Bien prendre la relève

Quiconque s'intéresse au hockey dans la province sait... (Archives LeDroit)

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Quiconque s'intéresse au hockey dans la province sait que l'Outaouais abrite l'organisation la plus titrée de l'histoire de la LHJMQ. Sur notre photo: Pat Burns, en 2004, lors d'une cérémonie en son honneur au Centre Robert-Guertin.

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CHRONIQUE / Pat Burns. Alain Vigneault. Claude Julien. Charles Henry. Benoît Groulx.

Marcel Patenaude venait de s'emparer du micro. La conférence de presse annonçant le début de son règne à titre de directeur général des Olympiques débutait à peine. Pas question pour lui de perdre son temps. D'entrée de jeu, il a choisi de saluer les légendaires personnages qui l'ont précédé au Centre Robert-Guertin.

Ce n'était pas un hasard.

Quiconque s'intéresse au hockey dans la province sait que l'Outaouais abrite l'organisation la plus titrée de l'histoire de la LHJMQ. En prenant le temps de saluer d'entrée de jeu les grands hommes qui l'ont précédé, Patenaude s'est adressé - par la bande - aux partisans qui soutiennent l'équipe depuis plus de 40 ans.

Votre histoire, je la connais. J'en ai été témoin. Je l'ai vécue. Elle m'inspire le plus grand des respects.

C'était une belle façon d'aborder les choses.

Faut dire qu'à ses débuts dans le hockey d'élite, Patenaude a très rapidement été confronté aux gars de Hull. 

Au milieu des années 1980, il était un très jeune homme. À peine plus âgé que les joueurs qu'il dirigeait à Laval. À l'époque, les plus féroces rivaux du Titan se trouvaient à la frontière de l'Ontario.

Il serait facile de s'imaginer que c'était un peu intimidant pour le kid qu'il était de regarder de l'autre côté de la patinoire, soir après soir, pour croiser le regard glacial de l'ancien policier moustachu...

Burns, après tout, c'était quelqu'un.

On connaît bien des jeunes hommes de 21, 22 ans qui n'auraient pas voulu l'affronter.

En fait, on connaît très peu de jeunes hommes qui, à 21 ou 22 ans, auraient été capables de se frotter à lui.

«J'étais quand même quelqu'un de cocky à cette époque. J'étais à ma place. Je m'imaginais déjà quelques années plus tard, à travailler dans la Ligue nationale comme entraîneur-chef», nous a-t-il raconté, jeudi matin, quand je l'ai emmené à parler de ces vieux souvenirs.

Trente ans plus tard, certaines choses ont changé. D'autres, moins.

Patenaude a très vite délaissé le coaching. Il a trouvé sa véritable vocation au «deuxième étage», dans le très vaste domaine des opérations hockey.

À défaut d'atteindre la LNH, il a réussi à se hisser parmi les hommes de hockey les plus respectés du hockey junior majeur québécois. Il n'a peut-être pas remporté des tas de championnats, mais il a néanmoins réussi à connaître du succès partout où il est passé.

Il s'est forcément amélioré, raffiné au fil du temps. Il a géré très habilement son premier contact avec la presse gatinoise. On a particulièrement savouré cette pointe destinée une fois de plus à plaire au public local. 

«J'ai posé quelques questions à Serge Haché. Y a-t-il quelque chose de spécial, dans l'eau de Gatineau, qui fait en sorte que les Olympiques aspirent au championnat année après année?»

Charmeur, va.

Au fond, Patenaude connaît la réponse aussi bien que nous. La potion magique n'existe pas. La séquence active de 32 participations consécutives aux séries éliminatoires a débuté avec l'entrée en poste de Burns, en 1984. Ce sont MM. Vigneault, Julien, Henry et Groulx qui ont tenu le flambeau bien haut dans les décennies qui ont suivi. Sans ces hommes de qualité, la franchise de Hull-Gatineau n'aurait pas remporté la coupe du Président plus souvent que toutes ses rivales du circuit Courteau.

Trente ans plus tard, c'est à lui qu'on demande de prendre la relève.

On lui souhaite d'avoir gardé un petit quelque chose du jeune homme cocky qui a fait ses débuts sur l'île Jésus il y a une trentaine d'années.

M. Henry a fait cette déclaration intéressante au sujet du nouveau directeur général à notre collègue Marc Brassard, plus tôt cette semaine. «S'il n'y a pas d'interférence et qu'on le laisse travailler, il va être correct.»

Ça veut dire ce que ça veut dire. Dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, il ne manquera pas de soutien. Des gens bien intentionnés ne manqueront pas de lui administrer des conseils.

Les bons directeurs généraux sont ceux qui se fixent de bons plans et qui ont suffisamment de cran pour continuer à les suivre, surtout dans les moments où tout le monde semble douter d'eux.

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