Bien moins drôle vu de l'intérieur...

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Le Franco-Ontarien William Bitten est le meilleur marqueur des Firebirds. Il est aussi considéré par plusieurs comme un espoir de première - ou deuxième - ronde en prévision du prochain repêchage de la LNH.

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CHRONIQUE / Partout, dans le monde du hockey, on se bidonne en suivant la triste saga des Firebirds de Flint.

Le propriétaire de cette moribonde formation de la Ligue junior de l'Ontario a réussi un tour de force. Il a congédié les mêmes entraîneurs deux fois dans la même saison. En novembre, Rolf Nilsen a montré la porte à John Gruden ainsi qu'à son adjoint Dave Karpa. On se souvient surtout de la réaction des joueurs. Ils s'étaient présentés dans son bureau pour démissionner en bloc. Sous pression, Nilsen avait cédé. Il avait ré-embauché les deux hommes. Il leur avait même accordé des prolongations de contrat d'une durée de trois ans.

Gruden et Karpa sont finalement restés à l'emploi du club pendant trois... mois. Ils ont été limogés une fois de plus mercredi.

Depuis, les blagues et les commentaires acerbes fusent. L'incompétence des autres peut être divertissante. Surtout quand elle ne nous fait pas souffrir personnellement. À Flint, ça semble beaucoup moins drôle vu de l'intérieur.

William Bitten, un Franco-Ontarien de Gloucester, est le meilleur marqueur des Firebirds. Il est aussi considéré par plusieurs comme un espoir de première - ou deuxième - ronde en prévision du prochain repêchage de la LNH.

Les conflits internes qui rongent l'organisation l'affectent au point où son père, Mike, a décidé de s'en mêler. Par le truchement du magazine The Hockey News, mercredi, il a imploré le commissaire de la LHOntario David Branch de prendre le contrôle de la franchise.

L'expulsion du propriétaire et de sa garde rapprochée constituait pour lui la seule façon de protéger son fils et ses coéquipiers.

Il a partiellement eu gain de cause. Branch a suspendu temporairement Nilsen, jeudi.

Une question qui me brûlait quand même les lèvres quand j'ai réussi à joindre M. Bitten.

Avez-vous pris le temps de mesurer la portée de vos gestes?

Dans l'antichambre de la LNH, on traite les adolescents comme des hommes. Vous êtes vous seulement demandé comment les dirigeants des clubs professionnels interpréteront ce cas d'ingérence parentale? Je me posais la question, mais je me doutais bien que M. Bitten sait ce qu'il fait. Il a lui-même été athlète de haut niveau. Il a représenté le Canada en badminton aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992.

«Je me suis longtemps retenu, m'a-t-il répondu. Quand Will m'a téléphoné plus tôt cette semaine, il m'a dit que les problèmes n'étaient plus uniquement liés au hockey. Il m'a dit qu'il ne s'amusait plus. J'ai alors compris que je devais intervenir.»

Au fil de notre conversation, M. Bitten m'a fait une confidence. Sa conjointe Doris et lui n'étaient pas particulièrement fous de joie lorsque leur fils a été repêché par un club américain, en 2014.

L'idée de laisser partir un garçon d'à peine 16 ans à des centaines de kilomètres, dans un milieu où il ne pourrait pas étudier en français, ne leur plaisait pas particulièrement.

Ils auraient pu imiter d'autres jeunes surdoués et exiger une transaction qui lui aurait permis de jouer plus près de la maison.

La famille Bitten est conseillée par Serge Payer. Le jeune agent - qui provient aussi de l'Est ontarien - vante toujours les mérites du système junior majeur canadien, dont il est issu. Il leur a demandé de respecter le repêchage. Ce qu'ils ont fait.

Il serait important de spécifier un truc, ici. Ado, Payer a eu la chance de passer cinq saisons complètes dans l'organisation des Rangers de Kitchener.

Les Rangers, c'est un peu les Yankees de New York du hockey junior ontarien. Ces années passées dans une organisation de première classe l'ont convaincu d'une chose: les jeunes qui s'imposent le sacrifice du hockey d'élite devraient y vivre les plus belles années de leurs vies.

Il comprend et soutient donc «à 100%» Mike Bitten dans sa démarche.

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