La fillette qui voulait patiner vite

Les Concordes ont profité du passage éclair d'Ivanie... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Les Concordes ont profité du passage éclair d'Ivanie Blondin dans la région pour lui organiser une petite fête.

Etienne Ranger, LeDroit

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CHRONIQUE / Les responsables du programme d'initiation au patinage CanSkate, à Gloucester, se souviennent d'un petit bout de femme de trois ans et demi.

Quand elle se tenait debout, immobile, sur ses patins de cuir blanc, la petite Ivanie Blondin ressemblait à une émule d'Elizabeth Manley.

La comparaison avec la médaillée olympique en patinage artistique s'arrêtait cependant là. Le gros problème, avec la petite Ivanie, c'est qu'il était pratiquement impossible de la convaincre de rester tranquille.

Quand elle sautait sur la glace, c'était pour patiner. Patiner tout le temps. Le plus vite possible.

«Elle avait toujours un gros sourire quand elle chaussait les patins. On voyait tout de suite qu'elle avait une véritable passion pour le patin», raconte Nathalie Roy.

«La vitesse, c'était clairement son élément», renchérit Sheilagh McCaskill.

En plus de s'occuper de CanSkate, Mmes Roy et McCaskill sont aussi enseignantes au club de patinage de Gloucester. Au milieu des années 1990, elles ont vite compris que la petite Ivanie n'était pas à sa place auprès d'elles. Elles ont alors fait ce qui s'imposait. Elles ont suggéré à ses parents d'aller voir ce qui se passait sur la patinoire voisine, au club de patinage de vitesse les Concordes.

Les deux vieilles complices avaient un fun noir à me raconter cette histoire, mercredi soir. Faut dire que l'occasion était belle. La petite Ivanie, devenue grande, était de retour à l'aréna où elle a donné ses premiers coups de patin.

Les Concordes ont profité de son passage éclair dans la région pour lui organiser une petite fête.

C'était un truc intime. Familial, même. Il y avait des petits gâteaux et du jus en boîte sur une table dans un corridor. On avait accroché une ou deux banderoles faites à la main.

Il y avait peut-être une trentaine d'invités.

Une belle façon de fêter la nouvelle championne du monde sur longue piste au départ groupé.

***

Dans le petit groupe d'une trentaine d'amis qui avaient bravé la pluie et le froid, il y avait l'entraîneur-chef des Concordes. Michel Rivet se souvient lui aussi de la petite boule d'énergie qui patinait vite et qui patinait tout le temps.

«Se débarrasser d'Ivanie, c'est la meilleure chose que les dames du patinage artistique pouvaient faire», ricane-t-il.

Il garde le souvenir d'une jeune athlète «à la tête dure».

«Non. Je ne devrais pas dire qu'elle avait la tête dure. Elle était fixée. Déterminée. Dire de quelqu'un qu'il a la tête dure, ça semble négatif», se reprend-t-il.

Peut-être. Sauf que, généralement, les gens qui sont déterminés sont têtus. Et vice-versa. On imagine qu'on peut difficilement devenir champion du monde sans combiner ces deux traits de caractère, M. Rivet.

***

J'ai appris un dernier truc en passant une partie de la soirée avec les Concordes.

Les braves bénévoles qui ont fondé le club, il y a un quart de siècle, ne manquaient certainement pas d'ambition.

Dès le départ, ils se sont fixé une série d'objectifs qu'ils voulaient atteindre.

Il y en avait des faciles, comme donner le goût des sports de glace aux jeunes garçons et filles de l'est d'Ottawa.

Il y en avait des moins évidents. Genre, élever un futur champion du monde.

Ce n'est pas une blague. Dans les assemblées de fondation de ce nouveau club, il y avait bel et bien un illuminé, quelque part, qui rêvait de voir grandir un patineur qui gravirait les échelons jusqu'à remporter un titre mondial. Et qui en parlait ouvertement.

Vous savez pourquoi on aime le sport? Parce que dans le monde du sport, une fois de temps en temps, les gens qui osent rêver et qui mettent les efforts nécessaires sont récompensés.

L'histoire ne dit pas si les rêveurs de Gloucester parlaient aussi de médailles olympiques.

L'épreuve du départ groupé va faire son apparition aux Jeux de Pyeongchang, en 2018.

La grande Ivanie est toujours aussi motivée. Elle est toujours animée par cette envie de patiner vite, tout le temps.

La grande famille des Concordes a certainement le droit de rêver.

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