Combattre la frustration

Mika Zibanejad est capable de parler ouvertement de... (Sean Kilpatrick, Archives PC)

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Mika Zibanejad est capable de parler ouvertement de ses problèmes de frustration et de sa crise de confiance. Ça témoigne d'une belle maturité.

Sean Kilpatrick, Archives PC

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CHRONIQUE / Mika Zibanejad a vécu des moments d'intense frustration dans les dernières semaines.

Ça ne paraît pas trop.

Enfin, si. Zibanejad m'assure que ça paraît. Pas tant dans son visage, ni dans son langage corporel. Il ne voudrait jamais attirer l'attention vers lui de cette manière.

Ça paraît dans sa façon de jouer.

«Quand la frustration prend le dessus, je m'éloigne de la façon dont je devrais me comporter sur la patinoire. Je deviens hésitant. J'arrête souvent de patiner et je m'interroge. Je me demande constamment si je suis au bon endroit sur la patinoire. Et pourtant, je sais fort bien où je dois me trouver sur la patinoire...»

La frustration est une émotion inutile, disait souvent Paul MacLean à l'époque où il était considéré comme un des meilleurs entraîneurs de la LNH.

Zibanejad n'oserait certainement pas le contredire en ce moment. À l'image de son équipe, il connaît un début d'année difficile. Il a marqué un seul but à ses 11 derniers matches.

Besoin d'un fonceur

Les Sénateurs ont pourtant besoin de lui plus que jamais. Kyle Turris traîne une blessure depuis environ trois mois. Il n'est plus le même. Il a raté une autre séance d'entraînement, mercredi. Si jamais il décidait de tirer un trait sur le reste de la saison 2015-2016, personne ne tomberait en bas de sa chaise.

Faudrait alors que son copain suédois prenne le relais et qu'il se glisse temporairement dans les patins du centre numéro un. Il faudrait qu'il devienne, même pendant une courte période, le joueur dont les Sénateurs rêvaient quand ils l'ont sélectionné au premier tour du repêchage de 2011.

Les Sénateurs de l'hiver 2016 ont besoin d'un Mika qui fonce, pas d'un Mika qui doute et qui fait du surplace.

À ce niveau non plus, le principal intéressé n'oserait sans doute pas nous contredire.

La présence d'un centre numéro un digne de ce nom ne réglerait pas tous les problèmes des Sénateurs d'un seul coup. Mais disons que ça donnerait un fier coup de pouce.

***

Mika Zibanejad est capable de parler ouvertement de ses problèmes de frustration et de sa crise de confiance. Ça témoigne d'une belle maturité. Il est aussi capable de trouver par lui-même des pistes de solution. Ça aussi, c'est bon.

Quand il rentre chez lui, au lieu de passer des heures à se morfondre, il s'évade. Son amour pour la musique électronique lui est utile, plus que jamais. Quand il a besoin de faire le vide, il s'enferme au sous-sol avec ses ordinateurs et ses tables tournantes. Tant pis pour ceux que le bruit et les vibrations dérangent.

Quand il a besoin de parler, il sait aussi vers qui se tourner.

Daniel Alfredsson, dans son rôle pas toujours très bien clair pour l'observateur à l'externe, est toujours disponible pour épauler les jeunes.

«Il m'aide beaucoup», assure Zibanejad.

«Je me dis que si je dois écouter les conseils de quelqu'un, aussi bien que ce soit lui.»

Alfredsson, tout comme Zibanejad, semblait toujours en parfait contrôle de ses émotions à l'époque où il jouait.

On sait bien que c'est impossible. Dans une saison de 82 parties, entre les séquences léthargiques, les mauvaises décisions des arbitres, les conflits avec les entraîneurs et les coups de bâton des adversaires sur les chevilles, il est impossible de toujours rester zen.

La frustration est une émotion inutile, mais inévitable.

«Alfie avait sa façon bien à lui de surmonter la frustration. Il travaillait plus fort. Il travaillait de plus en plus fort jusqu'à ce que ça passe. On devrait tous s'inspirer un peu de lui.»

***

On vous a raconté, plus tôt cet hiver, l'aversion de Mark Borowiecki pour les réseaux sociaux. Il fuit les forums publics où il s'écrit bien des vacheries à son sujet.

Le défenseur des Sénateurs a pourtant enflammé Twitter, mardi, quand des photos de lui ont commencé à circuler. Il a passé une partie de son après-midi à donner un coup de pouce aux automobilistes qui s'étaient enlisés dans les bancs de neige de Kanata.

Quand je l'ai croisé au centre Canadian Tire, mercredi, je lui ai demandé si je pourrais compter sur lui lors du prochain blizzard.

Il a ri. Mais pas trop.

Paraît que j'étais le 20e à lui faire la blague...

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