Faites comme Stone

Les Sénateurs d'Ottawa apprécient le leadership de Mark... (Kathy Willens, AP)

Agrandir

Les Sénateurs d'Ottawa apprécient le leadership de Mark Stone. Tellement qu'ils ont décidé de coudre un «A» sur son chandail avant le match de mercredi soir, contre les Islanders de New York.

Kathy Willens, AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / On pensait bien que la conférence de presse d'après-match était finie. Il se faisait tard. Les Sénateurs devaient quitter Kanata en vitesse pour aller prendre leur avion vers Brooklyn. En plus, Dave Cameron en avait plein le casque. Il venait de nous dire qu'il n'avait plus le goût de répondre aux questions sur les déclarations controversées de son vieil ami Eugene Melnyk.

Le jeune reporter de TSN 1200, Graham Creech a risqué une dernière question depuis le fond de la salle. Coach, pouvez-nous vous expliquer votre décision de coudre un «A» sur le chandail de Mark Stone pour le match contre les Capitals?

C'est vrai. On l'avait noté, mais à travers tout ce qui s'était passé, on l'avait presque oublié.

Cameron a pris le temps de bien répondre. Vous allez vite comprendre pourquoi.

«Quand on discute de notre équipe, quand on discute de la croissance de notre équipe, on regarde forcément vers l'avenir. Chaque année, on essaie d'identifier notre groupe de leaders. On essaie aussi d'élargir ses cadres. On essaie d'y greffer de nouveaux membres.»

«Mark Stone est un membre très important de notre équipe. Mark est un joueur très responsable. Il n'est pas celui qui prend le plus de place à l'extérieur de la patinoire, mais il joue exactement comme je voudrais que toute mon équipe joue. Si seulement tous les joueurs pouvaient se comporter comme lui...»

***

Je discutais de tout ça avec mes amis Michel Langevin et Enrico Ciccone, dans leur émission de radio, mercredi matin. Je leur disais ce que j'ai répété toute la saison. Tu ne peux pas gagner dans la LNH sans un solide groupe de quatre défenseurs. Il manquait au moins un joueur capable dans le top-4 à Ottawa toute la saison. Tous les problèmes partent de là.

Un instant, m'a interrompu Cicco. La défensive, ce n'est pas juste l'affaire des défenseurs.

Les attaquants en font-ils suffisamment pour les aider?

Cicco connaît forcément un peu son affaire. Il a passé une quinzaine d'années de sa vie à patrouiller la ligne bleue dans la LHJMQ, dans la LNH et dans les mineures.

Il a sans doute raison.

Cameron a passé la saison à tenter de convaincre Mike Hoffman de travailler aussi fort et avec plus de constance dans les trois zones. Il a fini par lancer la serviette dans le cas de Shane Prince. Le directeur général a fini par échanger ce joueur, têtu, que les entraîneurs ne voulaient plus utiliser.

Bobby Ryan est capable du pire, lui aussi. 

D'ailleurs, sa nonchalance n'a-t-elle pas directement mené au premier but marqué par les Caps?

On ne peut pas demander à tous les joueurs d'être aussi efficace dans toutes les facettes du jeu que Mark Stone. Savoir lire le jeu et anticiper les actions de ses adversaires aussi bien que lui, ce n'est pas donné à tout le monde.

À force de dominer la LNH au chapitre des revirements provoqués, le numéro 61 finira par se hisser parmi les finalistes pour l'obtention du trophée Frank-Selke. Et il pourrait y demeurer pendant de nombreuses années.

À force de me répéter les mêmes choses, les nombreux entraîneurs que j'ai côtoyés jusqu'à maintenant ont cependant réussi à me convaincre d'une chose. La défensive, c'est d'abord et avant tout une affaire d'engagement. Si les autres attaquants s'inspiraient un peu plus de Stone, les Sénateurs pourraient au strict minimum se défaire de leur étiquette d'équipe qui alloue le plus de lancers dans la LNH.

***

Lorsque «Stuntman» Stu Schwartz a annoncé à ses milliers d'amis qu'il est atteint de la leucémie, je lui ai écrit un mot. J'étais intéressé à le rencontrer et à l'interviewer. J'étais curieux de voir comment on se sent quand on combat la maladie en sachant qu'on a une ville au grand complet derrière soi.

Stu ne m'a jamais répondu. Peut-être nous en veut-il toujours un peu pour toutes ces fois où nous avons écrit que les Sénateurs méritaient un annonceur-maison parfaitement bilingue. Je l'ignore.

Ça faisait quand même chaud au coeur de le voir au Centre Canadian Tire, tout souriant, avec sa femme et ses enfants. En plus, la Fondation des Sénateurs a profité de sa présence pour amasser 32 640$ pour l'hôpital d'Ottawa.

Le combat se poursuit.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer