La game va changer

Le Franco-ontarien Pierre Dorion succédera à Bryan Murray... (Martin Roy, LeDroit)

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Le Franco-ontarien Pierre Dorion succédera à Bryan Murray à la tête des Sénateurs d'Ottawa.

Martin Roy, LeDroit

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CHRONIQUE / Pierre Dorion semble avoir bien compris l'ampleur de son prochain défi.

Le nouveau directeur général des Sénateurs a lui-même choisi de parler du caractère public de son nouveau poste, dimanche matin. Il a reconnu qu'il sera désormais très difficile pour lui de se fondre dans la masse quand il se déplacera dans les arénas de hockey mineur de la région pour assister aux matches de son fils.

Ailleurs, dans certaines villes de la LNH, certains de ses homologues n'ont pas ce problème.

«Bien entendu qu'il y aura de la pression. J'en suis bien conscient. Si je n'avais pas eu envie de faire face à la pression, je n'aurais eu qu'à rester chez moi.»

Il sera très intéressant de le voir gérer les premières critiques. 

Sa capacité à encaisser les critiques, sa façon de répliquer à ses détracteurs, la manière dont il gérera sa nouvelle notoriété pourraient nous en dire long sur sa capacité à bien diriger un club de hockey de la Ligue nationale.

Dorion est à l'emploi des Sénateurs depuis 2007. Au cours des neuf dernières années, il s'est acquitté avec brio de toutes les tâches qu'on lui a confiées. Son parcours jusqu'ici est presque sans tache.

Il s'est d'abord avéré un formidable évaluateur de talent.

Il a entamé son mandat de directeur de recrutement en frappant un coup de circuit. Il a convaincu Bryan Murray de sélectionner en première ronde du repêchage amateur de 2008 un défenseur suédois qui pesait à peine 150 livres.

 Huit ans plus tard, Erik Karlsson vient de compléter la saison au cinquième rang du classement des meilleurs marqueurs de la LNH.

Ce sont ses excellents coups de filet dans les rondes tardives des repêchages ont cependant constitué son plus haut fait d'armes à Ottawa.

Mark Stone, choix de sixième ronde en 2010, vient de connaître une deuxième saison consécutive de plus de 60 points.

Zack Smith, Jean-Gabriel Pageau et Mike Hoffman ont donné 73 buts aux Sénateurs en 2015-16. Smith a été repêché en troisième ronde. Pageau, en quatrième. Hoffman, en cinquième.

Dans la dernière année, avec un Murray qui sentait la retraite approcher, Dorion a pu ajouter quelques cordes à son arc.

Ça lui a permis de nous prouver qu'il a un certain potentiel à titre de négociateur, aussi.

Grâce à lui, Mika Zibanejad et Stone représentent aujourd'hui des aubaines. Ils touchent des salaires relativement modestes, qui se placent bien dans la structure salariale des Sénateurs.

Il faut cependant reconnaître que Dorion a réussi ces bons coups en travaillant dans l'ombre de son patron.

La game va changer de façon dramatique pour lui à compter de maintenant.

Toutes ses décisions seront désormais analysées, décortiquées et critiquées en temps réel sur les réseaux sociaux. Il deviendra le principal porte-parole de l'organisation ottavienne. Il devra répondre aux questions chaque fois que les choses ne se dérouleront pas comme prévu.

Les fans, les représentants des médias et les trolls d'Internet ne se gêneront pas pour lui remettre sur le nez ses bourdes.

S'il est d'une grande intelligence, l'homme de hockey franco-ontarien est aussi très émotif. Il n'a d'ailleurs pas été capable de masquer ce trait fort de sa personnalité, dimanche, en conférence de presse.

L'émotion peut parfois s'avérer bien mauvaise conseillère.

Les meilleurs directeurs généraux, comme les meilleurs chefs d'entreprise, sont ceux qui parviennent à rester calmes dans la tempête. Ou, du moins, qui sont capables de bien dissimuler la panique et la colère.

***

Dorion a l'air de comprendre qu'il a un grand allié dans cette aventure.

J'ai toujours cru que Murray a réussi à survivre pendant trois décennies dans l'impitoyable monde de la LNH parce qu'il est un fin stratège. J'ai toujours admiré son sens de la répartie. Au cours des 12 dernières années, il a toujours su quoi répondre. Il avait les journalistes locaux dans sa poche. C'était probablement la même chose avec son patron Eugene Melnyk.

«J'espère que t'es prêt à te faire déranger, Bryan. Parce que j'ai l'intention de te consulter souvent», a lancé le nouveau dg.

Sage.

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