Gatineau, ville de tennis?

Jusqu'à présent, le travail accompli par Mathieu Toupin... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Jusqu'à présent, le travail accompli par Mathieu Toupin et son bras droit Johanne Demers est tout simplement phénoménal.

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / C'était un mardi pas mal occupé à la Sporthèque. La première ronde du tournoi de tennis Futures battait son plein. Mathieu Toupin en avait plein les bras à s'occuper de tous les joueurs professionnels qui traînaient dans les environs. Il gardait quand même un oeil sur la télévision.

À une dizaine de kilomètres de là, en bordure de la rivière des Outaouais, l'élite mondiale du ski de fond était réunie. TVA Sports présentait les images de la première étape du Ski Tour et les images d'un parc Jacques-Cartier rempli de fans le rendaient heureux.

M. Toupin n'a rien à voir avec le ski de fond. Son dada, c'est vraiment le tennis. Il a d'ailleurs tout abandonné pour vivre de son sport, il y a quelques années.

C'est pourquoi le succès remporté par l'étape gatinoise de la Coupe du monde de ski de fond le rend optimiste. Il travaille lui aussi, depuis quelques années, à organiser des événements sportifs d'envergure dans l'Île-de-Hull.

Jusqu'à présent, le travail accompli par M. Toupin et son bras droit Johanne Demers est tout simplement phénoménal.

Le Futures en est à sa neuvième édition. C'est un beau succès hivernal. C'est aussi un événement au potentiel de croissance limité.

Le Challenger, tournoi estival qui en sera à sa troisième édition en 2016, se veut cependant intrigant.

À la blague, M. Toupin dit qu'il planifie présentement la «troisième première édition» de l'événement. Ça grossit tellement rapidement que les organisateurs doivent constamment se réinventer.

En 2014, à ses débuts, le tournoi était exclusivement féminin.

En 2015, les femmes se sont partagé des bourses totalisant 25 000$.

Pour l'an trois, le Challenger gatinois deviendra mixte. Les hommes qui reviendront cet été tenteront de repartir avec une partie des bourses qui totaliseront 75 000$. Pour la première fois, ils pourront également profiter de leur séjour en Outaouais pour engranger de précieux points sur le classement de l'ATP.

Le petit tournoi grandit vite. Si vite que ça pourrait donner le vertige.

M. Toupin et Mme Demers sont capables de voir haut et loin. 

Sauf que...

On sent le duo prudent. Ils ont récemment rencontré le maire Maxime Pedneaud-Jobin. Ils ont discuté avec la direction de Tourisme Outaouais. Ils ont eu la chance de se présenter à certains représentants du gouvernement provincial.

Ils ont vendu leur salade. Ils ont posé des questions. Ils attendent des réponses.

«Nous attendons de recevoir un signal clair de la Ville de Gatineau», me lance Mathieu.

Le site de l'école secondaire de l'Île, qui accueille le Challenger, aurait besoin d'un peu d'amour. Il y a des trucs qui sont un peu plus urgents. À commencer par l'amélioration du système d'éclairage. Pour l'instant, il n'est pas conforme aux normes internationales.

Par la suite, eh bien...

L'été dernier, quand ils pensaient à leur tournoi, les coprésidents du Challenger m'ont lancé qu'ils pourraient facilement utiliser quatre terrains supplémentaires.

En attendant l'élargissement du site, les participants devront grimper à bord de navettes pour aller s'entraîner au parc Moussette, dans quelques mois. 

Quelqu'un a récemment qualifié de «semi-corrects» les terrains de Moussette.

«Nous avons besoin de savoir si le Challenger est un événement auquel on croit, lance M. Toupin. Nous avons décidé que le ski de fond, c'est une marque de commerce. C'est bien. On semble vouloir développer le vélo comme marque de commerce aussi. Est-ce que le tennis peut aussi faire partie de cette catégorie? Je suis à l'aise de vous dire que nous présentons aux gens de la Ville un beau projet sur un plateau d'argent. Ils sont là pour nous. Ils nous ont appuyés jusqu'à maintenant. Pour la prochaine étape, nous avons besoin d'eux encore plus.»

On lui souhaite d'obtenir toute l'aide dont il a besoin.

Au-delà de la santé qui vient par la pratique du sport et de la fierté qui peut être développée dans l'implication bénévole, Gatineau a besoin d'événements comme le sien. Juste pour nous forcer à sortir de chez nous et pour nous rassembler.

Bâtir une grande ville, c'est aussi ça.

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