Repartir à neuf

L'espoir numéro des Sénateurs d'Ottawa devant le filet,... (Etienne Ranger, LeDroit)

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L'espoir numéro des Sénateurs d'Ottawa devant le filet, Matt O'Connor, a connu une saison très décevante l'an dernier à Binghamton.

Etienne Ranger, LeDroit

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CHRONIQUE / Dans les prochains jours, vous risquez d'entendre abondamment parler de Logan Brown. C'est prévisible. Le premier joueur sélectionné au dernier repêchage a toujours un petit quelque chose de sexy.

Les collègues qui couvrent le camp de perfectionnement estival des Sénateurs vous parleront aussi abondamment de Thomas Chabot et de Nick Paul. Ça aussi, c'est normal. Des 36 participants, le défenseur beauceron et le gros centre torontois sont ceux qui ont les meilleures chances d'entreprendre la prochaine saison dans la LNH.

C'est drôle. Cette semaine, moi, c'est Matt O'Connor qui m'intéresse. Il n'a pas le sex-appeal d'un premier choix. Il n'a même jamais été repêché.

Ses chances de jouer dans la grande ligue nous semblent bien minces cet automne. C'est une simple question de mathématiques. Craig Anderson et Andrew Hammond le devancent dans l'organigramme. Ce sont eux qui détiennent les contrats à salaire garanti de la LNH.

Le tour du grand gardien de six pieds et six pouces pourrait quand même venir plus rapidement qu'on pense. Ce jour-là, s'il n'est pas prêt à remplir le rôle qu'on lui proposera, les Sénateurs pourraient avoir de sérieux ennuis.

On a tendance à l'oublier, mais Anderson vieillit.

Même s'il conserve son air juvénile, il a fêté son 35e anniversaire de naissance le mois dernier. Il est officiellement le troisième gardien titulaire le plus âgé dans la ligue, après Roberto Luongo et Ryan Miller.

Il ne sera pas éternel. D'ailleurs, toutes ces blessures subies au cours des dernières années nous rappellent, qu'un jour, il faudra bien songer à le remplacer.

Si le Hamburglar ne parvient pas à retrouver sa baguette magique dans le fond de son sac d'équipement, s'il continue de jouer comme un gardien substitut, Pierre Dorion n'aura pas le choix de se tourner vers les espoirs.

Et l'espoir numéro un, devant le filet à Ottawa, jusqu'à nouvel ordre, ça demeure O'Connor.

Le premier problème, c'est qu'après lui, c'est assez flou. On ne peut pas dire que les autres gardiens qui poussent derrière lui dans l'organisation font saliver les dirigeants.

Le deuxième problème, le plus sérieux, c'est que le grand O'Connor n'a pas exactement connu une saison mémorable l'an dernier à Binghamton.

Il a signé sa première victoire de 5 décembre, après avoir encaissé 10 revers consécutifs. S'il est vrai qu'il a progressé dans les mois qui ont suivi, il a quand même complété son parcours avec une peu impressionnante moyenne de buts alloués de 3,31.

Certaines personnes pensent qu'il a peut-être péché par excès de confiance. Après avoir été courtisé par la moitié des clubs de la LNH à titre de joueur autonome universitaire non-repêché, l'ancien des Terriers de Boston a possiblement sous-estimé le défi qui l'attendait dans la Ligue américaine.

O'Connor jure que cette saison plus ou moins réussie fera de lui un meilleur gardien.

Je veux bien croire qu'il a changé.

Je suis allé à sa rencontre, mardi matin, il était différent. Il était, disons, moins chaleureux qu'à pareille date l'an dernier. L'élégant jeune homme qui en avait si long à raconter est devenu quasi-monosyllabique.

C'était peut-être juste une mauvaise journée. Ça arrive.

C'était peut-être ma faute, aussi. Mes questions n'étaient peut-être pas à la hauteur. Ça m'arrive.

•••

O'Connor est quand même chanceux, dans toute cette histoire. Dans son grand ménage du printemps, le directeur général Pierre Dorion a embauché un nouvel entraîneur des gardiens.

Pierre Groulx était bien plus loquace que son jeune protégé, mardi. Il m'a confirmé qu'à l'exception d'Anderson, qu'il connaît très bien, tous les gardiens qui se présenteront à lui cet automne pourront repartir à neuf.

Groulx a surtout vu O'Connor sur vidéo. Il est catégorique. Le talent est là. Sauf que le nouveau spécialiste des gardiens se dit tout aussi emballé à l'idée de travailler avec Chris Driedger, l'autre gardien de Binghamton. Il commence même à parler du « projet » que représente le Suédois Marcus Högberg.

Ça veut dire ce que ça veut dire.

O'Connor demeure le gardien d'avenir. À lui de faire ce qu'il faut pour conserver le titre.

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