Abramov sourit toujours

« Pour tout ce qu'il a pu accomplir... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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« Pour tout ce qu'il a pu accomplir jusqu'à maintenant, Vitalii Abramov mérite un A. Un A+, même. ».

Martin Roy, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / On le voyait gros, ce Vitalii Abramov, quand il est débarqué à Gatineau vers la fin de l'été dernier.

Benoît Groulx m'avait prédit, dans une conversation à bâtons rompus, qu'il réussirait à se hisser parmi les meilleurs joueurs de la LHJMQ très rapidement. Un joueur exceptionnel, claironnait-il. « Et ce qui est extraordinaire, c'est qu'on va l'avoir avec nous pendant trois ans. »

Je l'écoutais, mais je prenais tout ce qu'il pouvait me dire avec un grain de sel. 

Je me souvenais trop bien d'une conversation similaire avec son mentor Charles Henry, une dizaine d'années plus tôt.

En 2005, M. Henry était on-ne-peut-plus-fier de sa prise au repêchage européen. Il m'avait dit que son club allait aligner un « des meilleurs joueurs de calibre junior au Canada ». Il était allé jusqu'à comparer sa recrue au grand Pavel Rosa.

Vous vous souvenez du premier choix européen des Olympiques en 2005?

Il s'appelait Ladislav Jindrich. Il était capable de jouer à l'aile gauche comme à l'aile droite.

Jindrich a joué un match - un seul! - dans le Vieux-Hull. Il a refait ses valises et on ne l'a jamais revu. Je me suis amusé à le chercher, en ce début de semaine. Je crois bien l'avoir retrouvé sur le site du HC Kohouti Ceska Trebova. Google Translate m'apprend qu'il s'agit d'un club de hockey de la Ligue régionale de Pardubice.

Sans connaître le calibre de jeu de cette ligue dite « régionale », j'imagine quelque chose qui ressemble à la Ligue nord-américaine de hockey, mais en République tchèque.

Un gros, gros « flop ». Flop avec un « F » majuscule.

Abramov, jusqu'à maintenant, a eu l'effet contraire. Pour tout ce qu'il a pu accomplir jusqu'à maintenant, il mérite un « A ». Un « A+ », même.

Dès son premier jour au camp d'entraînement, on a tôt fait de remarquer l'immense sourire sur son visage. Il venait de traverser un continent au grand complet pour atterrir dans un monde dans lequel il ne comprenait à peu près rien. Il était loin de sa famille. Loin de son monde. Il avait 17 ans.

Je veux bien croire qu'il était venu en Outaouais dans le but de se rapprocher de son rêve d'évoluer un jour dans la LNH. On lui avait sans doute parlé de la riche tradition des Olympiques et de leur importance dans le paysage du hockey junior canadien.

Il n'en demeure pas moins que, quand tu enfiles ton équipement dans l'exigu vestiaire du Centre Robert-Guertin... Tu te sens assez loin du Madison Square Garden, mettons.

Selon tout ce qu'il nous a été permis de constater, le moral d'Abramov n'a jamais flanché. Le sourire qui illuminait son visage au tout premier jour du camp ne l'a jamais quitté. C'est ce qui lui permet aujourd'hui d'être tout seul dans la course pour l'obtention du titre de recrue offensive par excellence dans la LHJMQ.

Sauf que le plus dur reste à venir.

Ramasser une centaine de points - ou presque - en saison régulière, c'est une chose. Marquer de gros buts dans un match de hockey printanier, quand les arbitres ont rangé leurs sifflets et que vous êtes devenu la principale cible de l'équipe adverse, c'est une autre paire de manches.

On vous rappelle ici que les Remparts, adversaires des Olympiques en première ronde, viennent de fracasser un record d'assistance dans la Ligue canadienne de hockey. 

Nos voisins de « l'autre » capitale nationale vont continuer de remplir les gradins de leur Centre Vidéotron en séries.

À quoi peut-on s'attendre d'Abramov, en séries, dans un environnement hostile?

C'est à peine si Groulx a levé les yeux de la feuille sur laquelle il gribouillait des notes, lundi, quand je lui ai posé la question.

« Dans notre ligue, le calibre de jeu monte constamment. Au début de la saison, il monte. Quand les joueurs repêchés reviennent des camps professionnels, il monte. Après les Fêtes et les transactions, il monte encore. Jusqu'à présent, Vitalii s'est ajusté à toutes les étapes. Les playoffs, c'est la continuité de la saison. Ce qu'on va vivre, on connaît ça. C'est une game de hockey », a-t-il répondu.

À travers tout ça, il paraît qu'Abramov continue de sourire. Pour les Olympiques, il faut que ce soit un bon signe...

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