Un joueur qui veut gagner

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On sentait une réelle déception pendant la conférence téléphonique de Derick Brassard lundi.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Les gens ne réalisent probablement pas à quel point les Sénateurs sont passés près d'acquérir Derick Brassard, il y a cinq ans.

C'était à l'automne 2011. Bryan Murray venait de procéder à un grand ménage. Il cherchait un jeune centre autour duquel il pouvait rebâtir son attaque. Il avait longuement hésité. Il avait discuté de Brassard avec beaucoup de gens, mais vraiment beaucoup de gens. Il s'était enfin tourné vers les Coyotes de Phoenix pour leur arracher Kyle Turris.

À ce moment-là, j'avais senti que Brassard était déçu.

En 2011, il aurait sans doute aimé quitter les Blue Jackets de Columbus, une formation qui n'allait nulle part et qui tardait à lui accorder une véritable chance d'exhiber ses talents.

En cinq ans, bien des choses ont changé.

En conférence téléphonique, lundi, le Gatinois a bien pris soin de répéter à plusieurs reprises qu'il est «content» et «excité» de rentrer à la maison.

On sentait quand même chez lui une réelle déception.

Cette fois, il ne quitte pas un club moribond. Les Rangers ont atteint la grande finale en 2014. Ils ont fait la demi-finale en 2015. Ils auraient sans doute fait un bout de chemin en 2016, s'ils n'avaient pas eu le malheur de tomber sur les Penguins de Pittsburgh dès la première ronde.

«C'est la raison pour laquelle je suis triste. J'aimais ça jouer ici, à New York. Nous sommes passés si près de gagner la coupe. C'est tout le temps un regret que je vais avoir», a-t-il fini par avouer.

C'est bien correct ainsi. Les fans d'Ottawa ne lui en voudront pas d'avoir un peu le coeur lourd. 

C'est précisément pour cette raison que les Sénateurs sortent améliorés de cette transaction.

***

Mika Zibanejad possède bien des outils pour devenir un grand joueur. Il est costaud. Il patine bien. Son lancer frappé est lourd. Sa production à l'attaque s'est améliorée un peu chaque année depuis son arrivée dans la LNH. Et ça pourrait continuer pendant un bout, encore.

Il ne possède pas un grand sens du jeu, mais il ne s'agit pas de son plus gros défaut. 

Zibanejad est un homme doux. Peut-être trop. Nous ne ferons pas, comme d'autres, jusqu'à remettre en question sa passion pour le hockey. N'empêche que, dans des moments cruciaux où il faut être prêt à manger les bandes, ce n'est clairement pas lui qui mène la charge.

Brassard, à défaut d'être robuste, est un battant. Il a été le meilleur marqueur des Rangers en séries trois fois au cours des quatre dernières années. Ça dit tout.

Cette année, quand son équipe est tombée au premier tour, il aurait pu se la couler douce. Après avoir pris part à 59 matches de séries entre 2012 et 2016, il aurait eu le droit de s'accorder des vacances.

Il aurait pu s'installer sur une plage, quelque part, et se reposer en prévision de la prochaine saison. 

Il a plutôt choisi d'étirer sa saison le plus longtemps possible. Il s'est empressé d'accepter l'invitation de Hockey Canada. Il est monté à bord du premier avion en partance pour la Russie.

Là-bas, il a inscrit 11 points en 10 parties. Il a été le meilleur marqueur de l'équipe qui a remporté la médaille d'or au Championnat mondial.

On commence à déceler une tendance, ici.

Je ne sais pas pour vous, mais tout cela me dit que Brassard veut gagner. Ça me dit que son équipe peut compter sur lui dans les moments les plus intenses.

Ça, mes amis, ça vaut cher.

***

Très intéressante question posée par le collègue Marc Brassard alors que la conférence téléphonique de Pierre Dorion tirait à sa fin. Si vous avez commencé à négocier au repêchage, pourquoi avoir attendu si longtemps avant de conclure le marché?

La réponse du DG fut encore plus intrigante. «Parce que le prix demandé était finalement celui que j'étais prêt à payer.»

Ma théorie? À la fin du mois de juin, pour céder Brassard, les Rangers voulaient Zibanejad. Ils demandaient cependant aux Sénateurs d'absorber, en prime, le contrat d'un vétéran coûteux et peu productif.

Un défenseur usé par les années, peut-être.

Quand cette condition a été levée, la transaction a pu être complétée.

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