Les dames de la radio

Shaila Anwar et Michaela Schreiter animent l'émission That's... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Shaila Anwar et Michaela Schreiter animent l'émission That's What She Said sur les ondes de TSN 1200.

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / On peut dire que le petit monde de la radio dans la région d'Ottawa-Gatineau a changé, le 28 février dernier.

Deux femmes réunies dans un même studio pour animer une émission dominicale, ça n'a rien d'inhabituel.

Que ces deux femmes aient été recrutées par une station 100% sportive pour ne parler que de hockey, en revanche, c'est une première.

Shaila Anwar et Michaela Schreiter ont été réunies presque par accident sur les ondes de TSN 1200. Il y a quelques mois, elles avaient été invitées à participer à une autre émission dans laquelle on donne la parole aux blogueurs et autres personnages influents dans les réseaux sociaux.

Elles avaient toutes les deux des affinités avec le monde des communications. Michaela écrivait des billets sur un site web destiné aux Sénateurs. Shaila a longtemps raconté, mi-blagueuse, qu'elle deviendrait la première femme issue d'une communauté culturelle à travailler comme analyste à Hockey Night in Canada.

Elles ne se connaissaient pas.

Quand elles se sont installées, face à face, il s'est produit un phénomène rare qu'on cherche tant en radio. La complicité, en ondes, c'est dur à définir. Certaines personnes l'ont. D'autres ne l'ont pas.

Shaila et Michaela l'ont. Elles pourraient jaser de hockey ensemble pendant des heures. Ça coule de source.

Quelques jours après leur premier passage sur les ondes, les dames ont été convoquées de nouveau dans les studios de TSN 1200, qui sont situés dans le marché By.

On leur a proposé un rendez-vous hebdomadaire. Elles ont tout de suite accepté. C'est ainsi que l'émission That's What She Said est née.

Si c'est bon? Je vais vous laisser vous forger votre propre opinion. Les deux premiers épisodes sont disponibles en baladodiffusion sur le site web de la station.

Je peux quand même vous dire que c'est légèrement différent de ce qu'on entend généralement sur la bande AM.

Il y a des trucs qui sautent aux yeux. Un exemple? Dans l'épisode 2, diffusé dimanche dernier, les animatrices voulaient parler des chances de participation aux séries des Sénateurs qui fondent rapidement. Elles ont évoqué la comédie romantique hollywoodienne The Princess Bride.

«Un super film! Vous devriez vraiment le regarder», m'ont-elles lancé à l'unisson quand je les ai rencontrées, lundi.

Il y a des différences un peu plus profondes et subtiles.

Quand elles abordent un sujet brûlant d'actualité, il n'est pas rare de les entendre s'interroger mutuellement. Elles s'écoutent. Elles se relancent. Elles se questionnent.

Les autres animateurs de cette station ont une approche tout aussi divertissante, mais un peu différente. Placez un micro dans une salle remplie d'hommes de hockey. Plus souvent qu'autrement, ça va devenir le concours de celui qui parle le plus fort et qui connaît le plus son affaire.

***

Un seul truc me tracassait quand on m'a parlé de That's What She Said pour la première fois. Me suis demandé à quel point on intégrait les femmes à la programmation en leur créant une tribune bien à elles?

Si elles connaissent leur affaire, qu'attend-on pour les intégrer aux nombreuses autres émissions qui meublent la grille-horaire?

C'est le directeur de la programmation de TSN 1200, John Rodenburg, qui m'a offert la meilleure réponse. Il a utilisé une analogie sportive pour me dire que Michaela et Shaila, comme toutes les recrues, sont en audition. La réaction initiale de l'auditoire a été très positive, mais c'est la pertinence de leur propos qui leur permettra de se tailler un poste à long terme dans le décor.

Pour l'instant, on ne leur a pas fait de promesse.

L'élimination hâtive des Sénateurs pourrait couper court à leur première saison, ce qui ne les empêche pas de rêver d'un retour en ondes à l'automne.

Elles rêvent, tout court.

«Un jour, dit Shaila, il y aura un blizzard. Un animateur régulier ne pourra pas se rendre à l'aréna. Les responsables de la station sauront où me trouver. Ils savent que j'ai des billets de saison. Ce soir-là, je serai prête. Je serai capable d'offrir la réplique à tous les partisans qui participeront à la tribune téléphonique dans l'émission d'après-match.»

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