Le bon adjoint

Greg Carvel est drôlement bien placé pour parler... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Greg Carvel est drôlement bien placé pour parler du ce qui est réservé aux entraîneurs adjoints. Il y a cinq ans, presque jour pour jour, il a subi le même sort que Tourigny.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Il a beaucoup été question de Dave Cameron dans les dernières heures. Très peu de ses adjoints.

Pourtant, lorsque Pierre Dorion se dit attristé de montrer la porte à «des êtres humains de qualité», il tient compte qu'il a bousculé le quotidien de trois familles.

Je ne sais pas trop si André Tourigny méritait vraiment de subir le même sort que son patron et ami Cameron.

Il est débarqué l'été dernier, tout fier d'annoncer aux journalistes qu'on lui avait confié la responsabilité de l'attaque massive.

Il ne peut nier que les résultats n'ont pas été très positifs. Les Sénateurs ont présenté cette saison le cinquième pire taux d'efficacité en supériorité numérique dans la LNH.

On a récemment tenté de me convaincre que les chiffres auraient pu s'améliorer avec le temps et que Tourigny aurait pu connaître plus de succès dans un contexte plus favorable. Avec des joueurs plus réceptifs et ouverts d'esprit.

Ça se peut bien.

Une chose qui est certaine, c'est qu'il n'est pas le premier entraîneur adjoint à être emporté dans une vague. D'autres avant lui ont été limogés, alors qu'ils avaient bien peu de choses à voir avec les insuccès de leur équipe.

«Si tu tiens absolument à travailler dans la meilleure ligue au monde, c'est malheureusement le genre de chose qui risque de t'arriver», me disait Greg Carvel mercredi matin. «Souvent, dans la LNH, la façon dont tu t'acquittes de tes tâches importe peu. Ton avenir dépend généralement de la façon dont ton supérieur immédiat fait son travail.»

Carvel est drôlement bien placé pour parler. Il y a cinq ans, presque jour pour jour, il a subi le même sort que Tourigny.

C'était au printemps 2011. Les Sénateurs venaient de compléter la saison au 26e rang du classement général. Il semblait acquis que Cory Clouston perdrait son poste. Trop rigide, il avait complètement perdu le respect de ses joueurs.

Carvel? On ne pouvait rien lui reprocher. Il avait suivi Bryan Murray lorsque ce dernier avait quitté Anaheim pour se joindre aux Sénateurs, sept ans plus tôt. Depuis, il avait très bien fait son travail.

Dans la LNH, rares sont les mariages qui durent. Murray a limogé tous ses entraîneurs d'un coup.

«Ce fut un coup dur pour toute ma famille», se souvient Carvel.

«Mais, vous savez quoi? En rétrospective, ça n'a pas été la pire chose qui pouvait m'arriver.»

C'était essentiellement le message que Carvel voulait lancer, quand je l'ai contacté. Il y a bel et bien une vie après la LNH. Si Tourigny est aussi talentueux qu'on le dit, il retombera vite sur ses pattes.

Carvel est retombé sur ses pattes. Il est aujourd'hui considéré comme une des étoiles montantes du hockey universitaire américain. On commence même à parler de lui comme un futur entraîneur-chef dans la LNH.

«Je sais ce qu'on dit à mon sujet. Un jour, peut-être que ça fera partie de mes objectifs. Quand mes enfants seront grands, quand ils auront quitté le nid familial, je retournerai peut-être dans le hockey professionnel.»

Il n'a vraiment pas l'air pressé.

En quittant Ottawa, Carvel a passé quelques mois à se chercher un emploi. Il est passé près de rejoindre son vieil ami Mike Babcock à Détroit. Ce dernier a finalement confié le poste d'adjoint qui était vacant à Jeff Blashill. «Une bonne décision de sa part», convient Carvel.

Finalement, c'est au sein de son alma mater, l'Université St. Lawrence, qu'il s'est déniché du boulot. Après quatre belles saisons, un plus gros établissement est venu le chercher. À la rentrée, il sera derrière le banc des Minutemen de l'Université du Massachusetts. Il travaillera dans la conférence la plus compétitive aux États-Unis.

«Dans la LNH, les joueurs sont payés en fonction de leurs statistiques. Les entraîneurs sont payés en fonction du nombre de victoires accumulées. Cela crée forcément un déséquilibre. À l'université, les joueurs et les entraîneurs poursuivent un même but. C'est rafraîchissant et ça me fait beaucoup de bien», indique-t-il.

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