Une maison flambant neuve

«Je serai honnête avec toi, je n'avais rien... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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«Je serai honnête avec toi, je n'avais rien entendu. Du tout. Cette transaction est sortie de nulle part. Je ne m'y attendais vraiment pas», m'a expliqué Zibanejad mardi matin.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Mika Zibanejad est mal à l'aise devant mes questions. Il ne sait pas quoi dire. Sans doute ne veut-il pas s'ajouter de pression inutile juste avant son déménagement dans le plus grand marché sportif en Amérique du Nord.

«Tu me dis que tu es prêt à devenir un meilleur joueur et à passer à "l'échelon supérieur". Ça veut dire quoi, au juste? À quel point seras-tu bon quand tu auras atteint ton plein potentiel?

- Ce sont des questions légitimes, mais je ne sais pas comment y répondre. Je n'aime pas trop parler de moi comme ça», répond-il.

Et puis, il ose. Une réponse pas mal intéressante. «Il y a des gars comme Anze Kopitar, Jeff Carter, Ryan Getzlaf... Dès qu'on mentionne leurs noms dans une conversation, on sait qu'on parle de joueurs de grand talent. J'aimerais un jour qu'on parle de moi comme on parle d'eux. Je sais que je suis capable d'atteindre ce statut.»

C'était probablement sa déclaration la plus audacieuse des cinq dernières années.

***

J'ai laissé un message à Zibanejad lundi après-midi, dans les minutes qui ont suivi l'annonce de la transaction. Il m'a rappelé mardi matin en se confondant en excuses: «Tu sais, après une transaction, le téléphone ne dérougit pas...»

Je sais, Mika. C'est comme ça chaque fois.

C'était quand même gentil de sa part de rappeler. Une vingtaine d'heures plus tard, il semblait toujours bien pris dans le tourbillon. Contrairement à Derick Brassard, la transaction l'a complètement pris par surprise. «Je serai honnête avec toi, je n'avais rien entendu. Du tout. Cette transaction est sortie de nulle part. Je ne m'y attendais vraiment pas», dit-il.

Il décide alors de se confier davantage sur les circonstances dans lesquelles il a été mis au courant de la transaction. Il était chez lui, dans la somptueuse maison qu'il vient de faire construire à Ottawa.

Une maison flambant neuve. Il s'était fait construire une maison à son goût quelque part dans un quartier de la paisible capitale dans le but d'y passer quelques belles années. Ces histoires-là ne s'inventent pas. «Nous nous sommes installés il y a quelques semaines à peine...»

«Que veux-tu? Ce sont des choses qui arrivent. J'ai 23 ans. Il fallait bien que je passe par-là un jour ou l'autre. Je suis content d'avoir passé à travers le processus d'achat et de construction d'une maison. Je ne m'inquiète pas trop de son sort. Je ne serai pas triste de la quitter. Je me dis que j'aurai quand même pu en profiter un peu.»

Il est important de noter une différence marquante, ici.

Lundi, lors de son premier contact avec les journalistes d'Ottawa, Brassard s'est dit sincèrement attristé de quitter New York. Je vous ai livré mon interprétation dans notre livraison de lundi. Le joueur est compétitif, il aime gagner.

La joie de rentrer chez lui, en Outaouais, ne parvient pas à complètement effacer la déception de quitter une formation qui appartient à l'élite.

Zibanejad, lui, n'a pas trop de mal à voir le bon côté des choses alors qu'il s'apprête à effectuer le trajet en sens inverse. Il est jeune. Il aime la vie. Ceux qui le suivent sur les réseaux sociaux ont pu l'accompagner dans ses voyages dans les plus grandes villes du monde.

À l'extérieur de la glace, il meuble ses temps libres en jouant au DJ. Il s'amuse à mixer et à écouter. 

Sauf erreur, la scène régionale de la musique électronique doit être pas mal plus dynamique à New York qu'à Ottawa.

Lorsqu'il a fait ses débuts chez les Sénateurs, Zibanejad s'est amouraché d'une jeune Franco-Ontarienne. Le jeune hockeyeur avait été plus ou moins adopté par sa famille.

Il y aura donc déracinement. La conjointe du hockeyeur n'a jamais vécu ailleurs qu'à Ottawa.

«Elle ne sera quand même pas trop loin de la maison. Un court vol de 45 minutes lui permettra de rejoindre ses proches», me rappelle-t-il.

«Je me rapprocherai de la maison, aussi. New York offre plus de vols directs vers la Suède. Ma famille pourra me visiter plus souvent.»

«Quand je m'accorde quelques minutes pour penser aux aspects positifs de cette transaction, je me trouve pas mal chanceux.»

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