Mike Hoffman et les arbitres

Mike Hoffman... (Archives, Agence-France Presse)

Agrandir

Mike Hoffman

Archives, Agence-France Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE/ Certains dirigeants des Sénateurs d'Ottawa ont accepté de participer à une conférence interactive dans une salle bondée de détenteurs billets de saison, la fin de semaine dernière. Pierre Dorion était du nombre. On devine qu'en s'installant au micro, le directeur général appréhendait certaines questions.

Il était évident, par exemple, qu'un fan inquiet allait s'enquérir de l'état des négociations entourant le prolongement du contrat de Mike Hoffman.

Je n'y étais pas, mais on me dit que Dorion a offert une réponse très honnête au partisan qui s'est risqué.

Il n'a pas cherché à rassurer qui que ce soit.

Il a répondu que, quoiqu'il advienne, le numéro 68 entreprendra la prochaine saison à Kanata. Il a poursuivi en indiquant que le 68 pourra profiter de cette saison pour continuer d'améliorer certains aspects de son jeu. La suite des choses ? Eh bien, pour ce qui est de la suite, bien des choses dépendront de lui.

Cette réponse nous laisse croire que Dorion se prépare au pire.

Dans le pire des scénarios, les Sénateurs devront négocier, pour une deuxième année consécutive, les termes du contrat de Hoffman devant un arbitre indépendant.

Tous les joueurs qui sont passés par là racontent la même histoire. L'arbitrage, c'est laid. Pendant de longues minutes, votre agent vend votre salade. Il explique pourquoi vous méritez de gagner un fort salaire. Quand il a fini de plaider, il s'assoit et se tait. Vient ensuite le tour des représentants de l'équipe, qui présentent l'envers de la médaille. La stratégie consiste souvent à tenter de détruire les arguments présentés précédemment.

Au terme de cette séance, l'arbitre délibère et finit généralement par trancher la poire en deux. Il décide alors du salaire que le joueur touchera dans son prochain contrat. Les contrats décernés en arbitrage sont d'une durée d'un an.

Là où la situation pourrait devenir problématique, avec Hoffman, c'est que son statut pourrait changer à l'été 2017. Au terme de cette saison où il aura travaillé - avec l'intensité qu'il voudra bien déployer - à devenir un hockeyeur plus complet, il pourrait se prévaloir de son autonomie complète. À titre de joueur autonome sans compensation, il serait alors libre d'offrir ses services au plus offrant. Il y a fort à parier, alors, qu'un ailier de 27 ans capable de marquer entre 25 et 30 buts par saison se ferait chanter la pomme à droite et à gauche. Dans un tel lovefest, les hommes de hockey d'Ottawa qui ont été aussi rigides avec lui auraient du mal à se faire entendre.

Non. Ça ne serait pas très joli.

Hoffman et ses conseillers ont fait ce qu'ils devaient faire, mardi. Ils ont rempli la paperasse. Ils ont soumis les documents qui devraient leur permettre de se prévaloir de l'arbitrage pour une deuxième année consécutive.

À compter de maintenant, c'est lui qui tient le gros bout du bâton. Dorion dispose de quelques semaines pour jeter les bases d'un contrat qui sera satisfaisant, autant pour l'économe Eugene Melnyk que pour celui qui fut le meilleur buteur des Sénateurs au cours des deux dernières saisons.

Le sable a commencé à s'écouler dans le sablier. Chaque grain est compté.

Un ami, un gars fort raisonnable, suit le cas Hoffman avec un certain intérêt. L'ami regarde tout ça et se dit qu'on pourrait dénouer l'impasse très rapidement.

S'il contrôlait le département des opérations hockey des Sénateurs, il offrirait à Hoffman un contrat de trois ans. Il lui verserait un salaire de cinq millions $US par saison.

À défaut de faire de lui l'attaquant le mieux payé à Ottawa, Hoffman mettrait la main sur un joli pactole. Quinze millions de bidous, ce n'est pas rien. Ça vous assure une retraite dorée, quelque part, loin des tracas financiers.

Pour les Sénateurs, un contrat comme celui-là permettrait d'abord et surtout de repousser en 2020 la date où Hoffman deviendrait joueur autonome sans compensation.

Et, s'il fallait que le mariage tourne au vinaigre, l'ami souligne avec justesse que le contrat ne serait pas un trop lourd boulet.

Il a raison, dans un certain sens. Ce serait si simple...

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer