Le psy décorateur

Un imposant chantier attend Guy Boucher qui souhaite... (Martin Roy, LeDroit)

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Un imposant chantier attend Guy Boucher qui souhaite revoir les méthodes de travail de sa nouvelle équipe.

Martin Roy, LeDroit

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CHRONIQUE / Les entraîneurs y ont défilé à un rythme complètement fou au cours des 12 dernières années. Le vestiaire des Sénateurs au Centre Canadian Tire, durant cette période, n'a pratiquement pas changé.

Prédiction. C'est entre ces quatre murs qu'on pourra d'abord mesurer l'influence qu'aura Guy Boucher sur sa nouvelle formation.

À son arrivée à Tampa Bay, en 2010, le jeune détenteur d'une maîtrise en psychologie sportive a entrepris de redécorer les quartiers généraux des joueurs du Lightning. Il a tapissé les murs de photos des séries éliminatoires du printemps 2004 - celles où ils avaient gagné la coupe Stanley. 

À l'époque, Boucher m'a expliqué qu'il avait choisi de façon très minutieuse les clichés qu'il souhaitait mettre en valeur. Il avait retenu ceux où on voyait des joueurs se sacrifier pour la cause commune.

Lors de sa visite dans les bureaux du Droit, lundi matin, il m'a confié qu'il aimerait faire la même chose dans son nouvel environnement de travail. «C'est définitivement quelque chose qui me ressemble», a-t-il indiqué.

Vous croyez que c'est anecdotique? Accessoire? Anodin?

Ça ne l'est pas du tout.

Au contraire. Ottawa n'aura rarement vu de projets de home staging aussi importants.

«Boucher l'a répété souvent, lundi. Le principal défi de l'entraîneur d'aujourd'hui consiste selon lui à trouver des façons de «connecter» avec les athlètes milléniaux.»

Voilà une façon intelligente de parvenir à ses fins.

L'idée, c'est de les plonger dans un milieu où on leur enverra des tas de rappels plus ou moins subtils du message qui est véhiculé par la direction.

«Les entraîneurs qui multiplient les demandes aux joueurs obtiennent rarement de bons résultats», m'a-t-il expliqué, avant d'enchaîner en divisant les athlètes en trois grandes catégories. Il y a d'abord ceux qui se motivent en pensant à la tâche qu'il faut accomplir. Il y a ensuite ceux qui carburent aux émotions. Il y a enfin ceux qui réagissent de façon plus forte aux images qui leur sont présentées.

La future exposition photographique permettra sans doute à Boucher de rejoindre plus facilement ceux qui appartiennent au troisième groupe.

Ça s'inscrira dans un plus grand projet. Celui d'établir une nouvelle culture. «Une culture du mérite», spécifie-t-il.

Le contact de lundi fut bref, mais prometteur. On a envie de croire que Pierre Dorion a fait un choix judicieux. Ce nouveau coach, on a bien envie d'y croire.

•••

Vous l'ignorez peut-être, mais le tandem Dorion-Boucher était debout aux aurores, lundi.

Il était environ 6 h 30 quand ils se sont installés dans les studios de Radio-Canada Ottawa-Gatineau. Ils ont alors donné le ton à une impressionnante tournée médiatique qui leur a permis de faire assez rapidement le tour complet de la ville.

Ils en étaient à leur «septième ou huitième» entrevue du jour lorsqu'ils se sont assis avec l'équipe des sports du Droit. Il n'était pas encore 9 h 30.

Le bain public des deux francos a pris fin au Centre Canadian Tire. La conférence de presse où le nouvel entraîneur a été «officiellement» présenté à tous les représentants des médias a duré plus de 40 minutes. Il a fallu que les responsables des communications des Sénateurs mettent un terme à l'exercice. Même si la majorité des questions lui étaient dirigées, Boucher ne semblait aucunement fatigué. Il aurait continué de parler encore et encore.

La plupart des entraîneurs essaient de limiter leurs contacts avec les médias. C'est normal. Plus les entretiens sont longs, plus les risques de se mettre un pied dans la bouche augmentent.

C'est probablement le truc qui m'a le plus impressionné jusqu'à présent. Boucher a passé des heures à parler de lui, de ses idées, de sa vision, sans jamais déraper.

Il n'a jamais semblé surpris ou pris de court par une seule question. Rien ne semblait forcé ou improvisé.

Des collègues ont cherché à savoir s'il fera les choses différemment à sa deuxième tentative derrière le banc d'une formation de la LNH.

Son exil forcé aura duré trois longues années. La chose qui saute aux yeux, c'est qu'il a passé ces trois années à préparer son retour.

Il nous apparaît maintenant fin prêt.

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