Les pires années de Rumble

Les succès des Wildcats de Moncton passent aussi... (Martin Roy, LeDroit)

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Les succès des Wildcats de Moncton passent aussi par leur entraîneur-chef Darren Rumble.

Martin Roy, LeDroit

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CHRONIQUE / Darren Rumble connaît ça, l'adversité.

L'entraîneur-chef des Wildcats nous racontait ses vieux souvenirs du Centre Robert-Guertin, quelques heures avant le début de la deuxième ronde des séries. Il souriait, même s'il ne s'agissait pas nécessairement de souvenirs très agréables. 

En 1992, dans l'amphithéâtre du Vieux-Hull, a débuté les «deux plus difficiles années» de sa carrière de joueur. Il avait 23 ans. Il avait eu le malheur d'être repêché par les Sénateurs d'Ottawa lors du repêchage d'expansion de la LNH.

À l'aube de sa toute première campagne, la jeune franchise organisait son camp d'entraînement «de l'autre côté de la rivière». Pendant les deux années qui ont suivi, Rumble a porté l'uniforme d'une des pires équipes de l'histoire de la LNH. Il suffit de consulter sa fiche pour comprendre à quel point il a souffert. Il a disputé 139 rencontres en rouge et noir. Durant ces 139 rencontres, il a conservé un différentiel de -74.

Moins. Soixante. Quatorze.

«Je me dis que ce fut, quand même, une expérience enrichissante. Cette expérience m'a permis de m'endurcir», raconte-t-il.

C'est quand même un peu surprenant de l'entendre dire qu'il s'agit de ses «deux pires années» en carrière. Il gagnait quand même sa vie dans la LNH à l'époque. Et pour se retrouver sur la glace pour un aussi grand nombre de buts de l'adversaire, il faut d'abord passer beaucoup de temps sur la glace, point.

Au terme de son peu mémorable séjour à Ottawa, Rumble a été contraint de retourner faire ses classes dans les mineures. Pendant neuf ans, il s'est promené entre la Ligue américaine et la Ligue internationale. Il a même fait un court stage de 21 parties en Allemagne.

À 33 ans, il croyait bien qu'il avait obtenu une nouvelle opportunité de jouer dans la LNH. Pour la saison 2003-2004, John Tortorella lui avait laissé entrevoir un poste au sein de la brigade défensive chez le Lightning de Tampa Bay.

Des spasmes au dos lui ont fait rater les 12 premières parties de la saison. Durant ces 12 parties, l'équipe a subi seulement deux revers.

À son retour au jeu, il avait perdu sa place. «Le timing fait foi de tout au hockey.» Le vétéran a hérité du poste de défenseur numéro huit de son équipe. Durant toute la saison, il a disputé seulement cinq matches. Je me suis senti dans l'obligation de lui poser la question.

Voyez-vous... J'en ai côtoyé, des hockeyeurs qui sont laissés de côté par leurs entraîneurs. J'en ai vu plusieurs se mettre à bouder après cinq ou six matches consécutifs dans les gradins.

Un joueur qui garde le moral en passant une saison au grand complet dans les gradins, c'est pratiquement inconcevable.

La meilleure façon de tuer un homme... N'est-ce pas de le payer à ne rien faire?

«Je suis très fier de la façon dont je me suis comporté durant cette saison-là, réagit-il. Au terme de cette saison, bien des gens m'ont dit qu'ils avaient rarement côtoyé un aussi bon joueur d'équipe que moi. L'autre récompense que j'ai reçue, au terme de cette saison-là, c'est une belle grosse bague...»

Au printemps 2004, même s'il n'a presque pas enfilé l'uniforme une seule fois durant les séries, Rumble a fait ses adieux à la LNH en participant au défilé de la coupe Stanley dans les rues de Tampa.

Douze ans plus tard, force est de constater que son club est drôlement bien préparé. Ceux qui ont assisté au match de vendredi au Vieux-Bob l'ont vite constaté.

Les Wildcats, ce n'est pas l'équipe d'un seul joueur. Ils ont un pas pire coach aussi.

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