L'héritière de Bunny Larocque

Kamille Larocque connaît un excellent début de saison,... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Kamille Larocque connaît un excellent début de saison, la Gatinoise de 16 ans occupant provisoirement le premier rang du classement de la série Grand Prix - Junior de Triathlon Québec.

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE/ J'ai publié en début de semaine une chronique portant sur la génétique dans le sport. Je citais en exemple tous ces fils et petits-fils d'anciens hockeyeurs qui frappent à la porte de la Ligue nationale de hockey.

Il y a des coïncidences, des fois... On jurerait qu'elles font exprès.

Un courriel a rebondi dans ma boîte, mardi après-midi. C'était une grand-mère, Hélène Legris, qui voulait me parler des exploits de sa petite-fille.

Elle a bien fait. Kamille Larocque, une triathlète aylmeroise de 16 ans, connaît effectivement un très bon début de saison. Elle occupe provisoirement la tête du classement de la Série Grand Prix - Junior de Triathlon Québec. C'est encore plus remarquable, quand on pense que ses rivales sont âgées de 17, 18 et même 19 ans.

Mme Legris tenait aussi à ce qu'on sache d'où la petite vient.

« Elle est la petite-fille de Michel Bunny Larocque », a-t-elle pris soin de spécifier dans son courriel.

Cette phrase n'était pas soulignée, mais ça faisait un peu le même effet.

•••

Bref rappel historique, ici, pour les plus jeunes lecteurs qui se demandent bien qui est ce « Bunny » Larocque.

Il était originaire de Hull. Il a joué dans la LNH pendant 10 saisons, entre 1973 et 1983. Il fut, probablement, le meilleur gardien de buts numéro deux de son époque. Il aurait sans doute joué davantage ailleurs, mais le hasard avait voulu qu'il se retrouve à Montréal, derrière le grand Ken Dryden.

Jouer dans l'organisation du Canadien lui a quand même valu de belles récompenses.

Il a par exemple remporté le trophée Vézina quatre fois, à l'époque où ce dernier était remis aux gardiens de l'équipe ayant alloué le moins de buts en saison régulière. Il a surtout participé à quatre grands défilés de la coupe Stanley, sur la rue Sainte-Catherine, entre 1976 et 1979.

Kamille ne connaît elle-même pas grand-chose de son grand-père. « Je connais certaines choses, mais pas tout. Je ne l'ai jamais rencontré », me disait-elle, hier.

Bunny Larocque est parti beaucoup, mais beaucoup trop tôt. Le cancer l'a emporté en 1992. Il avait tout juste 40 ans.

La petite-fille ne peut donc pas savoir à quel point elle lui ressemble. Sa grand-mère lui dit souvent.

« La détermination qui animait Michel, je la revois dans les yeux de Kamille », m'a lancé Mme Legris quand je l'ai jointe par téléphone.

Je lui ai parlé trois, peut-être quatre minutes. Juste assez longtemps pour saisir toute sa fierté. Le genre de fierté que seule une grand-mère peut exprimer.

« Quand je la vois connaître du succès, je souhaiterais que Michel soit encore parmi nous. Il rate malheureusement de beaux moments avec les petits-enfants », m'a-t-elle confié.

•••

Michel Larocque aurait sans doute du plaisir à suivre les progrès de sa descendance. Sa petite Kamille ne pourra pas participer au Triathlon de Gatineau, ce week-end. Elle sera retenue à Montréal, dans un camp d'entraînement. 

Le « Projet Winnipeg », une initiative de l'entraîneur Alex Sereno visant à conduire le Québec sur le podium lors des Jeux du Canada de 2017, occupe une grande place dans sa vie.

Kamille se console. Elle ratera une opportunité de courir à la maison, mais elle compte bien se racheter lorsque les Championnats canadiens de triathlon seront disputés de l'autre côté de la rivière, à la fin juillet.

Sinon, eh bien, elle tentera de conserver son inespérée place au sommet du classement du Grand Prix.

Elle est tombée dans le triathlon un peu par accident, à l'âge de 10 ans. Elle avait essayé à peu près tous les sports. Équitation, gymnastique, ski... Pour retenir une fille qu'à peu près tout passionne, il fallait peut-être offrir une discipline qui lui permet de faire plein de trucs différents.

L'avenir de Kamille ressemble un peu à ça. Elle complétera l'an prochain ses études secondaires à l'école secondaire de l'Île. Pour la suite ? « Sérieux... J'aimerais vraiment obtenir un scolarship. En quelque part, ce serait vraiment, vraiment cool », dit-elle.

Du bout des lèvres, elle ose ensuite prononcer les mots « Jeux olympiques. »

« Bien... C'est un rêve, dit-elle, un peu timide. Mais tous les athlètes ont ce rêve-là. »

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