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Jugé trop frêle et trop petit pour la LNH, à ses débuts, Dan Boyle a contribué à faire évoluer son sport pour le mieux.

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CHRONIQUE / Dan Boyle n'a pas trop voulu en dire trop long sur ses projets d'avenir mardi. On peut facilement s'imaginer qu'il attend simplement le bon moment pour mettre officiellement un terme à une brillante carrière.

Une carrière durant laquelle il aura surpris un peu tout le monde. Y compris lui-même.

Quand je pense au parcours de ce défenseur franco-ontarien d'Ottawa, j'ai souvenir d'une conversation téléphonique de l'été 2005. Il venait de recevoir son invitation au camp estival de Hockey Canada en prévision des Jeux olympiques de Turin.

«Alors... Comment se sent-on?

- À vrai dire, un peu mal...

- Hein? Comment ça?

- Quand Wayne Gretzky m'a passé un coup de fil, je ne l'ai pas cru tout de suite. Je me suis imaginé que c'était un canular. Un de mes amis de Kanata passe son temps à me faire des coups pendables au téléphone. Un vrai bouffon...»

Boyle a donc passé quelques minutes à demander à la Merveille d'arrêter de le niaiser.

À ce moment-là, la réaction de Boyle était un peu compréhensible.

Malgré ses 29 ans, il avait disputé tout juste quatre saisons complètes dans la LNH. Ses statistiques étaient bonnes. Il avait été un membre clé du Lightning de Tampa Bay, durant les séries éliminatoires du printemps 2004. Malgré tout cela, on parlait peu de lui.

Il restait bien quelques détracteurs, ici et là, qui le trouvaient un peu trop frêle, un peu trop petit pour la Ligue nationale.

Même s'il avait réussi à se hisser parmi les défenseurs les plus productifs du hockey professionnel, il avait un peu de mal à concevoir qu'il appartenait désormais à l'élite.

Quand je pense à Boyle, alors qu'il arrive à la croisée des chemins, je suis forcé de constater à quel point les choses ont évolué au cours de la dernière décennie.

S'il avait 20 ans de moins, il n'aurait sans doute pas à trimer si dur pour faire sa place.

S'il avait 19 ans en 2016, il aurait probablement été repêché assez tôt par une organisation qui se ficherait complètement de son petit gabarit. Dans un monde où tout le monde cherche désespérément le défenseur créatif qui saura relancer l'attaque tout en dynamisant le jeu de puissance, il serait traité comme un espoir de premier plan. On lui accorderait toutes les chances au monde d'accéder au plus haut niveau.

Si Boyle décide bel et bien d'accrocher ses patins, il complétera sa carrière au 35e rang du classement des défenseurs les plus productifs de l'histoire de la LNH. La plupart de ceux qui le devancent sont des légendes du hockey qui ont leur place au Temple de la renommée.

Il a surtout contribué à faire évoluer pour le mieux son sport. Ce faisant, il aura contribué à ouvrir des portes pour des jeunes de grand talent.

La LNH d'aujourd'hui appartient à Erik Karlsson, Drew Doughty, P.K. Subban, John Klingberg, Roman Josi, Oliver Ekman-Larsson et Kristopher Letang.

Et ce n'est pas fini. D'autres vont marcher dans leurs traces. Ça ne pourra qu'améliorer la qualité du jeu et du spectacle.

***

Ma dernière conversation avec Boyle date d'environ cinq mois. J'étais allé le saluer au terme d'un match où il avait marqué le but décisif, en tirs de barrage, au Centre Canadian Tire.

Une conversation brève, mais cordiale et respectueuse. Comme toutes les autres.

J'ai du mal à comprendre ce qui lui a pris, mardi matin, d'invectiver un columnist et un reporter du New York Post. Tout cela ne lui ressemble pas.

Je suis donc incapable de le condamner.

Depuis 15 ans, j'obéis à une règle professionnelle toute simple. Tout ce que j'écris au sujet d'un athlète, je serais capable de lui dire en le regardant en pleine face. Tout le reste, je le garde pour moi.

Au fil du temps, il y a eu quelques accrochages. Quelques regards noirs. Je n'ai cependant jamais eu affaire à un joueur qui me disait qu'il n'avait «aucun respect» pour moi.

Le plus grand défi du journaliste sportif consiste à gagner la confiance et le respect des athlètes qu'il côtoie, afin de pouvoir leur arracher des confidences et des réponses sincères qui vont plus loin que les clichés communs.

Les gars du Post devraient y réfléchir.

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