Besoin d'amour

Le maire m'a m'accordé deux petites minutes de... (Patrick Woodbury, LeDroit)

Agrandir

Le maire m'a m'accordé deux petites minutes de son temps jeudi. Entre deux rencontres, il a répondu à trois questions. Au strict minimum, il a tenu à me rassurer.

Patrick Woodbury, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / À toujours courir les stades, les gymnases et les arénas, le journaliste sportif n'a pas trop souvent la chance de croiser les politiciens. Tout ce que je sais du maire Maxime Pedneaud-Jobin, ou presque, je l'ai lu dans mon journal.

Comme plusieurs, je retiens de lui ses déclarations coup de poing. Celles dans lesquelles il parle de «voix forte» et de «place à prendre» pour Gatineau à l'échelle provinciale et nationale.

C'est pourquoi un tout petit truc me chicote depuis environ un an.

Ça me trotte dans la tête depuis le jour où le conseil municipal a officiellement rejeté le projet de centre multifonctionnel, tout en fixant une date de démolition en 2018 pour le vieux Robert-Guertin. À ce moment-là, j'y voyais une sorte de paradoxe.

Comment peut-on se battre pour que Gatineau s'affirme, tout en mettant des bâtons dans les roues à une des - trop - rares institutions qui la font rayonner partout au pays?

J'ai repensé à tout ça mercredi. En lisant les propos du gouverneur Norm MacMillan dans nos pages, en écoutant le président Alain Sear sur les ondes du 104,7 FM, je me suis demandé à quel point les choses avaient avancé depuis un an.

On pourra débattre tant qu'on voudra sur le sens du mot «ultimatum».

Ceux qui ont vraiment du temps à perdre pourront continuer de se demander si les dirigeants de l'équipe en ont véritablement servi un au maire.

On peut quand même tous s'entendre qu'un sentiment commun se dégage des sorties effectuées par les deux hommes. M. Sear, tout comme M. MacMillan, a l'impression de ne pas savoir tout ce qu'il doit savoir dans ce dossier. Les deux veulent des réponses à leurs questions. Et vite, à part ça.

Le maire m'a m'accordé deux petites minutes de son temps jeudi.

Entre deux rencontres, il a répondu à trois questions.

Au strict minimum, il a tenu à me rassurer. Il a d'abord et surtout reconnu que des institutions comme les Olympiques, Gatineau «n'en a pas beaucoup».

«Dans le domaine du sport, c'est vraiment notre marque de commerce, a-t-il enchaîné. Quand on se promène à l'extérieur, tout le monde connaît les Olympiques.»

«C'est une institution. Une institution de toutes sortes de façons. C'est d'abord une institution dans le monde du hockey. Elle fait partie des grandes franchises qu'on a dans la ligue. Je dirais même au Canada.»

«Certains diront que j'exagère, mais il y a un petit quelque chose de culturel, d'identitaire là-dedans. Ça fait partie de ce qu'on est, le hockey.»

«C'est pour ça que je ne veux pas perdre les Olympiques.»

Quelqu'un qui «ne veut pas perdre quelque chose», c'est forcément quelqu'un qui «aime».

«Alors, monsieur le maire... En tenant tout cela pour acquis, comment peut-on expliquer cette sortie, ce "besoin d'amour" de la direction des Olympiques?

- Des preuves d'amour aux Olympiques, on en donne des millions chaque année. Dans le nouveau projet, nous allons encore leur en donner des millions. Le gouvernement du Québec donnera à lui seul 26,5 millions de preuves d'amour. Me semble que c'est déjà pas mal», m'a-t-il répondu.

«L'autre chose que je retiens, c'est qu'ils ne se sont pas parlé. La semaine dernière, j'ai dit à M. Sear que nous allons nous reparler dans la semaine du 20. C'est ce que nous allons faire.»

***

Dans cette dernière déclaration, il y a comme un semblant de riposte. Ainsi, selon le maire, des dirigeants des Olympiques savaient qu'on allait bientôt les éclairer. 

Si c'est le cas, quelqu'un sur la rue Carillon devrait nous expliquer le besoin de faire cette sortie médiatique.

Au moment où M. Pedneaud-Jobin discutait avec un trio de journalistes, Charles Henry rencontrait d'autres membres des médias au club de golf Tecumseh. Il a lui aussi fait état d'un malaise chez les Olympiques.

Plus le temps passe, moins tout cela sent bon.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer