Phaneuf, nouveau shérif dans le vestiaire

Dion Phaneuf et Erik Karlsson... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Dion Phaneuf et Erik Karlsson

Etienne Ranger, LeDroit

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CHRONIQUE/ Dave Cameron s'est penché sur son lutrin et il m'a regardé avec les yeux écarquillés. «Je vais te donner un exemple», a-t-il commencé.

Déjà, je me doutais que son histoire vaudrait la peine d'être entendue. L'entraîneur-chef des Sénateurs n'est pas trop du genre à raconter ses anecdotes devant les micros et les caméras. Surtout pas durant ses conférences de presse d'avant-match, qu'il aime courtes et le moins colorées possible.

Mais là, c'était différent. À quelques heures du match entre le Wild et les Sénateurs, il voulait nous faire comprendre à quel point Dion Phaneuf est rapidement devenu un pilier au sein de son équipe.

Il devait absolument nous raconter.

Ça s'est passé dans un récent match, mais Cameron ne se souvient plus très bien lequel. Ryan Dzingel, se tenant debout devant le filet adverse, a payé le prix. Il a reçu un tir frappé en plein sur une cheville. Il est tombé. Il n'avait pas l'intention de se relever.

Selon Cameron, Phaneuf s'est levé d'un trait sur le banc pour se vider les poumons. «RYAN! RELÈVE-TOI!»

Dzingel s'est relevé.

Le jeu s'est poursuivi un bref moment. Lorsqu'un gardien a immobilisé la rondelle dans sa mitaine, l'attaquant recrue croyait bien qu'il avait mérité le droit de retourner s'asseoir au banc.

C'est alors que Phaneuf s'est interposé pour la deuxième fois. «Ryan, que fais-tu là? Retourne sur la patinoire maintenant.»

Devant le vétéran, le gamin a obtempéré. Il est retourné sur la patinoire et il a prolongé sa présence sur la patinoire.

Cet épisode a permis à Cameron de tirer trois conclusions.

Premièrement: Dzingel était blessé, mais visiblement pas assez blessé pour abdiquer. Maintenant, il sait un peu mieux comment faire la distinction entre les deux.

Deuxièmement: il y a des messages qui passent plus facilement quand ils sont lancés par des joueurs. Il n'aurait pas osé, personnellement, hurler à son joueur blessé de se relever. Quand il travaille avec les héros du sport moderne, l'entraîneur doit constamment marcher sur des oeufs et ménager des susceptibilités.

Troisièmement: les Sénateurs n'avaient pas assez de leaders comme Dion auparavant.

Quand la transaction avec les Maple Leafs a été conclue, j'ai cru que Phaneuf serait heureux de se fondre dans la masse à Ottawa.

J'étais convaincu que toutes ces années passées sous les projecteurs à Toronto lui donneraient envie de jouer un rôle plus discret avec sa nouvelle formation.

Je me trompais.

Avant d'écouter l'anecdote de Cameron, mardi matin, j'ai passé une vingtaine de minutes à me promener dans le vestiaire. C'est Curtis Lazar qui a été le premier à me parler avec enthousiasme de son nouveau coéquipier.

Il m'a étrangement raconté une histoire similaire à celle de Dzingel. Apparemment, Phaneuf est venu lui rendre visite après qu'il eut bloqué un tir, dans le dernier mois, lui aussi. Il lui aurait demandé de cesser de grimacer.

Il en développe une habitude.

Lazar m'a dit, à mi-chemin entre l'étonnement et l'admiration, que Phaneuf a déjà réussi à se hisser au rang de principal leader dans le vestiaire.

Quand un message doit être lancé, entre deux périodes, c'est lui qui se lève.

Quand un joueur a besoin de se faire rappeler à l'ordre, c'est vers lui qu'on se tourne.

Après ma discussion avec Lazar, je me suis permis de déranger Chris Neil dans son imposant rituel d'avant-match parce que je devais comprendre. Un nouveau-venu peut-il vraiment gagner tout ce galon aussi rapidement?

«Tout-à-fait, dit-il. On avait besoin de ça. On avait besoin d'un autre gars qui est capable de se lever pour parler dans le vestiaire. On avait besoin d'un autre gars comme moi.»

Notez bien que personne ne m'a parlé de celui qui occupe le poste de leadership le plus important.

En tant que capitaine, Erik Karlsson devrait normalement être celui par qui tous les messages passent.

Peut-être fait-il partie de ceux qui ont besoin de se faire parler dans le blanc des yeux de temps à autres.

Si Phaneuf a rapidement pris la place qu'il occupe aujourd'hui, c'est peut-être qu'il y avait une vacance à combler...

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