Pauvre P.K.

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Le défenseur P.K. Subban n'évolue pas dans un marché facile chez le Canadien de Montréal.

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CHRONIQUE / Il y a des jours où Erik Karlsson doit se lever du mauvais pied. Comme tout le monde.

Il y a certainement des jours où Karlsson a envie de se plaindre de son sort. Comme tout le monde.

Ces jours-là, le capitaine des Sénateurs devrait prendre cinq minutes pour ouvrir les pages d'un quotidien montréalais.

Ou se brancher sur la station anglophone sportive de la métropole, TSN 690.

Ou simplement taper le mot-clic #Subban sur Twitter. Ça devrait suffire à lui remonter le moral.

Pauvre P.K.

J'écris ces mots avec toute la compassion que je suis capable de ressentir.

Pauvre P.K.

Tous les défenseurs offensifs commettent des bourdes. C'est inévitable.

Rares sont ceux qui se font remettre leurs bourdes sur le nez par leur entraîneur, quand ce dernier cuve sa frustration devant les caméras de télévision après un revers. Quand le collègue Louis Jean, de TVA Sports, a lancé vendredi matin sur les réseaux sociaux que le Canadien tentait de déterminer sa valeur sur le marché des transactions, j'ai pensé à Karlsson. À la chance qu'il a d'avoir atterri 250 kilomètres à l'ouest du Centre Bell pour entreprendre sa carrière dans la LNH.

À Kanata, la vie semble bien plus facile. La star suédoise n'était pas dans le vestiaire des Sénateurs, en fin de matinée, quand les journalistes y ont eu accès. Contrairement à ses prédécesseurs Daniel Alfredsson et Jason Spezza, il ne se fait pas un devoir de répondre chaque jour aux questions des médias.

Bobby Ryan, en revanche, traînait devant son casier.

«Question pour toi, Bobby. Jouer au hockey dans un marché canadien... C'est aussi traumatisant qu'on le dit?

- Du tout. Pas ici, en tous cas. Le traitement des médias est juste correct. Ottawa, c'est un marché canadien, mais c'est un tout petit marché canadien. Je n'ai jamais ressenti le besoin de me cacher. On m'a raconté des histoires d'horreur quand j'étais plus jeune. Je comprends aujourd'hui que ces histoires se vivent dans d'autres villes.»

Parenthèse. Il est intelligent, ce Bobby. Il a tout de suite compris où je voulais en venir.

«Tu dois avoir de la compassion pour Subban, toi aussi, en ce moment.

- Notre situation est complètement différente. La situation de Karl est complètement différente. Même s'il est le personnage central de notre organisation, il n'a pas à subir le même traitement. Ici, le hockey n'est pas au coeur de tout ce qu'on fait. Les gens ont d'autres centres d'intérêt.

- Tu as eu la chance de jouer une saison complète à Ottawa avant de prendre la décision de t'engager à long terme ou non avec les Sénateurs. As-tu utilisé cette année pour te familiariser avec le milieu?

- Exactement. Tu te souviens peut-être que j'avais connu une première saison en deux temps. J'avais connu un excellent départ. J'avais ensuite essayé de jouer avec une hernie sportive. Ma production avait beaucoup diminué. Quand j'ai vu à quel point le traitement qui m'était réservé était correct, j'étais mort de rire. Je me suis dit que j'étais tombé au bon endroit. Les fans sont excellents. Les représentants des médias n'essaient pas de nous écraser comme ceux d'autres villes. J'ai vite compris à quel point j'étais chanceux.

- Tes coéquipiers... Ils le réalisent aussi?

- C'est drôle. J'en parlais récemment avec Clarke MacArthur. Il a passé quelques saisons à Toronto. Il dit qu'il a vécu là-bas des situations qu'il ne souhaiterait pas à son pire ennemi.»

Sur ces paroles, Bobby s'est excusé. Il avait rendez-vous au banc des joueurs avec deux gamins du coin qui voulaient lui présenter leur chiot.

Une matinée comme les autres à l'ouest de la capitale.

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