Lehner continue de se battre

Robin Lehner n'a pas été à la hauteur... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Robin Lehner n'a pas été à la hauteur lors des tirs de barrage, mais il a effectué un magnifique arrêt aux dépens de son compatriote Erik Karlsson lors de la période de prolongation.

Etienne Ranger, LeDroit

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CHRONIQUE / J'ai longtemps cru qu'échanger Robin Lehner serait une grave erreur. Le genre de gaffe qu'un directeur général passerait le reste de sa carrière à regretter.

Je voulais bien croire mes collègues, quand ils me disaient que ses habiletés techniques étaient inférieures à la moyenne. Je répliquais toujours avec le même argument. Je n'avais jamais, dans ma carrière, croisé un compétiteur aussi féroce.

Dans ma conception très naïve du sport, j'ai toujours été convaincu qu'un compétiteur infatigable peut venir à bout d'athlètes qui lui sont supérieurs.

J'ai fini par adoucir ma position.

L'été dernier, quand Bryan Murray a cédé Lehner aux Sabres, je pouvais comprendre sa décision.

Le Suédois, voyez-vous, a les défauts de ses qualités. S'il est convaincu qu'il deviendra un des meilleurs gardiens de sa génération, il est bien décidé d'y parvenir en faisant les choses à sa manière.

Il est fichtrement têtu. Après six années à se battre avec lui, je pouvais comprendre la direction - jusqu'à un certain point - de vouloir passer à autre chose.

Craig Anderson demeurait le fiable vétéran sur qui l'équipe pouvait compter et Andrew Hammond était pratiquement intouchable.

Lehner était clairement l'homme en trop.

J'avais presque oublié l'anniversaire qu'on célébrait, mardi.

Un an plus tôt, le 16 février 2015, Lehner a disputé son dernier match dans l'uniforme des Sénateurs. Il a quitté la patinoire groggy, vers la fin de la deuxième période, après une collision avec son coéquipier Clarke MacArthur.

On ne l'a plus revu.

Un an plus tard, que reste-t-il aux Sénateurs?

Un Anderson qui connaît une deuxième moitié de saison en dents de scie. Sans doute l'a-t-on trop utilisé dans la première moitié.

Dave Cameron n'avait peut-être pas le choix de s'appuyer autant sur son homme d'expérience.

Hammond vit un brutal retour à la réalité. La guigne de la deuxième saison a frappé fort.

Lehner?

Il fait comme toujours. Il continue de se battre.

Il n'était pas trop content de sa performance, mardi. Il venait pourtant de livrer une autre performance plus que correcte. Une soirée de 25 arrêts, sur la route, c'est assez pour donner à son club une chance de l'emporter.

«J'ai été terrible dans les tirs de barrage», a-t-il craché avant de rentrer à Buffalo.

Il n'avait pas l'air beaucoup plus impressionné quand nous lui avons parlé de l'anniversaire qu'il a célébré.

«Ça fait juste un an? J'ai l'impression que ça fait beaucoup plus longtemps que ça», a-t-il soufflé.

Il a été contraint à passer quatre longs mois au repos forcé après avoir subi sa commotion cérébrale de février 2015. Quatre mois, pour un athlète professionnel qui passe la moitié de sa vie sur la glace, c'est une éternité.

Le matin du premier match inaugural de la saison 2015-2016, où il devait ironiquement affronter les Sénateurs au First Niagara Center de Buffalo, on le sentait excessivement fébrile. Il sentait qu'un vent de renouveau soufflait chez les Sabres. Le point d'interrogation de l'équipe, c'est moi, affirmait-il. J'ai hâte de me prouver.

Le pauvre n'a même pas réussi à atteindre le milieu de la partie. Une autre blessure, à une cheville cette fois, l'a renvoyé passer trois mois à l'infirmerie.

On dirait que le têtu batailleur a la tête à la bonne place depuis son retour au jeu.

Il ne gagne pas souvent, mais ça n'a pas grand-chose à voir avec lui. Il demeure le (relativement) jeune gardien d'un club en reconstruction.

Voler Karlsson

Il y a quand même des fois où son attitude frondeuse lui permet de se signaler.

Il disputait par exemple hier son deuxième match à Kanata dans l'uniforme des Sabres.

Dans ces deux matches, son grand copain Erik Karlsson a décoché un grand total de 17 lancers vers son filet.

Le dernier fut sans doute le plus beau. Durant la période de prolongation à trois contre trois, il a capté une passe de Ryan Dzingel devant l'enclave. Il avait le filet ouvert. Il s'est fait voler.

Karlsson n'a pas encore réussi à marquer un but aux dépens de Lehner.

Croyez-moi, ce n'est pas un accident.

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