Parler avec peu de mots

Mikaël Charland a connu Denis Piché quand ce dernier... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Mikaël Charland a connu Denis Piché quand ce dernier le dirigeait le joueur chez les Griffons du Cégep de l'Outaouais.

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / Il peut s'en dire des choses dans une franche, mais virile accolade entre deux gars de football.

Fallait par exemple voir celle entre Mikaël Charland et Denis Piché, mardi matin, dans un restaurant du secteur Hull.

Les deux hommes étaient réunis pour participer à une conférence de presse du Rouge et Noir d'Ottawa. 

Charland, c'est le prometteur espoir gatinois qui vient d'être repêché en deuxième ronde par l'équipe de son patelin. Piché, c'est l'ancien coach devenu commentateur pour le 104,7 FM.

L'amitié entre les deux hommes n'est pas nouvelle. Elle remonte à l'époque où Piché dirigeait Charland chez les Griffons du Cégep de l'Outaouais.

Avant de m'égarer, je tiens vraiment à vous parler de l'accolade. Un Piché tout souriant a ouvert les bras. Charland est venu à sa rencontre.

«Bravo. Je savais bien que tu évoluerais un jour chez les professionnels, l'gros», a semblé dire Piché en assénant à son ex-poulain deux ou trois bonnes tapes dans le dos.

«Merci. Il y a un peu de toi dans cette réussite, l'gros», a sans doute répondu poliment celui qui vient de signer son premier contrat.

Quelques minutes plus tard, Charland a pris le micro devant les journalistes, histoire de résumer un peu son parcours. Il a commencé à jouer sur le tard, alors qu'il étudiait en quatrième secondaire à la polyvalente de l'Érablière. «Au départ, les entraîneurs n'osaient pas vraiment m'utiliser parce que je n'étais pas assez bon», a-t-il rappelé.

Au collégial, Piché a donc hérité d'un joueur costaud, athlétique, doté d'un impressionnant sens du jeu. Charland était vraiment tout ça. Mais il était surtout un peu vert.

«C'était clair qu'il avait quelque chose de spécial. Dans le jargon, les joueurs comme lui, on les appelle les ball hawks. Mikaël était toujours près du ballon. Il avait le don de réussir de gros jeux. Le problème, c'est qu'il avait été formé comme demi de sûreté. Il se trouvait donc souvent assez loin de l'action. Nous avons discuté pour convenir qu'il y avait moyen de beaucoup mieux exploiter son physique et sa vitesse en l'approchant de la boîte. Nous lui avons donné un nouveau mandat. Il a été muté dans un rôle hybride, quelque part entre le secondeur et le demi défensif. Ça lui a permis de connaître deux saisons absolument incroyables. Ce fut bon pour lui... et pour nous aussi», résume l'ancien coach.

Charland relèvera son prochain défi mercredi. Il sautera sur le terrain de la Place TD avec les autres recrues du Rouge et Noir. Comme les autres, il aura quatre jours pour tenter d'impressionner la direction avant l'entrée en scène des vétérans.

À terme, dans la meilleure ligue au Canada, son directeur général Marcel Desjardins croit qu'il pourrait trouver sa place à son ancienne position et redevenir maraudeur. Il ne semble pas voir en lui un futur demi défensif. «De toute façon, avant de trouver sa place en défensive, il devra trouver une façon d'accomplir de belles choses dans les unités spéciales.»

En terminant sa courte allocution, mardi, Charland a soudainement semblé moins timide. Il a remercié Desjardins et la direction du Rouge et Noir «d'avoir pris une aussi bonne décision le jour du repêchage».

Il a réussi à balancer cette déclaration sans trop paraître arrogant.

Une autre belle façon de parler beaucoup en utilisant peu de mots.

***

La direction du Rouge et Noir s'était donné un paquet de petites raisons pour traverser le pont et tenir un point de presse à Gatineau.

Elle voulait présenter Charland et l'autre espoir francophone aux racines locales, Jason Lauzon-Séguin, aux partisans.

Elle voulait annoncer qu'elle organisera une fois de plus cette année un match simulé au stade Mont-Bleu durant le camp.

Elle tenait à nous rappeler qu'en vertu de sa nouvelle entente, le 104,7 FM diffusera tous les matches de la saison 2016. Même ceux sur la route.

La conférence de presse visait, en somme, à rappeler à la clientèle francophone qu'elle compte.

J'essaierai d'y revenir dans une prochaine chronique, parce que ces initiatives - et la démarche qui se cache derrière - valent la peine d'être soulignées.

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