Joyeuse fête des Pères... bro

La relation père-fils entre Jean et Jean-Gabriel Pageau... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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La relation père-fils entre Jean et Jean-Gabriel Pageau est aussi forte que jamais.

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / Peu de gens le savent, mais Jean-Gabriel Pageau a déjà songé à tout lâcher.

C'était au beau milieu de sa deuxième saison dans la LHJMQ. Son entraîneur, de mauvais poil, dirigeait un entraînement sans rondelle qui ne finissait plus. À un certain moment, écoeuré, Pageau a sérieusement songé à rentrer au vestiaire.

Il savait pourtant parfaitement ce que cela impliquait. « J'en avais vu d'autres partir comme ça. Ces gars-là, on ne les avait plus jamais revus », me racontait-il récemment.

Pageau a été chanceux. D'abord, son meilleur ami Philippe Halley, qui se trouvait à ses côtés sur la patinoire, l'a convaincu d'endurer le supplice jusqu'à la fin.

Par la suite, il a eu la chance inouïe de jouer dans sa ville natale. Quand il est rentré à la maison, à quelques kilomètres à peine du Centre Robert-Guertin, c'est son père, Jean, qui l'a recueilli.

« Je lui ai tout expliqué. Il m'a écouté jusqu'au bout. C'est clair qu'il m'aurait soutenu dans toutes mes décisions, mais en même temps, il se gardait bien de se ranger dans un camp ou dans l'autre. Il ne prenait pas position. »

En fin de compte, Pageau a décidé de s'accrocher. Une sage décision, quand on pense à toutes les bonnes choses que le hockey lui a apportées depuis.

« Mon père a même réussi à tourner tout ça de manière positive. Une ou deux semaines après cet épisode, il a été le premier à me faire remarquer que notre équipe ne perdait plus. Il avait raison. On avait collé plusieurs victoires. C'est lui tout craché, ça. C'est le genre de soutien que j'ai toujours reçu à la maison. »

•••

Ça se passe effectivement comme ça chez les Pageau. En fait, cette chronique aurait facilement pu être rédigée le mois dernier, à la fête des Mères. La conjointe de Jean, Ida, se démarque aussi par sa façon d'aimer et de soutenir son fils.

Elle prend le soin de lui poser les mêmes questions avant le début de chaque saison de hockey. « Aimes-tu toujours autant ça ? Joues-tu toujours pour les bonnes raisons ? »

« Elle me l'a encore demandé l'été dernier », me confie Jean-Gabriel en secouant la tête.

Le fait que son fils venait de signer un contrat de deux ans d'une valeur de 1,8 million $ US ne change rien. Le temps passe. Les valeurs familiales demeurent.

Mais c'est de la relation père-fils particulière dont j'ai envie de traiter aujourd'hui. Parce que Jean, grand sportif lui-même, n'a pas commencé à influencer de façon positive la vie du son garçon quand il était ado.

Dans les premières années de hockey mineur de son garçon, Jean Pageau était entraîneur. Ça n'a pas duré trop longtemps. Il s'est vite effacé pour suivre l'action depuis les gradins.

Ça ne veut pas dire qu'il ne s'impliquait plus. « Avant le travail, plusieurs fois par semaine, il m'emmenait au parc. J'étais un lève-tôt quand j'étais jeune. J'aimais jouer dehors, surtout quand je savais que la patinoire du parc Saint-Jean-Bosco venait d'être arrosée. On partait à six heures du matin. Il me faisait des passes. On pratiquait. »

Les Pageau avaient moins d'espace, sur la patinoire, quand ils y retournaient en fin de journée. « Il me demandait encore de lui faire des passes. Il me répétait que chaque rondelle envoyée à un coéquipier était susceptible de me revenir. C'est sans doute pourquoi j'ai appris les bases du jeu collectif plus rapidement que d'autres. »

•••

Chez les Pageau, la relation père-fils est aussi forte que jamais. Jean-Gabriel rigole quand il reçoit des textos de Jean. « Il m'appelle bro. Je suis son bro, maintenant. »

Quand il se rend à Guertin pour assister à un match de son ancien club junior, le jeune Pageau s'assure d'inviter son père.

Si un organisme caritatif invite la jeune star de la LNH à prendre part à son tournoi de golf, il y a de fortes chances qu'il accepte... À condition qu'on lui permette de traîner « le meilleur partner qui soit ».

Quand j'ai bavardé avec Jean-Gabriel, il ne connaissait pas encore ses plans pour dimanche.

Un petit match de tennis en famille, peut-être ?

« Ça se pourrait. C'est le seul sport où je ne suis toujours pas capable de battre mon père », d'avouer, avec un brin de fierté, celui qui a marqué près de 20 buts dans la meilleure ligue de hockey au monde.

Joyeuse fête des Pères, les bros.

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