La double vie d'Henry Burris

À titre d'animateur, Henry Burris a dû interviewer... (Courtoisie, Ottawa Sports & Entertainment Group)

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À titre d'animateur, Henry Burris a dû interviewer Trevor Harris lorsque ce dernier a été embauché par le Rouge et Noir, dans le but éventuel de lui succéder.

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CHRONIQUE / Henry Burris doit être le seul athlète professionnel dans toute l'Amérique du Nord qui attend impatiemment le début de la saison... parce que ça va lui permettre d'enfin se reposer un peu.

Il a fallu négocier assez serré pour obtenir une vingtaine de minutes de son temps, en ce début de semaine. Quand je l'ai finalement rejoint, mardi après-midi, il faisait le plein d'essence dans une station-service. Il disposait de quelques minutes entre deux réunions.

Et c'était encore pire dans les dernières semaines.

Au lieu de se reposer avec un verre de pinot noir à la main, à contempler le trophée de joueur par excellence dans la Ligue canadienne de football (LCF) sur le manteau de sa cheminée, le quart-arrière du Rouge et Noir d'Ottawa a choisi de se dénicher un petit boulot dans la saison morte. Il a donc passé quelques mois à coanimer l'émission du matin CTV Morning Live Ottawa. «J'ai obtenu un baccalauréat en communications télévisuelles durant mes années à l'Université Temple. Il faut bien que ça me serve à quelque chose», me dit-il. Je l'entends sourire à l'autre bout du fil.

La vie d'un morning man de la télévision est assez exigeante comme ça. Malgré son statut de vedette du sport, Burris n'avait pas droit à un traitement de faveur. Il devait se lever à trois heures du matin, chaque jour, pour se rendre aux studios de CTV qui sont situés dans le marché By. Une fois rendu, il partageait l'antenne avec ses collègues pendant quatre heures.

La vie d'un athlète professionnel n'est pas de tout repos non plus. En quittant le boulot, à 10h, il se rendait généralement au gymnase.

Au football, dans la LCF, le quart commande le gros salaire - entre autres - parce qu'il a des responsabilités plus importantes. En quittant le gym, après la douche, Burris s'attardait souvent dans les bureaux des opérations football de la Place TD.

Burris a passé quelques mois à coanimer l'émission... (Courtoisie, Ottawa Sports & Entertainment Group) - image 2.0

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Burris a passé quelques mois à coanimer l'émission du matin CTV Morning Live Ottawa, cet été.

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Pour une troisième fois en trois ans, le Rouge et Noir misera sur un coordonnateur à l'attaque tout neuf.

Qui dit nouveau coordonnateur dit nouvelle vision et idées fraîches. Après avoir fait le beau à la télévision et avoir transpiré à grosses gouttes sur le tapis roulant, l'homme de presque 41 ans pouvait compléter ses journées avec d'intenses sessions de bourrage de crâne avec son nouveau patron, Jaime Elizondo.

Burris rentrait alors à la maison aux environs de 18h, souvent exténué.

«J'avais l'impression d'occuper deux emplois à temps complet», dit-il.

On l'écoute parler de ses responsabilités familiales, de ses déplacements dans les différents arénas de hockey mineur de la région où ses enfants jouaient, et on finit par avoir envie de lui poser une question.

À travailler si fort durant l'hiver, l'athlète vieillissant ne court-il pas le risque d'arriver au camp printanier avec le réservoir à sec?

«Je vais être correct, assure-t-il. J'ai remis ma démission à CTV au bon moment. Je continue de faire toutes les bonnes choses. Je bois et je mange uniquement des choses qui sont bonnes pour moi. Ça va bien se passer.»

Dans son rôle d'animateur de télévision, Burris a été très bon joueur. Un jour, on lui a demandé d'interviewer Trevor Harris, l'homme qui a été embauché à titre de joueur autonome dans le but éventuel de lui succéder.

Quand le camp débutera, il sera prêt à lui livrer une guerre sans merci.

***

Henry Burris a décidé de ralentir à l'approche du camp d'entraînement. Mais pas complètement.

Il planifie présentement son «All-Star Weekend». À la mi-mai, il accueillera 250 jeunes issus de quartiers défavorisés de la région d'Ottawa-Gatineau. À la Place TD, il leur permettra de vivre l'expérience d'un camp de football.

«Nous vivons dans une région très sécuritaire. Elle sera encore plus sécuritaire quand nous aurons eu la chance de tisser des liens avec tous ces jeunes», déclare-t-il.

Il serait peut-être bon de rappeler que Burris et sa famille cherchent toujours à obtenir leur citoyenneté canadienne. Ils sont coincés dans un lent processus administratif.

Notre pays a-t-il vraiment les moyens de se passer d'un homme comme lui?

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