L'homme en trop

«Je fais partie des joueurs qui sont menacés... (Sean M. Haffey, Archives Getty Images/AFP)

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«Je fais partie des joueurs qui sont menacés d'un déménagement depuis maintenant six ans», a déclaré Patrick Wiercioch.

Sean M. Haffey, Archives Getty Images/AFP

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CHRONIQUE / Je regardais tous les joueurs qui s'entraînaient au Centre Canadian Tire, mardi, et je me posais une question. Combien d'entre eux comptent les jours qui les séparent de la fin de la saison?

Je ne les blâme pas tous. Même ceux qui ont connu une bonne petite saison doivent avoir hâte que ça se termine. En fait, ceux-là doivent avoir encore plus hâte que les autres de partir en vacances. Peu importe ce qui se passe à compter de maintenant ne servira plus à rien.

Et puis, mon regard s'est posé sur Patrick Wiercioch.

En voilà un qui doit avoir encore plus hâte que tous les autres que l'agonie prenne fin.

Techniquement, il est blessé. On ne sait pas trop où. On ne sait pas non plus à quel point c'est sérieux.

On sait seulement qu'il ne s'était pas entraîné avec ses coéquipiers depuis au moins une bonne semaine. On sait aussi qu'il a participé à seulement deux des 17 derniers matches de l'équipe.

Durant cette période, les Sénateurs ont consolidé leur brigade défensive pour la saison 2016-2017. Ils ont fait l'acquisition de Dion Phaneuf, ce qui a eu pour effet de cimenter le top-4. Ils ont ensuite mis sous contrat Chris Wideman. Droitier, ce dernier devrait former le troisième duo avec Mark Borowiecki.

Wiercioch, dans toute cette histoire? Il est comme nous, il ne sait pas trop.

En fait, nous on ne sait pas trop, mais il est facile de s'imaginer qu'il est l'homme en trop.

Il fallait l'écouter parler avec un certain détachement de tout ça pour comprendre qu'il est prêt à faire face à cette éventualité.

«Je fais partie des joueurs qui sont menacés d'un déménagement depuis maintenant six ans», a-t-il répondu quand je l'ai abordé dans le vestiaire.

«Ce n'est pas une situation avec laquelle je vis facilement, m'a-t-il assuré. J'ai une femme et un jeune enfant. Tout ça est fort stressant. Mais ça fait partie de notre réalité.»

«Et si jamais il y a une opportunité intéressante pour moi quelque part, je veux la saisir.»

S'il y a une opportunité à saisir, Wiercioch est sans doute conscient qu'il pourrait emprunter plusieurs chemins pour y arriver.

Il a entendu comme tout le monde les rumeurs selon lesquelles pour une deuxième année consécutive, les Sénateurs ont essayé de l'échanger à l'approche de la date limite des transactions.

Plusieurs facteurs ont possiblement miné les négociations, cette année. Le contrat de Wiercioch, par exemple.

Il touche un salaire de 2,7 millions $US cette saison et il sera joueur autonome avec compensation le 1er juillet. Au strict minimum, une formation qui voudrait retenir ses droits au-delà de cette date devrait lui soumettre une offre qualificative et s'engager à lui verser un salaire équivalent l'an prochain.

Deux virgule sept millions, c'est une somme considérable. Surtout quand on pense à la saison qu'il vient de connaître.

On entend toutes sortes d'histoires au sujet de Wiercioch depuis quelques jours. Un ami émet une théorie selon laquelle les Sénateurs pourraient lui soumettre une offre à salaire inférieur pour tenter de le retenir à Ottawa dans un rôle de défenseur numéro sept.

Je n'y crois pas. Après avoir passé quelques semaines dans le top-4 en 2015, je vois mal comment un joueur encore - relativement - jeune pourrait accepter pareil déclassement.

D'autres commencent à croire qu'on pourrait simplement remercier Wiercioch. On pourrait lui serrer la main, le remercier pour ses huit années de loyaux services et l'informer qu'on ne lui fera pas d'offre qualificative. Donc, qu'il sera libre de négocier avec l'équipe de son choix.

Quand on me présente ce scénario, je pense à la première entrevue que j'ai réalisée avec lui au camp d'entraînement. Il m'attendait à la porte du vestiaire avec le t-shirt d'Équipe Canada qu'on lui avait remis lors de sa participation au dernier Championnat mondial.

Il m'a dit qu'il portait ce chandail en attendant, que ses t-shirts d'entraînement des Sénateurs n'étaient pas encore prêts.

Je ne l'ai pas vraiment cru. J'ai toujours pensé que c'était sa façon de nous dire que, dans un bon contexte, il était capable de jouer à un très haut niveau.

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