Un peu comme George Harrison

Malgré toutes les blessures qui l'ont affaibli et... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Malgré toutes les blessures qui l'ont affaibli et les commentaires négatifs dont il a été la cible en fin de carrière, le défenseur Chris Phillips a joué un rôle prépondérant dans les succès des Sénateurs pendant de nombreuses années.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Il n'a jamais été particulièrement gourmand. Quand on lui a demandé comment on aimerait qu'on se souvienne de lui, durant sa conférence de presse d'adieu, Chris Phillips fut égal à lui-même. «Déjà, qu'on se souvienne de moi, tout court, ce serait génial», a-t-il répondu.

Permettez-moi d'en demander un peu plus, pour lui.

J'espère sincèrement qu'on ne conservera pas l'image du vétéran affaibli par les blessures qu'il fut en fin de parcours.

Ces dernières années, quand les partisans des Sénateurs parlaient de Phillips dans les médias sociaux, c'était souvent pour s'en plaindre. On notait chacune de ses bourdes. Les commentaires qui les suivaient étaient impitoyables. On constatait qu'il avait ralenti. On remettait souvent en question les décisions des entraîneurs qui continuaient malgré tout cela de l'utiliser à profusion.

On sera tous d'accord sur un point. Phillips a certainement tout fait pour étirer sa carrière le plus longtemps possible.

J'espère quand même que les fans n'oublieront pas qu'au sommet de sa carrière, le gentil géant originaire de Fort McMurray a joué un rôle prépondérant dans les succès de son équipe.

Quand on pense aux Sénateurs du début des années 2000, on pense d'abord à leurs attaquants d'élite. 

En défensive, on garde le souvenir d'un Zdeno Chara imposant et intimidant. Les statistiques sont là pour nous rappeler qu'en début de carrière, Wade Redden était un des quarts-arrière les plus prolifiques de toute la Ligue nationale.

Phillips? Sur la patinoire comme à l'extérieur, il n'a jamais été particulièrement flamboyant. Sur le podium, jeudi, il nous a rappelé qu'il n'a jamais cherché à se livrer en spectacle. «Je me contentais de faire ce qu'on me demandait. Je faisais tout ce qu'il fallait pour aider l'équipe à gagner.»

Et quand il était au sommet de sa carrière, les Sénateurs gagnaient très souvent.

Chara et Redden étaient deux têtes d'affiche. Ceux qui retenaient toute l'attention sur l'affiche. Un peu comme John Lennon et Paul McCartney chez les Beatles.

En respectant cette comparaison, Phillips, c'était George Harrison. Il était un joueur de grand talent, au même titre que les deux autres, sauf qu'il fallait porter une attention toute particulière pour s'en rendre compte. 

Si on ne se plaignait pas de ses gaffes, à l'époque, c'est qu'il n'en commettait à peu près pas. 

Et il pouvait passer entre 27 et 30 minutes sur la glace, chaque soir, plus souvent qu'autrement confronté aux meilleurs éléments adverses.

Sans lui, les Sénateurs n'auraient probablement jamais atteint la finale de la coupe Stanley en 2007.

Jusqu'à la fin de sa carrière, Phillips aura surtout conservé cette incroyable faculté d'élever son jeu d'un cran quand ça comptait le plus. Il réservait ses meilleures performances pour les matches disputés en avril et mai. C'était en séries, quand les blessures et la fatigue s'accumulaient, qu'il était à son mieux.

À bien y penser, si davantage de joueurs lui avaient ressemblé, les Sénateurs n'auraient peut-être pas courbé l'échine devant les Ducks d'Anaheim en 2007.

***

Je me souviens vaguement d'une conversation. Ça fait quelques années. C'était sur la route, mais je ne saurais vous dire dans quelle ville. Chris Phillips me dressait la liste de tout ce qui le tiendrait occupé au terme de sa carrière de joueur de hockey.

Je vous répète que, dans ma tête, c'est flou. Je ne me souviens plus très bien de ce qu'il m'a dit. Mais j'étais impressionné. Ça, c'est clair. Au point où je lui ai suggéré de se faire cloner.

«C'est drôle... Mes enfants sont arrivés à la même conclusion», m'avait-il répondu.

Jeudi, Phillips ne pouvait pas dire avec précision de quoi seront faites les prochaines années de sa vie. Il acceptera un nouveau mandat au sein de l'organisation des Sénateurs, mais son rôle ne semble pas encore défini. Il continuera de soutenir une quantité d'organismes caritatifs.

On présume que ses restaurants lui boufferont un peu de son temps.

«J'ai des rénovations à compléter à la maison. Faudrait bien que je m'en occupe», a-t-il dit jeudi.

Si tout va bien, il va finir par se demander comment il a bien pu trouver le temps de jouer au hockey pendant deux décennies.

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