Cameron mérite un peu de temps

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L'entraîneur-chef des Sénateurs, Dave Cameron, est entré en poste le 8 décembre 2014.

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CHRONIQUE/ La victoire contre les Maple Leafs de Toronto a fait beaucoup de bien.

Les amateurs de sport en général - et ceux de hockey en particulier - ont ceci de beau: ils ont la mémoire courte. Il suffit souvent de leur donner quelques victoires pour qu'ils oublient leurs tracas.

Dans certains cas, une seule victoire, contre un adversaire qu'ils détestent à s'en confesser peut faire la job.

Quand on connaît les fans d'Ottawa, on sait que plusieurs d'entre-eux détestent les Leafs avec plus de passion qu'ils aiment les Sénateurs.

Je me répète, donc. Cette victoire de 4-0 signée samedi a fait du bien. Elle continuera pendant quelques heures de faire du bien. Surtout à Dave Cameron.

Vous avez peut-être déjà oublié. Ça fait déjà quatre jours, après tout. Mais vendredi dernier, il faisait passablement chaud dans la cuisine de l'entraîneur-chef des Sénateurs.

Son équipe rentrait d'un voyage où elle avait subi deux revers en autant de parties. Ces revers encaissés en Caroline ainsi qu'en Floride nous ramenaient plus proche de l'évidence. La saison 2015-16 va prendre fin le samedi 9 avril prochain, à Boston. Il n'y aura pas de séries éliminatoires.

Tant qu'à faire une croix sur les séries, aussi bien commencer tout de suite à dresser notre bilan.

Et s'il faut s'attaquer au bilan, aussi bien commencer à évaluer le travail de celui qui tient le gouvernail.

J'écoutais TSN 1200, là où les experts semblent s'entendre avec les amateurs. Tous ont l'air de s'attendre à ce qu'il y ait un autre changement derrière le banc à Kanata.

Un autre changement.

Et vous savez quoi? Ce serait bien dommage.

Je l'aime bien, moi, Cameron. J'ai beaucoup de respect pour cet homme. À travers tout ce qu'il a dit et tout ce qu'il a fait depuis son entrée en poste, il a toujours projeté l'image d'un homme d'une grande intégrité. D'une grande honnêteté, aussi.

Les attentes placées envers lui lors de son entrée en poste n'étaient pas énormes. On le voyait comme un entraîneur de transition. Il relevait Paul MacLean au beau milieu d'une saison qu'on croyait déjà perdue. Il aurait cédé sa place à un autre homme plus expérimenté quelques mois plus tard.

Personne n'avait rien à redire contre Cameron durant l'improbable remontée du printemps 2015.

On le trouvait bien correct, le coach, quand les Sénateurs étaient en position de participer aux séries lors du long week-end de la Thanksgiving américaine.

Le 8 décembre dernier, on a célébré le premier anniversaire de son entrée en poste. Pour l'occasion, on a fait le calcul de tous les points que les Sénateurs avaient accumulés en 12 mois. La conclusion de nos recherches nous avait - juste un brin - étonné. Durant ses 12 premiers mois à la barre, Cameron avait permis à son équipe de conserver la cinquième meilleure fiche dans toute la LNH.

Il était bien correct, à ce moment-là, le coach.

À la mi-avril, si jamais il décide de conserver son poste, Bryan Murray fera le bilan de cette saison perdue. Il sera peut-être tenté de procéder à d'autres changements derrière le banc.

Ce serait prématuré.

Son entraîneur ne doit pas être le premier homme sacrifié. Pas cette fois.

Cameron a souvent eu les mains liées. Il était souvent contraint d'aligner trois défenseurs numéro six. Un poste important - assorti de minutes importantes - était disponible pendant une bonne partie de la saison dans son top-4. Jared Cowen et Patrick Wiercioch n'ont jamais été capables de le saisir.

L'arrivée de Dion Phaneuf a stabilisé un peu les choses. Avec le groupe de défenseurs sur lequel il mise désormais, Cameron semble enfin équipé pour faire face aux meilleures formations de la LNH.

Il reste peut-être à convaincre certains de ses soldats de jouer comme il faut. C'est ce qu'il semble s'acharner à faire. C'est ce qu'il faut comprendre, en tous cas, quand il nous dit qu'il «répète, répète, répète».

S'il échoue, dans la prochaine année, il faudra peut-être conclure qu'il n'est pas l'homme de la situation. Il mérite qu'on lui laisse un peu de temps.

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