Toujours capable de passer le puck

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En trois saisons avec le Canadien de Montréal, Scott Gomez a marqué seulement 21 buts. Mais on pense qu'il sait toujours passer.

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CHRONIQUE/ On le pensait fini, mais Scott Gomez s'accrochait. Sans qu'on s'en rende compte, il remplissait les filets adverses dans la Ligue américaine.

En fait, pour l'amateur de hockey québécois moyen, Gomez n'était qu'un distant - et plutôt mauvais - souvenir. Pour la direction des Sénateurs, il était un problème toujours bien actuel.

Durant son court séjour de six semaines dans les mineures, plus tôt cet hiver, le vétéran s'est frotté aux Senators de Binghamton à trois reprises. Durant ces trois matches, il a inscrit pas moins de sept points.

Ne cherchez pas plus loin. C'est là que Pierre Dorion et Randy Lee l'ont remarqué. C'est là que l'idée de lui offrir un contrat d'essai a germé. J'ai parlé brièvement avec l'entraîneur-chef des B-Sens, Luke Richardson, mercredi. Ses commentaires m'ont éclairé.

Dans ses meilleures années, chez les Devils du New Jersey et les Rangers de New York, Gomez était d'abord reconnu comme un fin patineur qui pouvait transporter la rondelle d'un bout à l'autre de la patinoire. À 36 ans, la vitesse ne fait visiblement plus partie de son arsenal.

Il demeure, en revanche, un formidable passeur. C'est sans doute cette seule qualité qui lui a permis d'obtenir cette nouvelle - et possiblement dernière - chance de jouer au plus haut niveau.

Je m'explique.

La défensive des Sénateurs s'est redressée depuis l'arrivée de Dion Phaneuf. C'est maintenant l'attaque qui tire de la patte. Dave Cameron n'a qu'un trio très productif à sa disposition: celui de Jean-Gabriel Pageau, Zack Smith et Mark Stone.

Pour le reste, le coach mise tout sur Mika Zibanejad entre Bobby Ryan et Mike Hoffman. Cette combinaison ne fonctionne tout simplement pas. Zibanejad n'est pas un fabricant de jeux. Il n'est pas celui qui peut le mieux alimenter les marqueurs naturels.

Gomez comme sauveur? J'ai de grosses réserves. En fait, non. Comme tout le monde, je suis convaincu qu'il ne peut plus faire la différence.

Gomez comme solution temporaire? Comme vétéran fiable capable de donner un coup de main pendant quelques semaines? Je doute toujours, mais un peu moins. Au strict minimum, je suis capable de comprendre la logique derrière cette dernière embauche.

***

Vous connaissez sans doute le site Internet The Players' Tribune. Sinon, vous devriez vraiment aller y faire un tour.

Dans ce site, on donne la chance à des athlètes professionnels des circuits majeurs nord-américains de raconter leurs récits personnels sous la forme de chroniques journalistiques. Dans la majorité des cas, leurs récits sont fascinants et ils donnent à réfléchir.

À pareille date, l'an dernier, Scott Gomez y signait un texte. L'essentiel du message qu'il voulait y livrer tenait dans le titre: Not Done.

Traduction libre (si c'est vraiment nécessaire): Je ne suis pas fini.

Il ne sera certainement pas le dernier joueur à s'accrocher à son rêve, à jouer jusqu'à ce qu'on le pousse vers la porte de sortie.

Dans ce texte, Gomez revient sur l'année entière durant laquelle il n'a pas été foutu de marquer dans l'uniforme du Canadien de Montréal.

C'est drôle. Ça s'est passé il y a cinq ans. C'est donc assez récent. Ce triste épisode m'avait pratiquement sorti de la tête.

Gomez parle des partisans qui portaient des sombreros dans les gradins du Centre Bell et qui lui chantaient «bonne fête» à l'approche de l'anniversaire de son dernier but.

Confession intéressante. Il pouvait endurer les moqueries des partisans. Il pouvait même les comprendre. Il avait plus de mal à gérer la sympathie de ses proches, qui semblaient croire que le pire malheur l'avait frappé.

Mais, sérieusement... Des partisans du CH ont vraiment porté des sombreros au Centre Bell pour aller se foutre de la gueule d'un joueur aux racines mexicaines?

C'était vraiment nécessaire?

 

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