Il faut être un peu fou

La quête de défis de Francis Thériault le mènera... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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La quête de défis de Francis Thériault le mènera prochainement en Norvège. Dans deux mois, il sera un des 250 braves à se trouver au départ du Norseman Xtreme Triathlon, une compétition internationale de type Ironman. Elle est généralement reconnue comme l'épreuve d'endurance la plus difficile sur la planète.

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / Vous faites partie des 40 000 sportifs du dimanche qui ont participé à une des épreuves de la Fin de semaine des courses d'Ottawa. Vous avez passé des semaines à vous entraîner. Sur le bitume, le jour venu, vous en avez sué un coup. Vous avez même fini par vous demander ce qui vous a poussé à vous inscrire.

Quatre ou cinq jours ont passé, depuis. Vous êtes déjà prêts à recommencer. Vous avez hâte à votre prochaine course.

Vous avez peut-être une chance de comprendre Francis Thériault, alors.

Le physiothérapeute gatinois de 32 ans est comme vous. Sauf que sa condition est plus grave. Bien plus grave.

Depuis le jour où il a délaissé le volley-ball pour se consacrer à la course à pied, il y a une dizaine d'années, il est constamment à la recherche du prochain défi.

Cette quête sans fin le mènera prochainement en Norvège. Dans deux mois, il sera un des 250 braves à se trouver au départ du Norseman Xtreme Triathlon, une compétition internationale de type Ironman. Elle est généralement reconnue comme l'épreuve d'endurance la plus difficile sur la planète.

Le jour de la course, à cinq heures du matin, on l'abandonnera au beau milieu d'un fjord. Sa première tâche sera de nager 3,8 km dans des eaux glacées.

Il devra ensuite rouler à vélo pendant 180 km en montagnes. On compte cinq ascensions en tout. Il paraît que la dernière n'est pas sans rappeler l'Alpe d'Huez.

Quand il déposera sa bécane, il ne lui restera plus qu'à courir 42,2 km. Les deux derniers kilomètres de son marathon, qui sont les plus difficiles, devront être courus dans une pente possédant un dénivelé de 8%.

Les hommes les plus rapides mettent un peu moins de 10 heures à franchir la distance.

Thériault a reçu son invitation officielle en novembre. Depuis, il s'est habitué. Les gens de son entourage lui ont souvent posé la même question, toute simple. «Pourquoi?»

Après l'avoir écouté, ils ont souvent le même commentaire à formuler: «T'es malade.»

Celui qui occupe un poste à l'hôpital Montfort ne s'en formalise pas trop.

«Ils me disent que je suis fou, mais les félicitations et les mots d'encouragement suivent assez rapidement.»

En quelque part, il doit bien se rendre compte qu'il n'est pas comme tout le monde.

«Moi, j'ai toujours été quelqu'un qui aime se donner des défis. Se fixer un défi et chercher des moyens de les atteindre. C'est ça, la motivation de tous les athlètes d'endurance. Moi, je veux savoir jusqu'où je peux pousser. Ce sera une expérience unique. Oui, ce sera difficile. L'eau glacée, tout le reste. Ce sera également une expérience unique. C'est une vidéo YouTube qui m'a donné la piqûre. Les paysages là-bas sont simplement à couper le souffle.»

Le Norseman lui permettra également de vivre une expérience de couple particulière.

Les organisateurs permettent à chaque participant d'être accompagné tout au long de leur parcours par un «ange gardien». Thériault a choisi sa conjointe, Caroline Leblanc. Elle le suivra de près à bord d'un 4X4 tout au long de son parcours. Elle pourra laisser le véhicule pour l'accompagner à la course dans les derniers kilomètres.

Ça ne devrait pas trop la gêner. Elle compte déjà trois marathons à son actif. Elle s'entraîne ces temps-ci pour devenir, à son tour, une super triathlète. Elle devrait prendre part à son premier demi Ironman 

L'important, qu'ils disent, c'est de trouver chaussure à son pied.

«Ça prend clairement une fille comme elle pour comprendre un gars comme moi», croit le coureur.

Francis Thériault affiche une belle confiance. À quelques semaines de l'épreuve, il est même capable de voir loin. Le Norseman porte fièrement la couronne de triathlon le plus difficile de la planète. Une couronne que visent deux autres événements présentés chaque année en Europe.

«Il y en a un en Écosse et un autre en Suisse. Si j'ai envie d'y participer? Je n'ai pas encore de famille. C'est dans les plans. Mais la petite voix de compétiteur en moi me dit de le faire. On verra bien comment ça se passe.»

Pour financer sa participation au Norseman, Francis Thériault organise un lave-o-thon ce samedi 4 juin, au Monsieur Muffler du boulevard Saint-Joseph, à Hull. Vous pourrez passer le voir à compter de neuf heures, histoire de lui dire en personne qu'il est un peu fou. Il ne sera pas offusqué.

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