Le directeur général yogi

Lui-même atteint d'un cancer colorectal, le directeur général... (Patrick Woodbury, LeDroit)

Agrandir

Lui-même atteint d'un cancer colorectal, le directeur général des Sénateurs, Bryan Murray, a accepté un nouveau défi: celui de prêter son nom et sa voix à la campagne de souscription du Centre de cancérologie intégrative d'Ottawa.

Patrick Woodbury, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Bryan Murray qui fait du yoga. Il y a un petit quelque chose de franchement rigolo là-dedans.

Fermez les yeux un instant et imaginez le directeur général des Sénateurs, allongé sur son tapis d'entraînement dans la posture du poisson. 

Murray est lui-même capable d'en rire. Il rappelle qu'il a grandi en mangeant exclusivement «du steak et des patates» dans les années 1940 et 1950. Dans la résidence familiale de Shawville, il n'y avait absolument rien d'exotique.

«Je pensais que le yoga, c'était pour les filles», a lancé Murray, pince-sans-rire, aux dizaines de personnes qui s'étaient déplacées pour l'écouter, tôt mercredi matin au Centre Canadian Tire.

C'est pourtant vrai. Murray pratique le yoga. Il jure que l'ancienne discipline indienne l'aide à combattre cette foutue maladie qui le ronge.

***

Murray a décidé de prêter son nom et sa voix à la campagne de souscription du Centre de cancérologie intégrative d'Ottawa (CCIO).

L'organisme, qui est installé un peu à l'ouest du centre-ville, mène différents projets de recherche tout en offrant des soins de santé alternatifs destinés aux patients qui vivent avec le cancer.

C'est sa fille Heide qui l'a découvert en surfant sur Internet durant l'été 2014.

On devine que Heide a hérité du caractère fort et de la force de persuasion de son paternel. Elle a réussi à le convaincre d'aller cogner à sa porte, alors qu'il était réfractaire.

En plus de l'initier au yoga, les spécialistes du CCIO ont suggéré à l'homme de hockey de s'injecter un médicament fait à base d'extraits de fleurs de gui.

Murray insiste. Les traitements qui lui ont été offerts ont porté fruit. À l'été 2014, lorsque les médecins ont découvert qu'il souffrait d'un cancer colorectal de stade IV, les pronostics n'étaient pas très encourageants. On lui a fait comprendre qu'il lui restait entre deux et cinq ans à vivre. «Pour vivre cinq années de plus, je devais être chanceux», dit-il.

Le diagnostic est tombé il y a maintenant 20 mois. Murray n'a certainement pas l'air mourant. Il a repris une partie du poids qu'il a perdu initialement. Sa chevelure tient bon. Elle résiste aux nombreux traitements de chimiothérapie.

Il demeure réaliste. Il ne rêve pas d'une guérison miracle. Du bout des lèvres, il admet quand même que ses plus récents scans révèlent que la maladie ne gagne pas trop rapidement du terrain. 

Il faut que ce soit réconfortant. Mais ça, je présume qu'il n'aime pas trop en parler.

Une autre porte-parole de la campagne, Lucy Van Oldenbarneveld, nous a parlé mercredi des services de soutien psychologique et social qui sont offerts par le CCIO. Dans son propre combat contre le cancer du sein, la chef d'antenne du réseau CBC estime que les «trous noirs» dans lesquels un patient en oncologie risque de sombrer sont bien plus menaçants que n'importe quel traitement de chimiothérapie.

Murray n'a pas recours aux soins psychologiques du CCIO. Je le sais, je lui ai demandé directement. Il m'a répondu, le plus froidement possible, que les nombreux défis qu'il doit relever chaque jour dans ses fonctions professionnelles lui permettent de gagner le moral.

Le p'tit gars de Shawville qui mangeait du steak et des patates ne se cache jamais bien, bien loin.

***

Bryan Murray accepte de s'impliquer comme porte-parole du CCIO parce que ses services ne sont pas à la portée de tous. Il admet que les injections de gui lui coûtent «quelques milliers de dollars chaque mois».

Avec sa campagne, l'organisme veut amasser cinq millions de dollars. Si une partie de ces sommes peut permettre à des gens moins fortunés que lui d'obtenir des soins de qualité...

Murray a fait une confidence de plus, mercredi. Aux Fêtes, durant de courtes vacances au Colorado, il se sentait si bien qu'il a pu chausser les patins. Il se vante même d'avoir battu ses petites-filles dans un match de hockey.

Il paraît que son épouse ne l'a pas trouvée très drôle. 

Il faut dire que les gamines sont âgées de 11 et huit ans...

«Je lui ai dit que c'est comme ça, le hockey. J'ai même ajouté que j'aimerais d'ailleurs que mes joueurs adoptent une attitude comme la mienne plus souvent...»

Non. Le p'tit gars de Shawville n'est jamais loin.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer