Neil veut rester

CHRONIQUE / L'ambiance était plutôt détendue, lundi matin, au Centre Canadian... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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CHRONIQUE / L'ambiance était plutôt détendue, lundi matin, au Centre Canadian Tire.

C'est vrai que les Sénateurs ont gagné leurs trois derniers matches. Les joueurs de hockey ne sont généralement pas bien compliqués. La victoire suffit souvent à régler presque tous leurs problèmes.

En plus, l'équipe préparait ses bagages pour la traversée annuelle de l'Ouest canadien. Dans la LNH, on aborde un peu les longs voyages comme la relâche scolaire. Dans les heures qui précèdent le départ, il y a toujours un peu de fébrilité dans l'air.

Les joueurs ne réalisent peut-être pas combien le retour à la maison pourrait être brutal. Mettons ça au pire. Trois revers à Edmonton, Vancouver et Calgary pourraient les sortir complètement de la course aux séries. Trois revers pourraient pousser le directeur général Bryan Murray à se placer dans une position de vendeur à la date limite des transactions.

Certains joueurs pourraient alors revenir au CCT juste assez longtemps pour ramasser leurs effets personnels et s'en retourner à l'aéroport.

C'est pourquoi j'ai eu envie de m'entretenir avec Chris Neil avant son départ.

Le vieil homme fort se retrouve en territoire connu.

Il écoule la dernière année de son contrat. Il pourrait donc, techniquement, devenir joueur autonome sans compensation le 1er juillet prochain.

Il pourrait donc devenir un joueur de location.

Sa valeur ne serait pas optimale. À son âge, avec tout son kilométrage accumulé, il ne peut être autre chose qu'un 12e attaquant. Mais il peut jouer ce rôle à la perfection. 

Pour certains clubs de pointe qui désirent améliorer leur quatrième trio, Neil pourrait être un joueur à cibler.

Comme je disais, Neil se trouve en territoire connu. À deux occasions, au moins, il s'est retrouvé dans une position où il pouvait changer d'adresse à la date limite des transactions.

Plus jeune, il était catégorique. Pas question pour moi de gagner ailleurs qu'à Ottawa, répétait-il.

Il me regardait d'ailleurs avec un air incrédule lorsque je lui ai demandé si les choses avaient changé.

«D'abord, je dois te dire que je suis un peu surpris parce que tu es le premier à m'en parler cette année. Dans le passé, quand la situation s'est présentée, vous m'avez questionné beaucoup plus tôt», m'a-t-il lancé.

Et puis?

«Non. Ça ne change pas. C'est à Ottawa que je veux gagner la coupe. Je veux rester ici et je crois que je peux contribuer aux succès de mon équipe pendant un bon bout de temps encore.»

Je veux bien, Chris, mais ne vois-tu pas ce que je veux dire? Raymond Bourque aimait les Bruins autant que tu aimes les Sénateurs. Ça ne l'a pas empêché d'aller gagner une coupe avec l'Avalanche. Ryan Smyth pleurait comme un bébé quand les Oilers l'ont sacrifié. Il s'estimait quand même chanceux, dans un sens, de quitter un club qui n'avançait pas. Un bref exil a permis à Antoine Vermette de rapporter une bague de champion à Phoenix l'automne dernier.

Des histoires comme celles-là, il y en a des tonnes dans la LNH.

«Je crois qu'on peut toujours remonter la pente, cette saison. J'espère que les autres y croient autant que moi. Nous partons de loin, mais nous pouvons y arriver», m'a-t-il répondu.

Neil a enchaîné en me disant qu'il ne contrôle pas grand-chose, de toute façon. Le directeur général échange bien les joueurs qu'il choisit. Les joueurs n'ont pas le choix d'obtempérer.

Ce fut mon tour de lui lancer un regard incrédule. À ton âge, avec ton expérience, ton contrat doit bien contenir une quelconque clause de non-échange. Tu dois bien contrôler - au moins partiellement - la situation.

«Faudrait que tu parles à mon agent. Moi, je n'en ai aucune idée», m'a-t-il répondu.

Il était parfaitement sérieux.

J'ai pris le temps de vérifier auprès de l'agent. Les Sénateurs devraient obligatoirement consulter Neil avant de l'échanger.

Il a donc son mot à dire.

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