des liens très forts avaient fait le voyage jusqu'au Brésil pour l'encourager.

Elle a été obligée d'attendre la conclusion de son dernier match, lundi, pour aller les rejoindre.

«Ça faisait deux mois. Non, trois mois. Enfin, ce n'est pas si important. Après tout ce temps, j'avais juste hâte de tous les prendre dans mes bras», m'a-t-elle confié, lorsque j'ai finalement pu la joindre, 24 heures plus tard.

L'éloignement fait partie des sacrifices méconnus des olympiens.

Watcham-Roy, ancienne de l'école secondaire Philemon-Wright et de l'Université d'Ottawa, a été obligée de s'exiler pour réaliser son rêve. L'équipe nationale de rugby est centralisée sur la côte ouest, dans la région de Victoria.

Elle ne s'en plaint certainement pas.

«Nous avons tous un chemin à emprunter, dit-elle. J'ai simplement décidé de suivre le mien. Et c'était une expérience sublime.»

Quand elle a retrouvé ses proches, Watcham-Roy avait quand même une médaille de bronze autour du cou.

C'est le genre de souvenir qui vous fait rapidement oublier tous vos sacrifices.

***

Natasha Watcham-Roy n'était pas assurée de son poste avec l'équipe nationale de rugby à sept. De sérieuses blessures l'ont ralenti dans l'année qui a précédé les Jeux.

Elle a retrouvé la forme juste à temps pour convaincre les entraîneurs qu'elle pouvait contribuer aux succès de l'équipe.

Dans le match de la médaille de bronze contre la Grande-Bretagne, elle a fait une entrée remarquée sur le terrain durant la deuxième demie. Elle a contribué à protéger l'avance de son équipe, en route vers une victoire de 33-10.

«Je suis capable de jouer différents rôles. Quand nous avons une pente à remonter, je peux aider l'équipe. Quand nous avons une avance à protéger, je peux aussi aider l'équipe. Je suis un peu la femme à tout faire au milieu du terrain», explique-t-elle.

Elle n'a cependant pas eu à faire grand-chose pour motiver ses coéquipières.

Pour atteindre le match de la médaille de bronze, les Canadiennes avaient d'abord subi la défaite, en demi-finale contre l'Australie, en début de journée lundi.

Perdre la chance de jouer pour la médaille d'or avait eu un effet démoralisant pour elles. Mais pas trop. «Il y avait encore une médaille à l'enjeu. Nous avions travaillé trop fort pour nous rendre jusque-là. Il n'était pas question de laisser passer cette opportunité.»

***

À Rio, où elle compte passer les prochains jours, Watcham-Roy peut difficilement mesurer l'impact de son exploit sportif. Pourtant, en ce début de semaine, on sent qu'il y a un beau petit buzz autour du rugby au Canada.

L'entraîneur canadien, John Tait, a déclaré qu'il ne sera pas simple de grimper de nouveau sur le podium, à Tokyo, en 2020. Il devra remplacer de nombreuses joueuses, plus âgées, durant la prochaine olympiade.

À 24 ans, la Hulloise ne fait certainement pas partie de celles qui songent à la retraite. «J'ai hâte de retourner aux Jeux. J'espère bien qu'on en profitera pour gagner une médaille d'une autre couleur.»

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