Amertume

Dave Cameron pourra se targuer d'avoir toujours été... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

Agrandir

Dave Cameron pourra se targuer d'avoir toujours été un homme entier et honnête. Un homme d'une grande intégrité.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Durant son court séjour à la barre des Sénateurs, Dave Cameron a montré deux visages.

Quand il était de bonne humeur, il était généralement de très bonne humeur. Il fut, de loin, l'entraîneur le plus drôle que j'ai côtoyé à Ottawa. De la graine d'humoriste. Beaucoup d'auto-dérision. 

Un an plus tard, nos collègues journalistes de Montréal rient encore des blagues qu'il nous lâchait lors de ses conférences de presse durant la série contre le Canadien.

On a souvent vu Cameron de mauvais poil. Ou peut-être était-il simplement intense. Le Cameron bourru se manifestait plus souvent qu'autrement les jours de matches. Il ne servait alors à rien de lui parler. Ses réponses étaient courtes et vides.

Jeudi, lors de son tout dernier point de presse au Centre Canadian Tire, on a découvert un troisième Cameron. Pour la première fois, on l'a senti aigri.

Il n'a pas eu besoin d'en dire beaucoup. Une seule déclaration, bien sentie, nous a permis de comprendre dans quel état d'esprit il s'en va.

Il est revenu sur la très maladroite déclaration de son patron et ami de longue date Eugene Melnyk. Le 22 mars dernier, le matin d'un match contre les Capitals de Washington, le propriétaire avait déclaré que son entraîneur avait fait preuve de «stupidité» durant la saison.

«Cette déclaration m'a blessé. J'ai eu l'impression qu'on venait de me congédier trois semaines avant le temps», a réagi Cameron.

On a bien essayé de le cuisiner. De lui en faire dire davantage. Il n'a pas voulu. À un moment, il s'est contenté d'ajouter qu'il n'avait pas reparlé à M. Melnyk depuis. Il n'a pas l'intention d'initier le contact non plus.

Au fond, qu'il soit d'humeur à blaguer, d'humeur massacrante ou rongé par l'amertume, Cameron pourra se targuer d'avoir toujours été un homme entier et honnête. Un homme d'une grande intégrité.

La direction des Sénateurs ne lui aura pas laissé le temps de prouver qu'il est un grand entraîneur. Il aura quand même démontré, du premier au tout dernier jour, qu'il est un homme d'une grande classe. Un homme bon.

Nous ne pouvons lui souhaiter que de belles choses pour la suite de sa carrière.

***

Alors que cette semaine fort chargée s'achève dans le petit monde des Sénateurs, on va au moins donner ceci à Pierre Dorion. Le nouveau directeur général des Sénateurs n'a pas mis de temps à mettre ses gros chantiers de l'été en marche. Il ne niaise pas avec le puck, comme on dit.

En matière de «non-niaisage avec le puck», il s'est quand même fait voler la vedette par Les Snead.

M. Snead est le directeur général des Rams de Los Angeles dans la NFL.

En début de journée, jeudi matin, il a complété une transaction monstre, cédant pas moins de six choix au repêchage - dont ses choix de première ronde en 2016, ainsi qu'en 2017 - aux Titans du Tennessee.

Ces importants sacrifices lui ont permis d'obtenir le tout premier choix de l'encan de 2016. On présume qu'il utilisera ce choix pour mettre le grappin sur un quart-arrière autour duquel il construira son équipe.

J'étais à Los Angeles, en janvier, lorsque les dirigeants de la NFL ont confirmé que les Rams quittaient Saint-Louis pour se réinstaller sur la côte ouest. Pendant quelques jours, c'était le principal sujet de discussion partout en ville. 

Les gens semblaient sincèrement heureux de voir la ligue sportive la plus importante au pays effectuer un retour chez eux. En même temps, on avait l'impression que les Rams devront travailler pour se tailler une place de choix dans leur nouveau marché.

Los Angeles, c'est la ville des Dodgers et des Lakers. C'est aussi la ville des Trojans de USC.

Dans une ville où vivent les plus grandes vedettes du monde du divertissement, M. Snead et les autres dirigeants des Rams ont vite compris ce qu'ils devaient faire. Pour se faire vite remarquer, il leur faut une star.

On espère que le jeune homme qu'ils repêcheront aura les nerfs assez solides pour relever ce défi.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer