Le confident de Kanata

Le jeune gardien de but russe Andreï Vasilevskiy,... (Gene J. Puskar, Associated Press)

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Le jeune gardien de but russe Andreï Vasilevskiy, qui a pris la relève de Ben Bishop devant le filet du Lightning de Tampa Bay depuis que ce dernier s'est blessé, en surprend plus d'un avec ses performances. Y compris son ami et entraîneur d'Ottawa, Charles McTavish.

Gene J. Puskar, Associated Press

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CHRONIQUE / Nous avons tous pensé la même chose quand nous avons vu Ben Bishop allongé sur la glace, à se tordre de douleur comme si un de ses genoux venait d'exploser, dans le premier match de la finale de l'Association Est.

C'était comme si les Penguins venaient de mettre la main, deux semaines avant le temps, sur le trophée Prince-de-Galles.

Nous sommes tous habités du même doute, depuis. Nous avons tous vu le remplaçant de Bishop, Andreï Vasilevskiy, multiplier les arrêts spectaculaires. On se surprend même à croire que le Lightning n'est pas complètement cuit, finalement.

C'est une drôle d'histoire, mais un des plus proches confidents du jeune gardien russe vit à Ottawa. Il se nomme Charles McTavish. Il dirige sa propre école de hockey, CGD Goalies, dans l'ouest de la ville.

Comme nous tous, il est un peu surpris de la tournure des événements.

Il est cependant convaincu que son ami est capable de relever le défi.

«Ma plus grosse peur, quand je regarde ce qui se passe, c'est de voir Andreï se mettre trop de pression sur les épaules. Le succès de son équipe lui tient tellement à coeur... Ça pourrait l'affecter de manière négative. Tant que le mental va tenir le coup, le Lightning aura une chance», m'a-t-il confié, quand il a répondu à mon coup de fil, mardi matin.

Sinon, physiquement et techniquement, il est convaincu que son ami possède tous les outils pour devenir un des gardiens d'élite de la LNH.

Ce qui nous amène à poser une question cruciale. Comment un athlète originaire de Tioumen, en Sibérie de l'Ouest, peut-il aboutir dans l'écurie d'un entraîneur canadien de la relève qui n'a jamais joué au plus haut niveau?

Les deux hommes avaient une relation commune. Sasha Tysnic, un agent de joueurs qui vit dans la région de la capitale, a pris l'habitude d'inviter ses clients européens au Canada. Quand il avait 17 ans et qu'il n'était qu'un jeune espoir non-repêché, Vasilevskiy a participé à une clinique de Charles McTavish. Rapidement, les choses ont cliqué.

C'est quand même remarquable, étant donné que l'élève ne parlait pas un mot d'anglais à ce moment-là.

Heureusement, le maître était équipé d'un téléphone intelligent à ce moment-là. Google Translate peut faire bien des miracles.

«Nous n'avons pas eu à utiliser l'application trop souvent, raconte McTavish. Les gardiens ont leur propre langage. Je pouvais assez facilement mimer la plupart des choses que j'avais à dire. Je m'en remettais à mon téléphone quand j'avais besoin de traduire un mot précis. Je me souviens par exemple d'avoir traduit le mot 'ténacité' en russe. J'essayais de faire comprendre à Andreï qu'il ne devait jamais baisser les bras devant un joueur adverse.

Ce judicieux conseil lui fut fort utile, au beau milieu de la deuxième période du match numéro deux, lundi. Sa «ténacité» lui a permis de réaliser un des plus beaux arrêts des séries, avec son gant, face à Sidney Crosby.

«Au tout premier jour, nous avons tout de suite compris qu'Andreï était un type spécial. Nous avons souvent croisé des grands ados. Ces ados doivent continuer à se développer. À 17 ans, Andreï avait l'air d'un homme d'une trentaine d'années. Sa technique n'était pas parfaite, mais il avait un gros atout dans son jeu. Il était à la fois imposant et rapide. Généralement, ces deux qualités ne vont pas ensemble.»

La première rencontre McTavish-Vasilevskiy a eu lieu avant le repêchage de 2012. Depuis, l'athlète se fait un devoir de revenir faire son tour à Ottawa chaque année. Cet été, encore, il devrait passer trois ou quatre semaines à s'entraîner au centre de CGD. «Il prend toujours un peu de temps, chaque jour, pour sauter sur la patinoire avec les jeunes qui participent à nos camps d'été. C'est drôle. Dans les médias, on répète constamment à quel point il est sérieux. Dans le bon contexte, il peut être très, très drôle.»

En attendant l'été, Charles McTavish utilise son téléphone intelligent à nouveau pour communiquer avec l'élève qui s'exprime désormais très bien en anglais. «Je lui ai récemment écrit d'être lui-même. Il m'a répondu qu'il n'y a qu'un Ben Bishop. On se comprend.»

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