Un peu comme Erik Karlsson

Chris Williams a déjà accumulé six touchés depuis... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Chris Williams a déjà accumulé six touchés depuis le début de la saison 2016 du Rouge et Noir.

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / Ça s'est passé vendredi soir, à la mi-temps du match opposant le Rouge et Noir aux Stampeders. Le reporter du réseau TSN chargé devait faire vite. Il avait le temps de poser une ou deux questions au quart-arrière Trevor Harris avant de le laisser filer au vestiaire.

- Hé, Trevor... Comment peux-tu expliquer cette complicité qui s'installe si rapidement entre Chris Williams et toi ?

Harris parut - juste un peu - surpris.

- Euh... Chris est vraiment, vraiment bon, fut sa réponse.

C'était un peu trop facile, comme réponse. Harris aurait pu s'attribuer une partie du mérite - parce qu'une grande partie lui revient. Personne ne lui en aurait tenu rigueur.

N'empêche qu'on est chanceux. 

Les gens d'Ottawa - et ceux qui vivent de l'autre côté du pont - sont chanceux.

Une saison de hockey vient à peine de prendre fin. Erik Karlsson n'a pas remporté le trophée Norris et c'était bien correct, étant donné qu'il n'était pas le meilleur défenseur de la LNH. Il fut, en revanche, le plus spectaculaire. Il fut, de loin, celui qu'on paierait pour voir à l'oeuvre.

L'été commence. Voilà que Williams débarque. C'est un peu la même chose. Il ne succédera probablement pas à Henry Burris à titre de joueur le plus utile à son équipe dans la Ligue canadienne de football. À la lumière de ce qu'on a pu voir, jusqu'ici cet été, on aura du mal à trouver un joueur plus électrisant au Canada.

C'est d'ailleurs un peu ce que les bonzes de la Ligue canadienne de football ont voulu nous dire, mardi. Pour une troisième fois en autant de semaines, ils lui ont fait une place parmi les trois étoiles de la semaine.

Vous savez quoi ? Il existe bien quelques ressemblances entre la star des Sénateurs et celle du Rouge et Noir. Il y a d'abord le gabarit. Williams n'est pas plus grand, pas plus costaud que Karlsson.

Pour s'imposer contre des adversaires plus costauds, ils misent tous les deux sur leur principal atout, la vitesse.

Karlsson essaie souvent de nous faire croire qu'il n'accorde pas d'importance à ses performances individuelles. Il jure qu'il ne serait pas au courant des records qui sont à sa portée si les journalistes ne lui en parlaient pas constamment.

Williams dit un peu la même chose. Mardi, par exemple, on lui a parlé de ses 493 verges amassées par la passe en trois parties. Personne, dans la riche et longue histoire de la LCF, n'a réussi à en faire autant auparavant.

« On me le rappelle constamment, partout où je vais », a-t-il réagi.

Un léger détail sépare les deux, cependant. Karlsson ne quitte jamais son personnage. Parce qu'il se contrefiche de ses performances, rien ne peut jamais le surprendre.

Williams, lui, reconnaît que son exceptionnel début de saison dépasse ses attentes.

« Je n'aurais jamais pu rêver d'un tel départ, admet-il. Si je vous disais que je m'attendais à connaître autant de succès, aussi rapidement, je vous mentirais en plein visage. »

Il existe toutefois une grosse différence.

Karlsson brille au plus haut niveau. Williams, lui, évolue toujours dans un circuit de second ordre cet été.

Chaque grosse performance le rapproche toutefois de sa prochaine opportunité - sa dernière opportunité ? - d'évoluer dans la NFL.

« Je veux juste atteindre le maximum de mon potentiel, assure-t-il. Je me considère déjà très chanceux de pouvoir gagner ma vie en jouant ici. »

« Je ne veux penser qu'à cette année. On verra bien ce qui se passer l'an prochain », complète-t-il.

•••

Au fil des ans, les dirigeants de la LCF ont fait de gros efforts pour adopter des mesures leur permettant de se distinguer. Les terrains plus larges, le 12e joueur, les ballons légèrement plus gros et les simples nous rappellent constamment que nous ne sommes pas ici aux États-Unis.

On va quand même souhaiter que ça s'arrête là. La dernière lubie, lancée par des gens des médias qui ont un peu trop de temps libres.

Abandonner complètement les convertis d'un point. Obliger les équipes à y aller pour deux points, systématiquement, après chaque touché.

« Mon opinion... Si ce n'est pas brisé, ça ne sert à rien de le réparer », m'a lâché le botteur d'Ottawa, Chris Milo, avant de quitter pour Toronto.

Bien dit.

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