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Dans la course au Norris, personne ou presque... (Chris O'Meara, Archives AP)

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Dans la course au Norris, personne ou presque ne parle de Kristopher Letang.

Chris O'Meara, Archives AP

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CHRONIQUE / Ça m'a frappé sur l'heure du midi, mardi. Je sortais du Centre Canadian Tire, où j'avais discuté pendant une bonne quinzaine de minutes avec le défenseur qui mérite le plus de remporter le trophée Norris cette saison.

Et le défenseur en question, ce n'est pas Erik Karlsson.

Je ne sais pas trop quand c'est devenu une course à deux.

D'un côté, il y a les admirateurs de Karlsson, qui pourrait bien devenir le premier défenseur en 30 ans à terminer parmi les cinq meilleurs marqueurs de la LNH.

De l'autre, il y a les détracteurs du capitaine des Sénateurs. Ceux qui se cachent derrière cette idée reçue selon laquelle il est pourri défensivement.

Ceux-là se rangent généralement derrière Drew Doughty. Leur argument principal? Ça fait - trop - longtemps qu'il attend son tour.

À l'occasion, pour faire différent, quelqu'un nous glisse le nom de Brent Burns. Parce qu'il a presque marqué 30 buts cette saison.

Personne ou presque ne parle de Kristopher Letang.

Je ne comprends pas. Letang non plus, ne comprend pas.

Au risque d'être taxé d'arrogance, le quart-arrière québécois estime qu'il mérite d'être considéré. Si tout le monde peut s'inviter dans le débat, il estime qu'il a lui aussi le droit de participer à la discussion.

«Tous ces gens ont droit à leur opinion. Moi aussi», a-t-il balancé.

Le Norris doit être remis au défenseur par excellence de la LNH.

Il doit donc être remis au défenseur qui a joué le plus grand rôle dans les succès de son équipe.

Les Penguins ont mis du temps à se mettre au travail, mardi soir, à Ottawa. Dans la deuxième moitié de la partie, ils ont montré leur vrai visage. On a mieux compris pourquoi ils ont remporté 13 de leurs 14 dernières parties.

Bien évidemment que le changement derrière le banc y est pour quelque chose.

Sous le nouvel entraîneur, Sidney Crosby a retrouvé ses ailes. Ça, les amateurs de hockey l'ont remarqué.

Pourtant, le joueur sur lequel Mike Sullivan s'appuie le plus, c'est Letang. En tant que défenseur numéro un, il passe près de la moitié du match sur la patinoire. Il est le joueur le plus utilisé à forces égales. Le plus utilisé en avantage numérique. Il est aussi le troisième défenseur le plus utilisé de son club en infériorité numérique.

Et il produit.

Il n'aura pas le temps d'atteindre le plateau des 80 points comme Karlsson. Il n'est quand même pas si loin derrière. S'il n'avait pas raté une dizaine de parties plus tôt cette saison pour soigner différentes blessures, il serait encore plus près.

Et pourtant, on ne parle pas de lui.

Mardi, pendant une quinzaine de minutes, Letang a fait campagne. Il ne s'est pas gêné. À ses yeux, ceux qui affirment que les prix individuels ne sont pas importants manquent un brin d'honnêteté.

«Moi, dans la vie, je vise le sommet dans tout ce que j'entreprends. C'est ainsi que j'ai été élevé.»

«Je ne te dirai pas que je vais me jeter en bas d'un pont si je ne gagne pas le Norris cette année, mais...»

Ses commentaires suintent l'orgueil et la détermination. Deux traits de caractère sans lesquels les Penguins n'auraient pas connu une aussi forte seconde moitié de saison.

Sans cette force de caractère, Letang n'aurait peut-être pas volé un but au pauvre Alex Chiasson en milieu de troisième période, mardi, quand le score était égal.

Il n'aurait pas plongé pour stopper la rondelle avant qu'elle ne franchisse la ligne des buts.

Nous n'avons pas vu la même détermination chez Karlsson, trois minutes plus tard, quand il a commis le revirement qui a mené au quatrième but des Penguins.

Je vous parlais plus tôt de ce mythe fort répandu selon lequel il est archinul en défensive.

Ce n'est pas vrai. Quand le coeur lui en dit, ce n'est pas au-dessus de ses forces. Il est capable.

Le problème, c'est qu'il n'en a pas toujours envie.

Trop souvent, il n'en a pas envie.

Avec six secondes à faire au match, Letang a passé la rondelle à Crosby. Crosby a marqué dans un filet désert. Le débat, en ce qui me concerne, est clos.

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