Parlons de stupidité

Au fond, la seule véritable démonstration de stupidité... (Étienne Ranger, Archives LeDroit)

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Au fond, la seule véritable démonstration de stupidité à Kanata, mardi, fut celle du propriétaire Eugene Melnyk, qui n'a pas pris le temps de mesurer la portée de ses mots.

Étienne Ranger, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / «Stupidité» était clairement le mot du jour au Centre Canadian Tire, mardi.

C'est la faute du propriétaire des Sénateurs. Eugene Melnyk a été le premier à l'utiliser, en début de journée.

Quand toutes les caméras ont été braquées vers lui, il a déclaré que son équipe a été «rongée par la stupidité» durant cette décevante saison où elle ratera les séries éliminatoires.

J'aurais voulu l'entendre davantage sur le sujet. J'aurais aimé qu'il prenne le temps de bien expliquer cette déclaration qui sonne peut-être le glas d'un (autre) entraîneur-chef à Ottawa.

Pour illustrer son propos, Melnyk n'a donné qu'un très court exemple. Il a parlé de la fois où Dave Cameron a désigné le gardien recrue Matt O'Connor pour disputer le match inaugural à domicile, au début octobre.

Sérieusement? Une saison «rongée par la stupidité»?

Vous ne trouvez pas que le mot est un peu fort, M. Melnyk?

La stupidité, selon ce qu'on m'a enseigné, c'est une absence totale de réflexion, d'intelligence, de jugement.

Au mieux, à mon sens, la décision de ne pas utiliser Craig Anderson dans le match d'ouverture était mal avisée. On pourrait même aller jusqu'à dire qu'elle était un brin douteuse. Je persiste quand même à croire que le mot «stupide» doit être utilisé avec parcimonie. Pour côtoyer vos hommes de hockey depuis un certain temps, je peux vous affirmer qu'ils ne le sont pas.

J'ai déjà eu la chance d'écrire tout le bien que je pense de Dave Cameron dans cet espace.

En ce qui me concerne, cet honnête travailleur a fait ce qu'il a pu. Dans une LNH plus que jamais axée sur la défensive, il a été contraint de se débrouiller pendant une bonne partie de la saison avec un groupe de défenseurs sous-qualifiés.

Je réalise que je suis bien seul à penser qu'il mérite un peu plus de temps. La plupart de mes collègues ont l'air de croire qu'on lui demandera poliment de ramasser ses effets personnels et de laisser ses clés du Centre Canadian Tire avant de partir pour les vacances d'été.

Lorsque M. Melnyk a déclaré mardi matin qu'il «évaluera le dossier de chacun de ses employés» à la fin de la saison et que «personne n'est à l'abri» d'un congédiement, ils ont tous naturellement déduit que Cameron était le plus susceptible d'écoper.

M. Melnyk a ressenti le besoin de préciser sa pensée. Sur l'heure du souper, il s'est arrêté dans les studios de TSN 1200 pour prendre part à l'émission d'avant-match. Il a expliqué à l'animateur Ian Mendes qu'au fond, Bryan Murray n'est pas menacé. Qu'il pourra occuper son poste de directeur général tant et aussi longtemps qu'il le désirera.

Le propriétaire n'était pas obligé de répondre à toutes ces questions. Au départ, il était en ville pour prendre part à une conférence de presse communautaire. Il aurait facilement pu se contenter d'inviter les fans à donner leurs souvenirs des Sénateurs pour l'exposition du 25e anniversaire.

Il aurait pu attendre la fin de la saison pour dresser son bilan et brandir des menaces de congédiement. Ç'aurait été sage.

Au fond, la seule véritable démonstration de stupidité à Kanata, mardi, fut celle d'un dirigeant d'entreprise qui n'a pas pris le temps de mesurer la portée de ses mots.

Toute la journée durant, dans le petit monde des Sénateurs, il n'a été question que de ça.

Pendant ce temps, Cameron, son collaborateur et ami de longue date, essayait de préparer son équipe à se frotter la meilleure équipe de toute la LNH.

***

«La seule décision que j'ai prise, c'est de renoncer à mon projet de revenir au jeu cette saison. Pour la suite des choses, je n'ai rien décidé.»

«Ma priorité, c'est de revenir en santé. Au fond, j'aimerais surtout être capable de faire tout ce que j'ai envie de faire, dans la vie de tous les jours, avec mes enfants.»

«Je ne me souviens pas de la dernière fois où j'ai patiné mais ça fait quelques mois.»

Avec ces trois déclarations, en marge de la conférence de presse de mardi, Chris Phillips nous a fait comprendre ce qu'on devait comprendre.

Pourquoi n'a-t-il pas officiellement annoncé sa retraite?

Sans doute parce que le moment n'était pas bien choisi. Dans la vie, tout est une question de timing.

Ce n'est vraiment pas compliqué.

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