Maxime s'en va aux «vrais» Jeux olympiques

Samedi, l'épéiste gatinois Maxime Brinck-Croteau a pu assurer... (Courtoisie)

Agrandir

Samedi, l'épéiste gatinois Maxime Brinck-Croteau a pu assurer sa place aux Jeux olympiques de Rio.

Courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Je rédige cette chronique pour vous annoncer qu'un épéiste formé en Outaouais, Maxime Brinck-Croteau, représentera le Canada lors des Jeux olympiques de Rio.

Mais d'abord, permettez-moi de vous faire une confidence.

Je viens de réaliser que je célèbre un anniversaire professionnel important. Il y a 15 ans, en mars 2001, débutait officiellement ma carrière de journaliste sportif.

J'avais obtenu ma première affectation «sur la route». Avec toute la réticence qu'il pouvait exprimer, le rédacteur en chef du Droit avait accepté de laisser partir le ti-cul immature et insouciant que j'étais à Rimouski pendant une dizaine de jours pour couvrir la finale provinciale des Jeux du Québec.

J'avais réussi à le convaincre en lui promettant que ça ne lui coûterait presque rien. Je m'étais même engagé à loger chez mes grands-parents, à Matane, à environ 125 kilomètres des principaux sites de compétition.

J'étais jeune et pas très futé. J'ai vite compris que ça ne fonctionnerait pas. Que les déplacements nocturnes sur la route 132 finiraient par me tuer.

Mais j'étais surtout jeune et orgueilleux. Pas question d'appeler le rédacteur en chef pour lui quémander de l'argent. 

J'étais enfin jeune et pas trop riche. J'avais donc déboursé, de ma poche, un gros 60$ pour me louer une chambre dans les résidences du cégep de Rimouski. Salle de bain à l'étage, literie non incluse.

Pas grave. Je n'avais pas besoin de confort. Je dormais quatre ou cinq heures par nuit et je me levais avec le soleil, trop content d'attaquer une autre journée de travail.

Je réalisais mon rêve. Dans mon coeur et dans ma tête, j'étais aux Jeux olympiques.

Quinze ans plus tard, j'y suis toujours.

***

Quinze ans plus tard, je conserve quelques souvenirs plus ou moins précis des Jeux du Québec de Rimouski. 

Je me souviens par exemple très bien de la toute première fois où j'ai vu Brinck-Croteau en action.

Il n'avait pas 15 ans et il devait concéder une bonne tête à son adversaire de la région de Bourassa dans la grande finale du tournoi individuel.

Je ne connaissais pas grand chose à l'escrime, mais j'avais été fasciné par la façon dont il avait abordé son duel.

Il avait été d'une grande patience. Il avait passé de longues minutes à se défendre. Il avait inscrit ses rares points en profitant des ouvertures que lui offrait son adversaire. La médaille d'or lui avait échappé de très peu, ce jour-là. Dans mon souvenir, il y avait eu prolongation.

«Wow. Ça fait vraiment longtemps. Mais je m'en souviens très bien», m'a lancé l'épéiste ce week-end.

Je divague, je vous raconte cette longue anecdote, alors que Maxime a une véritable raison de célébrer. Quand j'ai échangé avec lui, ce week-end, il venait d'obtenir son ticket pour les «vrais» Jeux olympiques.

Le chétif adolescent que j'ai brièvement connu en a parcouru, du chemin, depuis Rimouski.

Il a décroché un baccalauréat en génie informatique à l'Université du Québec en Outaouais. Il s'est exilé en Chine pendant quelques années, à la fois pour enseigner son sport aux jeunes et pour apprendre.

Il vit maintenant en banlieue de Toronto, mais il était à Budapest quand je lui ai parlé. En Hongrie, une compétition sanctionnée par la Fédération internationale d'escrime lui offrait sa dernière chance de se qualifier pour les JO.

À travers tous ces déplacements, il y a un ticket qu'il ne voulait pas rater. Celui qui mène à Rio.

«Je ne voulais pas manquer le train. Mais dans mon sport, même si tu te prépares autant qu'il faut, le train peut changer d'heure ou d'endroit n'importe quand», illustre-t-il.

«À chaque compétition, le classement changeait un peu et il n'y avait rien de certain.»

Maxime m'assure cependant qu'une chose n'a pas changé. Il demeure, après toutes ces années, un modèle de patience en compétition.

«C'est pas mal la clé de tout, selon moi. Si tu ne te contrôles pas, ton mariage, ta job, ton sport, tout va être très up and down. Je dois ma qualification olympique à la façon dont j'ai géré la pression. Il y a des tireurs bien meilleurs que moi qui ne se qualifient pas pour les Jeux.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer