Plan B, plan C

On ne saura peut-être jamais si Lindsay Eastwood avait ce... (Ryan Remiorz, PC)

Agrandir

On ne saura peut-être jamais si Lindsay Eastwood avait ce qu'il fallait pour se joindre à Équipe Canada...

Ryan Remiorz, PC

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Le Championnat mondial de hockey féminin bat son plein et, cette année, il est plutôt difficile à suivre. Le tournoi se déroule à Kamloops, en Colombie-Britannique. Équipe Canada joue ses matches de ronde préliminaire en fin de soirée.

Pour cette raison, entre autres, Lindsay Eastwood suit tout ça d'un oeil distant.

La jeune femme du secteur Nepean aurait facilement pu devenir la prochaine joueuse de la capitale à percer l'équipe nationale.

En 2015, elle a pris part au Championnat mondial U18. Elle était donc sur l'écran radar de Hockey Canada. 

La génétique la favorisait à plus d'un niveau. 

Son oncle Mike a joué près de 800 parties dans la LNH.

Physiquement, elle lui ressemble un peu. Tout comme lui, elle mesure plus de six pieds.

Même si les mises en échec ne sont pas permises au hockey féminin, une défenseure plus grande et plus costaude que ses adversaires demeure un atout précieux. En plus, elle était plutôt douée avec la rondelle.

On ne saura peut-être jamais si la jeune femme avait ce qu'il fallait pour atteindre le plus haut niveau de compétition.

La génétique lui a donné un fier coup de pouce, mais le destin lui a joué un très vilain tour.

Elle était sur le point de quitter Ottawa pour se joindre à l'équipe de hockey de l'Université de Syracuse, l'été dernier. L'établissement lui avait consenti une bourse d'études complète à titre d'étudiante-athlète.

Le portrait officiel d'étudiante-athlète de Lindsay Eastwood... (Université de Syracuse) - image 2.0

Agrandir

Le portrait officiel d'étudiante-athlète de Lindsay Eastwood

Université de Syracuse

Des problèmes persistants de santé l'ont poussé à consulter des spécialistes. Elle croyait que ce n'était rien de grave. C'était grave. «Mon pire cauchemar s'est concrétisé», raconte-t-elle, au bout du fil. Des caillots sanguins s'étaient formés dans ses deux poumons.

Il n'y a 12 façons de se débarrasser de caillots et de prévenir la formation de nouveaux caillots dans l'avenir. Lindsay devra - possiblement pour le reste de ses jours - prendre des médicaments qui éclairciront son sang. 

En prenant ces médicaments, une simple mise en échec pourrait provoquer une hémorragie interne.

Elle s'accroche à de minces espoirs. Un jour, peut-être sa condition changera. En attendant, il est impossible pour elle de disputer un seul match de hockey.

***

Cette chronique n'est pas le récit d'une pauvre grande fille qui s'apitoie sur son sort. Vraiment pas.

Lindsay Eastwood était à Syracuse, mercredi, quand elle m'a raconté son histoire. Elle a de la chance dans sa malchance. L'université a quand même décidé d'honorer sa bourse d'études.

Les entraîneurs qui lui ont offert sa bourse considèrent qu'elle demeure membre de l'équipe de hockey à part entière.

«J'ai pu participer aux entraînements hors-glace tout au long de la saison. J'ai assisté aux matches. J'étais dans le vestiaire entre les périodes. Mais ce n'était pas toujours facile. J'aurais voulu en faire plus...»

Ce n'est pas non plus l'histoire d'une jeune femme qui entend jouer un rôle de spectatrice pour le reste de ses jours.

«À partir du moment où j'ai reçu mon diagnostic, je me suis mis à furieusement réfléchir. Il me fallait trouver un nouveau sport.»

Son père a trouvé une partie de sa réponse. Il a vu passer un avis d'Aviron Canada, en pleine campagne de recrutement. On cherchait spécifiquement des athlètes issus d'autres disciplines et qui mesurent au moins six pieds.

Lindsay a subi les tests d'entrée. Ses résultats ont été fort encourageants.

Elle n'a pas encore eu la chance de participer à une vraie compétition, dans un vrai bateau, sur l'eau. Il est donc tôt pour savoir si cette nouvelle discipline pour lui permettra de réaliser son rêve olympique.

Elle a un plan C.

Si tout se passe comme prévu, elle quittera Syracuse dans quelques années avec un diplôme en journalisme électronique en poche. Elle ne dirait pas non à un boulot dans la salle de rédaction de TSN.

Il n'y a pas que les athlètes, de nos jours, qui vont aux Jeux.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer